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Une startup israélienne veut aider les PME à gérer leur logistique de livraison

Basée à Herzliya, PrettyDamnQuick (PDQ) propose une plateforme que les propriétaires d'entreprises et les entrepreneurs peuvent utiliser pour devenir plus concurrentiels

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Un cycliste travaillant pour une société de livraison roule sur une route vide dans le centre-ville de Rotterdam, le 19 décembre 2021, au premier jour de confinement aux Pays-Bas pendant la période de Noël pour tenter d'arrêter une vague de la variante Omicron du coronavirus. (Crédit : Marco de Swart/ANP/AFP
Un cycliste travaillant pour une société de livraison roule sur une route vide dans le centre-ville de Rotterdam, le 19 décembre 2021, au premier jour de confinement aux Pays-Bas pendant la période de Noël pour tenter d'arrêter une vague de la variante Omicron du coronavirus. (Crédit : Marco de Swart/ANP/AFP

Au plus fort du premier confinement imposé dans le cadre de la pandémie de COVID-19 en Israël il y a deux ans, l’entrepreneur israélo-américain Avi Moskowitz et son équipe de BeerBazaar, une brasserie artisanale possédant cinq sites en Israël, avaient dû trouver des solutions logistiques pour assurer leurs livraisons de bière artisanale à leurs nouveaux clients dans tout le pays.

Ils avaient rejoint les dizaines de petites entreprises dans le monde entier qui avaient été soudainement dans l’obligation de s’occuper de la distribution, de l’expédition et de la livraison du dernier kilomètre de leurs produits de manière à pouvoir maintenir leurs activités – le fruit de toute une vie de travail, dans de nombreux cas – dans le contexte de l’une des pires crises sanitaires mondiales à avoir été connue depuis un siècle.

En mars 2020 et dans les semaines qui avaient suivi, BeerBazaar avait réussi à gérer les premières dizaines de commandes de manière satisfaisante, mais l’entreprise s’était rapidement retrouvée débordée lorsque ces dernières avaient commencé à affluer. La firme recevait ainsi des dizaines de commandes par jour.

« Transférer un produit d’un point A à un point B est, en fait, incroyablement complexe », a expliqué Moskowitz au Times of Israel dans une interview par visioconférence depuis l’arrière d’un taxi à New York, où il est en voyage d’affaires pour y rencontrer des clients et des partenaires pour sa nouvelle entreprise, PrettyDamnQuick (PDQ). PDQ est une plateforme de gestion couvrant toutes les étapes de la logistique de livraison, de la commande jusqu’à la remise du produit au client, pour les petites entreprises. Elle a été fondée en 2020 – en résultat direct de la nécessité de gérer à la volée la logistique des livraisons chez BeerBazaar.

Moskowitz et PDQ sont bien conscients qu’il existe des dizaines d’outils et de plateformes qui proposent des solutions de logistique et d’expédition, mais beaucoup s’adressent au secteur des grandes entreprises – comme Bringg, la plateforme israélienne de logistique de livraison pour les grandes compagnies. Mais ce type de plateforme peut être trop complexe pour les petites entreprises, sans parler des coûts élevés de ce genre de prestation.

« Les PME [petites et moyennes entreprises] n’ont pas les mêmes possibilités. Et c’est un point sensible auquel nous tentons de répondre. Le marché compte beaucoup de PME et nous nous adressons à ces dernières parce que nous connaissons leurs problèmes : nous étions à leur place [avec BeerBazaar]. Ce sont des entrepreneurs qui se lèvent le matin et qui veulent mener une activité professionnelle pour faire vivre leur famille. Nous voulons les aider », expliqu Moskowitz.

Évoquant les opérations qui se cachent derrière le géant du commerce électronique Amazon, « on a l’impression que c’est magique, parce que des milliards de dollars ont été investis pour offrir cette fluidité du processus. La livraison est au centre de l’expérience du consommateur », et l’un des éléments les plus importants du processus commercial, indique-t-il.

Des colis Amazon se déplacent le long d’un convoyeur dans un entrepôt Amazon à Goodyear, en Arizona, le 17 décembre 2019. Illustration. (Crédit : Ross D. Franklin/AP)

Amazon a également fait de la livraison à 24 heures ou le jour même des options par défaut, auxquelles les consommateurs s’attendent et avec lesquelles les acteurs de l’écosystème – des commerçants aux fabricants, en passant par les détaillants et autres – doivent dorénavant rivaliser.

