Unité des signataires de l’accord nucléaire iranien face à la pression US
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Unité des signataires de l’accord nucléaire iranien face à la pression US

L'Iran, la Chine et les Européens "sont unis dans leur détermination à préserver l'accord iranien malgré les difficultés actuelles", a écrit la diplomate représentant l'UE

Les négociations de l'Iran avec les P5+1 à Vienne, le 19 mars 2014. (Crédit : AFP/Dieter Nagl)
Les négociations de l'Iran avec les P5+1 à Vienne, le 19 mars 2014. (Crédit : AFP/Dieter Nagl)

Les signataires de l’accord sur le nucléaire iranien ont réitéré mardi à Vienne lors d’une réunion leur volonté de le sauver, la Chine dénonçant les efforts américains pour rétablir les sanctions et prolonger l’embargo sur les armes visant Téhéran.

L’Iran, la Chine et les Européens « sont unis dans leur détermination à préserver l’accord iranien (…) malgré les difficultés actuelles », a écrit sur Twitter la diplomate représentant l’Union européenne Helga Schmid, à la sortie de cette rencontre, qu’elle présidait et qui s’est achevée en milieu d’après-midi.

L’accord de 2015 offre à l’Iran la levée d’une partie des sanctions internationales en échange de garanties prouvant la nature exclusivement civile de son programme nucléaire.

En 2018, les Etats-Unis s’en sont retirés et ont rétabli des sanctions unilatérales. En riposte, Téhéran a accéléré sa production d’uranium en violation de ses engagements.

Le 21 août, Washington, qui souhaite également prolonger l’embargo sur les armes expirant en octobre, a tenté de rétablir d’autres sanctions, celles votées à l’ONU, mais s’est immédiatement heurté au refus de ses alliés européens.

Le ton est alors monté comme rarement entre les deux rives de l’Atlantique, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo allant jusqu’à accuser la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne d’avoir « choisi de s’aligner sur les ayatollahs ».

« Nous restons attachés » à l’accord, a tranché le diplomate chinois Fu Cong devant des journalistes mardi à Vienne, en quittant l’hôtel où se tenait la réunion.

« Nous faisons tout ce qui est possible, main dans la main avec toute la communauté internationale, pour faire échouer la tentative américaine de le tuer. Les Etats-Unis se moquent du droit international et cela ne devrait pas être permis », a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo quitte une réunion avec des membres du Conseil de sécurité de l’ONU au sujet du non-respect présumé de l’accord nucléaire par l’Iran, à New York, le 20 août 2020. (Crédit : MIKE SEGAR / POOL / AFP)

Cohésion

Dans ce contexte de pression américaine maximale, les Iraniens, les Européens, les Russes et les Chinois ont affiché leur cohésion retrouvée mardi.

Cette dernière avait souffert d’un manque de coopération de Téhéran avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organisme onusien chargé de contrôler les activités nucléaires de l’Iran.

Depuis des mois, l’AIEA réclamait de pouvoir pénétrer au sein de deux sites iraniens pour y mener des contrôles et l’Iran refusait, ce qui rendait le soutien des Européens de moins en moins tenable.

Mercredi, l’Iran a fini par donner son feu vert, se plaçant « globalement en phase avec le reste du monde alors que les Etats-Unis paraissent isolés », estime Mark Fitzpatrick, de l’International Institute for Strategic Studies.

Mais l’Iran a affirmé début janvier qu’il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite sur le nombre de ses centrifugeuses et « les activités nucléaires de l’Iran restent une source de préoccupation majeure », estime Mark Fitzpatrick.

La centrale nucléaire de Bushehr, à l’extérieur de la ville de Bushehr, dans le sud de l’Iran. (Crédit : AP Photo/Mehr News Agency, Majid Asgaripour)

Mardi, les grandes puissances ont rappelé la République islamique à ses engagements. « L’Iran doit vraiment revenir à une conformité totale », a estimé le diplomate chinois Fu Cong.

Suite à l’autorisation accordée par Téhéran mercredi, les inspecteurs de l’AIEA devraient rapidement pouvoir procéder à des prélèvements dans les deux sites où ils souhaitent aller.

Selon un diplomate interrogé par l’AFP, il faudra « trois mois pour avoir les résultats d’échantillons ». « Cela risque à ce moment-là d’être problématique avec les Iraniens », a-t-il expliqué.

Pour la Chine, il « faut aussi que les Iraniens puissent retirer des avantages économiques » s’ils font des concessions. « Les Etats-Unis ne reculent devant rien pour tenter de saboter les efforts d’autres pays qui veulent faciliter les échanges commerciaux » avec Téhéran, a dit le diplomate représentant Pékin mardi.

À la mi-février, Téhéran s’était dit disposé à annuler tout ou partie des mesures prises pour se désengager de l’accord, seulement si l’Europe lui assurait en échange des avantages économiques « significatifs ».

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