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Uruguay : Un entrepreneur juif veut acheter des objets nazis pour les faire exploser

Les objets pesant près de 360 kilos ont été récupérés en 2006 sur le cuirassé Admiral Graf Spee qui a coulé dans un port uruguayen en 1939

Des ouvriers observent la récupération d'un aigle du cuirassé allemand de la Seconde Guerre mondiale Graf Spee à Montevideo, en Uruguay, le 10 février 2006 (Crédit : AP Photo/Marcelo Hernandez)
Des ouvriers observent la récupération d'un aigle du cuirassé allemand de la Seconde Guerre mondiale Graf Spee à Montevideo, en Uruguay, le 10 février 2006 (Crédit : AP Photo/Marcelo Hernandez)

PUNTA DEL ESTE, Uruguay (JTA) – Un homme d’affaires juif a proposé d’acheter un aigle et une croix gammée, pesant à eux deux près de 360 kilos et provenant d’un ancien navire nazi qui se trouve dans un entrepôt en Uruguay, et de le faire exploser en « mille morceaux ».

Une expédition privée a récupéré la croix gammée et l’aigle nazis de 2 mètres de haut en 2006. Ils avaient été apposés à l’avant du navire de guerre nazi Admiral Graf Spee, qui a été sabordé par son capitaine lorsqu’il a été confronté à des navires britanniques dans le port de Montevideo en décembre 1939.

Après sa récupération, l’aigle a été brièvement montré au public à Montevideo, ce qui avait suscité une controverse. L’Allemagne a critiqué l’exposition de « l’attirail nazi » et l’aigle a été déplacé dans un entrepôt de la marine. Il a failli être mis aux enchères, mais le chef du Comité juif uruguayen et d’autres personnes s’y sont opposés, arguant qu’il pourrait tomber dans de mauvaises mains. Il aurait été proposé au mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, mais en vain.

En 2019, un tribunal uruguayen a décidé que le gouvernement devait mettre l’écusson aux enchères et que le produit de la vente devait revenir aux investisseurs qui ont financé l’équipe qui l’a récupéré. Des informations de presse affirmaient que les acheteurs avaient fait des offres s’élevant à des dizaines de millions de dollars.

Un résident uruguayen observe l’aigle exposé du cuirassé allemand Graf Spee à Montevideo, Uruguay, le 14 février 2006 (AP Photo/Marcelo Hernandez)

L’homme d’affaires juif argentin Daniel Sielecki, 64 ans, qui vit actuellement en Uruguay, a déclaré à un site d’information local qu’il souhaitait acheter l’aigle – et le détruire par la suite – pour qu’il ne tombe pas entre les mains des néo-nazis.

« Une fois que je l’aurai en ma possession, je le ferai immédiatement exploser en mille morceaux », a-t-il dit. « Chaque pièce résultant de l’explosion sera pulvérisée… Il ne restera rien ».

Sielecki est l’un des responsables du club nautique de Punta del Este, qui est une destination estivale populaire pour les Juifs d’Amérique du Sud.

Les autorités allemandes ont depuis changé d’avis, déclarant qu’elles autoriseraient l’exposition de l’aigle dans le cadre d’un musée éducatif. Le Centre Simon Wiesenthal a publié une déclaration en juillet, exhortant l’Uruguay à exposer l’écusson dans un musée au lieu de le vendre.

« Tant les autorités allemandes que le Centre Wiesenthal ont adopté la position selon laquelle de tels objets ne peuvent pas [sic] servir un marché d’extrême droite en pleine expansion et les suprémacistes blancs », a écrit Shimon Samuels, directeur des relations internationales du Centre.

« Nous demandons instamment aux autorités uruguayennes de veiller à ce que l’exposition de ces symboles serve d’avertissement aux générations futures de ce qui ne devrait jamais se répéter. »

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