PDQ vise à offrir cette expérience d’achat positive digne d’Amazon à ses entreprises-clientes et à leurs clients en bout de ligne, précise Moskowitz.

Le logiciel de PDQ se connecte aux plateformes de commerce électronique et comprend différentes fonctionnalités – délais d’arrivée des commandes en fonction du lieu, de la taille du panier, de la fidélité du client et autres facteurs. Il propose diverses méthodes de livraison, notamment différents services et transporteurs, des options de logistique tierce qui externalisent la distribution, l’entreposage et l’exécution des commandes, l’enlèvement en magasin et la livraison du dernier kilomètre.

L’entreprise lance actuellement son premier partenariat avec Shopify, la multinationale canadienne de commerce électronique, et commencera à desservir les quelque deux millions de magasins en ligne via Shopify App Store, a indiqué PDQ.

« Notre slogan, c’est ‘une logistique super simple’. C’est un système à destination des entrepreneurs et des propriétaires d’entreprises, pas des gestionnaires d’opérations. Tout le monde peut l’utiliser et être opérationnel en un rien de temps », affirme Moskowitz.

Les petites entreprises n’ont aucun moyen de contrôle sur le volume des commandes et elles ne devraient pas avoir l’impression de fournir de mauvais services, ajoute-t-il.

Avi Moskowitz, PDG et cofondateur de la plateforme logistique de livraison PrettyDamnQuick (PDQ) et de BeerBazaar. (Crédit : Autorisation)

Avi Moskowitz note que la pandémie a entraîné une explosion de l’activité de commerce électronique et que « presque tous les magasins sont devenus des magasins de commerce électronique » – une réalité nouvelle qui va probablement s’inscrire à long-terme.

Selon des chiffres récents qui ont été publiés par le ministère américain du Commerce, les ventes faites seulement par le biais de l’e-commerce aux États-Unis ont atteint 870 milliards de dollars en 2021, ce qui représente une augmentation de 14,2 % par rapport à 2020 et de 50,5 % par rapport à 2019.

PDQ considère les États-Unis comme un marché-cible et la firme prévoit d’installer son bureau international à New York, la ville natale de Moskowitz. La société est actuellement basée à Herzliya et compte une trentaine d’employés, une équipe qu’elle espère doubler dans les mois à venir.

Moskowitz dit que la startup travaille d’ores et déjà avec des dizaines de clients aux États-Unis et en Israël, où elle mène des opérations pilotes.

PDQ a récemment levé une première série de financement de 6 millions de dollars, qui a été dirigée par TLV Partners avec la participation de Ground Up Ventures, de Verissimo Ventures « et la participation de certaines des plus grandes marques d’expédition, de logistique et de commerce électronique en Israël ».

« PrettyDamnQuick représente une nouvelle génération de fournisseurs de technologies pour l’e-commerce, des technologies axées sur l’autonomisation des petites, micro et nano-entreprises de manière à ce qu’elles puissent rivaliser avec leurs concurrents beaucoup plus importants », avait déclaré Yonatan Mandelbaum, directeur chez TLV Partners, dans un communiqué en février.

« L’équipe de PrettyDamnQuick a fait l’expérience directe de ce défi et elle est parfaitement apte à le relever dans le but de défendre le pouvoir des petites entreprises », a-t-il ajouté.

L’équipe de PrettyDamnQuick à Herzliya, en Israël. (Crédit : Laura Ben-David)

Moskowitz explique que PDQ aidera les petites entreprises – cafés locaux, petites boulangeries ou magasins de vêtements et d’art, une liste assurément non exhaustive – à se positionner pour être plus compétitives dans un monde transformé par le commerce électronique grâce à une plateforme de gestion allant de la caisse à la livraison « qui transforme la livraison et la logistique en un avantage concurrentiel et, en fin de compte, en moteur de croissance ».

« Nous avons beaucoup investi pour rendre les choses aussi simples que possible et pour que la plateforme soit facile à utiliser », souligne-t-il, reconnaissant que le secteur verra « probablement d’autres solutions dans les années à venir ».

« Il n’y a pas de gagnant qui emporte tout, nous aurons vraisemblablement plusieurs solutions sur le marché », dit Moskowitz.

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