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Université de Tel Aviv: 1/3 des Israéliens de poids normal seraient obèses – étude

La composition globale de la graisse corporelle, plutôt que l'indice de masse corporelle, serait plus précise pour déterminer les risques de santé des patients

Un enfant se tient sur une balance. Illustration (Crédit : Dmitriy Protsenko/iStock by Getty Images)
Un enfant se tient sur une balance. Illustration (Crédit : Dmitriy Protsenko/iStock by Getty Images)

Selon une nouvelle étude de l’École de santé publique de la Faculté de médecine de l’Université de Tel Aviv (TAU), les apparences peuvent être trompeuses. En effet, d’après les résultats de l’étude, une personne dont le poids semble normal en apparence pourrait en réalité être obèse à l’intérieur.

Les recherches menées par le professeur Yftach Gepner indiquent qu’un tiers des Israéliens dont le poids est normal selon la méthode actuelle de mesure de l’indice de masse corporelle (IMC) seraient en réalité obèses si l’on tenait compte de la composition globale de la graisse corporelle. Les résultats de ses travaux ont été publiés dans la revue Frontiers in Nutrition, qui a fait l’objet d’un examen par les pairs.

Selon les normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 64 % des Israéliens sont en surpoids ou obèses. L’OMS détermine la surcharge pondérale sur la base du critère de l’IMC, qui est facile à mesurer et consiste à diviser le poids d’une personne en kilogrammes par le carré de sa taille en mètres.

« Nous sommes confrontés à une épidémie d’obésité… Mais il se peut que nous fassions une erreur dans le classement de la prévalence de l’obésité… Nous devrions utiliser des évaluations plus précises, qui nous donnent des informations directes sur la quantité de tissu adipeux d’une personne », a déclaré Gepner.

Selon lui, c’est la graisse contenue dans notre corps – sa quantité, son emplacement et son rôle – qui a une influence déterminante sur notre santé.

Les valeurs maximales normales de la teneur en graisse corporelle sont fixées à 25 % pour les hommes et à 35 % pour les femmes. Un taux de graisse plus élevé est défini comme une obésité et peut entraîner une série de maladies cardio-métaboliques potentiellement mortelles : maladies cardiaques, diabète, stéatose hépatique, dysfonctionnement rénal, etc.

Gepner, Yair Lahav, étudiant en doctorat, et son collègue Aviv Kfir ont analysé les données anthropométriques accumulées par 3 001 Israéliens, hommes et femmes (non enceintes), âgés de 20 à 95 ans, recrutés pour l’étude sur plusieurs années.

Les données comprenaient les scores d’IMC, les scanners DXA (qui utilisent les rayons X pour mesurer la composition corporelle, y compris la teneur en graisse), les mesures de la circonférence abdominale et les marqueurs sanguins cardiométaboliques. Ces derniers comprennent des tests sanguins pour le glucose, les lipides, les enzymes hépatiques et la numération sanguine.

Alors qu’environ un tiers des participants, soit 1 000 personnes, avaient un poids normal, 38,5 % des femmes et 26,5 % des hommes ont été identifiés comme « obèses de poids normal », ce qui signifie qu’ils avaient un excès de graisse malgré leur poids normal. Ces personnes de poids normal présentaient des taux élevés de sucre, de graisse et de cholestérol, ce qui les rendait vulnérables à certaines pathologies.

Parallèlement, 30 % des hommes et 10 % des femmes identifiés comme présentant une surcharge pondérale avaient un pourcentage de graisse corporelle dans les limites de la normale.

Prof. Yftach Gepner (Crédit : Autorisation/Université de Tel Aviv)

Préoccupé par le fait que de nombreuses personnes de poids normal « passent sous le radar » et ne bénéficient pas de conseils médicaux pour modifier leur mode de vie et ainsi réduire leur composition en graisse corporelle, Yftach Gepner préconise que les médecins changent d’approche.

« En passant de l’évaluation de l’IMC à l’évaluation de la composition corporelle, nous serons en mesure de détecter des anomalies dans le diagnostic avant même de voir ces changements dans le sang », a-t-il déclaré.

Un tel changement ne nécessiterait pas un investissement énorme. Il recommande aux médecins d’équiper leurs cabinets d’adipomètres, un outil peu coûteux et assez précis pour mesurer la composition de la graisse corporelle.

« Il existe également des appareils d’analyse de l’impédance bioélectrique (BIA) qui mesurent la résistance des ondes électriques dans le corps. La graisse offre une plus grande résistance à ces ondes que l’eau, par exemple. De nombreux centres de remise en forme en sont déjà équipés », selon Gepner.

« Si une clinique choisit de passer en 2023 à un niveau supérieur de précision dans l’évaluation de ses patients, elle devrait disposer d’appareils faciles, rapides et relativement peu coûteux pour mesurer la composition corporelle », a-t-il ajouté.

Le prix de ces appareils va de 250 à 5 000 dollars, dit Gepner, les appareils les plus chers étant les plus précis.

Pour le professeur Robert Klempner, directeur du Centre israélien de recherche cardiovasculaire et de l’Institut de réadaptation cardiaque de l’hôpital de Sheba, la valeur de l’étude de la TAU est toutefois limitée par le fait qu’elle n’est pas liée à des résultats cliniques.

Une vue aérienne de l’Université de Tel Aviv. (Crédit : Université de Tel Aviv)

« En tant que cardiologue, je me demande si nous avons suffisamment de preuves que cette étude est clairement et significativement associée à des paramètres ou événements cardiaques cliniques », s’interroge Klempfner, qui a évalué l’étude à la demande du Times of Israel.

« Est-ce que ce facteur augmente réellement et indépendamment des autres paramètres les risques cardiaques tels que l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral, le cathétérisme d’urgence, etc. Parce que s’il s’agit juste d’un autre facteur de risque… s’il n’est pas indépendant et n’est pas clairement associé aux résultats, c’est un peu moins intéressant », a-t-il déclaré.

Alors que Klempfner a exprimé des doutes quant aux implications de l’étude pour la santé cardiaque, Gepner a lui mis l’accent sur le foie. « Perdre 3 % de son poids corporel en exerçant une activité physique et en suivant un régime alimentaire sain peut contribuer à une perte de 30 % de la graisse du foie, qui est l’organe clé contrôlant le métabolisme », a-t-il déclaré.

Les résultats de l’étude de Gepner ne signifient pas que nous devrions nous débarrasser de nos pèse-personnes de sitôt, mais ils indiquent que les chiffres qui y figurent ne nous disent peut-être pas tout ce que nous avons besoin de savoir.

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