Une usine de « l’âge de pierre » juif de l’époque de Jésus retrouvée en Galilée
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Une usine de « l’âge de pierre » juif de l’époque de Jésus retrouvée en Galilée

Près de Cana, où Jésus aurait changé l’eau en vin, un atelier de vases en pierre datant de 2 000 ans a été découvert

Ilan Ben Zion est journaliste au Times of Israel. Il est titulaire d'une maîtrise en diplomatie de l'Université de Tel Aviv et d'une licence de l'Université de Toronto en études du Proche-Orient et en études juives

Des archéologues travaillent sur un atelier de fabrication de vases en calcaire de l'époque du Deuxième Temple. Les fouilles sont menées par les universités d'Ariel et de Malte, en Galilée, près de Kfar Kanna, en août 2016. (Crédit : Yonatan Adler)
Des archéologues travaillent sur un atelier de fabrication de vases en calcaire de l'époque du Deuxième Temple. Les fouilles sont menées par les universités d'Ariel et de Malte, en Galilée, près de Kfar Kanna, en août 2016. (Crédit : Yonatan Adler)

Dans une grotte calcaire à mi-chemin entre Nazareth et la ville biblique de Cana, les archéologues ont récemment découvert un atelier du 1er siècle de l’ère commune qui produisait des vases en pierre similaires à ceux qui contenaient l’eau que Jésus a transformée en vin.

Plusieurs bols et tasses en pierre à différents stades de production ont été retrouvés dans les entrailles de la grotte, suggérant qu’elle a pu abriter une manufacture active de produits en pierre. Le site, connu aujourd’hui sous le nom d’Einot Amitai, est le premier site de fabrication de grès de ce type à être découvert en Galilée qui date de l’époque du Deuxième Temple, ont annoncé les chercheurs.

Bien que des preuves de production de vases en calcaire aient été retrouvées sur d’autres sites de Galilée, il n’y a qu’à Einot Amitai que les archéologues ont retrouvé une carrière et l’atelier où ils étaient fabriqués.

La grotte a été découverte en 2001, quand des habitants de la ville voisine démolissaient une parcelle de terrain et l’ont identifiée. Une étude partielle du site avait indiqué qu’il avait pu être impliqué dans la production de biens en calcaire, mais les archéologues n’ont lancé une fouille plus complète que pendant ce mois d’août.

Un atelier de fabrication de vases en calcaire de l'époque du Deuxième Temple fouillé par les universités d'Ariel et de Malte, en Galilée, près de Kfar Kanna, en août 2016. (Crédit : Yonatan Adler)
Un atelier de fabrication de vases en calcaire de l’époque du Deuxième Temple fouillé par les universités d’Ariel et de Malte, en Galilée, près de Kfar Kanna, en août 2016. (Crédit : Yonatan Adler)

Les vases de calcaire ont été populaires en Judée au milieu du 2e siècle précédant l’ère commune et ont été utilisés pendant la période romaine. Les archéologues des universités d’Ariel et de Malte, qui ont mené la fouille, ont cherché à déterminer si la production de vases en pierre avait continué en Galilée après la seconde révolte juive contre Rome en 135.

Des fragments de bols, d’assiettes et de coupes en pierre ont été trouvés dans des implantations juives dans toute la Judée, mais très peu ont été identifiés dans des contextes non juifs de l’époque, suggérant un possible motif religieux à leur utilisation, a déclaré Yonatan Adler, de l’université d’Ariel, expert de l’ancienne loi rituelle juive qui a dirigé les fouilles.

Pendant les premiers siècles précédant l’ère commune et de celle-ci, différents courants du judaïsme ont été obsédés par la nation de pureté rituelle. Contrairement à la céramique, la pierre ne pouvait pas retenir les impuretés rituelles, en faisant un matériau idéal pour les ustensiles de cuisine.

« Les vases de pierre ont joué un rôle intégral dans la vie religieuse quotidienne des juifs de cette période », a affirmé Adler ; Peut-être parce que la pierre ne faisait pas partie des matériaux mentionnés dans les codes de pureté du Lévitique, il a été estimé que c’était une exception. Dans tous les cas, a-t-il déclaré dans un communiqué publié par l’université, « c’était une sorte d’ ‘âge de pierre’ juif ; »

D’autres universitaires affirment que la popularité des vases en pierre pendant cette période était liée à « un désir de renforcer sa propre identité », en choisissant de simples produits locaux plutôt que des produits de luxe importés, avait écrit en 2015 Zeev Weiss, de l’université Hébraïque.

Un atelier de fabrication de vases en calcaire de l'époque du Deuxième Temple fouillé par les universités d'Ariel et de Malte, en Galilée, près de Kfar Kanna, en août 2016. (Crédit : Yonatan Adler)
Un atelier de fabrication de vases en calcaire de l’époque du Deuxième Temple fouillé par les universités d’Ariel et de Malte, en Galilée, près de Kfar Kanna, en août 2016. (Crédit : Yonatan Adler)

Des bocaux en pierre sont mentionnés dans le Nouveau Testament, quand l’Evangile selon Jean [II, 6] raconte qu’au mariage à Cana, « il y avait là, pour les purifications des Juifs, six urnes de pierre contenant chacune deux ou trois mesures. »

Nous savons tous ce qu’a fait Jésus avec l’eau. Mais ce que suggère Adler est qu’il est « certainement possible, peut-être même probable, que les larges récipients de pierre du type mentionné dans l’histoire du mariage à Cana aient pu être produits localement en Galilée dans une grotte similaire à celle que nous fouillons maintenant. » La ville moderne de Kfar Kanna, située à un peu plus d’un kilomètre au nord de la gratte, est après tout associée à la Cana biblique.

Pour l’instant, les fouilles de la grotte n’ont révélé que des tasses et des petits bols en pierre, rien de la taille mentionnée dans l’Evangile selon Jean.

« Des fragments de grands bocaux n’ont pas été mis à jour », a déclaré prudemment dans un communiqué le Dr Dennis Mizzi, de l’université de Malte.

Les archéologues prévoient des fouilles supplémentaires l’été prochain.

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