Une ville espagnole vote le boycott d’Israël, et perd ses vols vers Tel Aviv
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Une ville espagnole vote le boycott d’Israël, et perd ses vols vers Tel Aviv

El Al aurait mis fin aux négociations pour un vol direct vers Santiago après le vote du conseil municipal pour une motion BDS

Un Boeing 747 d'El Al (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Un Boeing 747 d'El Al (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Une ville espagnole qui tentait d’augmenter le tourisme local a perdu un vol direct pour Israël après son soutien symbolique au boycott de l’Etat juif, a annoncé un journal espagnol.

La branche Espagne d’El Al négociait depuis des mois avec des responsables du tourisme de la communauté autonome de Galicie, au nord de l’Espagne, pour ouvrir un vol direct entre sa capitale, Saint-Jacques de Compostelle, et Tel Aviv. Les discussions ont cependant échoué après le vote du conseil municipal en novembre d’une motion non contraignante soutenant le boycott d’Israël, a annoncé mercredi La Voz de Galicia.

Le tourisme est une source de revenus majeure en Galicie, où 18,2 % de la main d’œuvre est au chômage, tout comme 43 % des travailleurs de moins de 25 ans.

Le gouvernement local a investi des millions d’euros pour créer de nouveaux emplois dans le secteur touristique, et attirer des touristes du monde entier dans les attractions de la région, comme le pèlerinage catholique de Saint-Jacques de Compostelle. Elle attire plus de 250 000 pèlerins et touristes tous les ans à Santiago.

Alejandro Sánchez-Brunete, membre du conseil municipal de Saint-Jacques pour le Parti populaire de centre droit, a accusé le parti d’extrême-gauche qui a gagné les élections de la ville l’année dernière, Compostella Abierta, de saboter cet effort en détruisant les négociations pour ouvrir un vol direct vers Israël.

« Ces discussions étaient axées » et à une étape avancée, a déclaré Sánchez-Brunete, et que la motion « a entraîné la perte d’une connexion aérienne. »

Une enquête indépendante sur l’affaire par La Voz de Galicia (en espagnol), qui a interrogé des responsables d’El Al, « a montré des indications claires que c’est le cas », a annoncé le journal.

Walter Wasercier, directeur des opérations Espagne d’El Al, a déclaré au journal qu’il avait personnellement promu l’ouverture du vol pour cet été, ajoutant que le vol direct d’El Al vers Lisbonne présentait une opportunité pour ajouter Saint-Jacques à sa liste de destinations espagnoles. Quelque 350 000 touristes israéliens se rendent chaque année en Espagne.

Marta Lois, adjointe au maire chargée du tourisme, a démenti que ces discussions sur l’ouverture d’un vol vers Israël aient eu lieu, et a déclaré que dans tous les cas, elles n’auraient pas été sabotées par un appel au boycott d’Israël.

Cependant, l’Association galicienne d’amitié avec Israël a déclaré à La Voz de Galicia qu’en avril, El Al avait ouvert un vol vers Valence plutôt que vers Saint-Jacques, une conséquence directe de la motion de boycott.

La ville de Saint-Jacques de Compostelle, capitale de la communauté autonome de Galicie, dans le nord ouest de l'Espagne. (Crédit : CC BY-SA 4.0 Diego Delso/Wikipedia)
La ville de Saint-Jacques de Compostelle, capitale de la communauté autonome de Galicie, dans le nord ouest de l’Espagne. (Crédit : CC BY-SA 4.0 Diego Delso/Wikipedia)

ACOM, une association madrilène pro-israélienne qui combat la campagne de boycott d’Israël en Europe, a accusé le parti d’extrême-gauche qui dirige Saint-Jacques de gérer la ville « avec incompétence ».

Cette année, un procès d’ACOM avait entraîné un jugement sans précédent de la Haute cour estimant que la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) contre Israël était discriminatoire. Plusieurs tribunaux ont publié des injonctions contre les municipalités soutenant le BDS, qui a selon ACOM, une connotation antisémite en Espagne.

Les partisans du BDS dément cette accusation, affirmant qu’il se concentre sur Israël pour ses violations du droit international.

Le soutien de Saint-Jacques au boycott d’Israël reflète « un mépris non seulement envers les juifs, mais envers ses propres habitants en détruisant un projet qui aurait rapporté à Santiago des revenus, des touristes, et des emplois », a déclaré ACOM dans un communiqué.

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