US : Un groupe démocrate défend la démolition d’un village palestinien
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US : Un groupe démocrate défend la démolition d’un village palestinien

Une note du groupe Democratic Majority for Israel affirme que 40 députés de gauche qui avaient signé une lettre qualifiant la démolition "d''illégale" ont été "désinformés"

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un Bédouin palestinien avec son âne devant sa tente détruite après la démolition d'un campement par les soldats israéliens dans un secteur situé à l'est du village de Tubas, en Cisjordanie, le 3 novembre 2020. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
Un Bédouin palestinien avec son âne devant sa tente détruite après la démolition d'un campement par les soldats israéliens dans un secteur situé à l'est du village de Tubas, en Cisjordanie, le 3 novembre 2020. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

NEW YORK — Un groupe démocrate pro-israélien a envoyé une note, ce mois-ci, critiquant un groupe de 40 députés de gauche qui avaient signé un courrier qui qualifiait la démolition par l’Etat juif d’un village illégal palestinien en Cisjordanie de « violation du droit international », ajoutant qu’elle était l’exemple d’une « annexion galopante ».

« Il semble que les membres qui ont signé cette lettre ont subi une importante désinformation au sujet des circonstances qui ont entouré cet événement malheureux », a écrit Mark Mellman, président du groupe DMFI (Democratic Majority for Israel), dans la note à laquelle a eu accès le journal +972 Magazine.

Le courrier a souligné la dernière division en date survenue parmi les groupes de gauche pro-israéliens, le groupe pacifiste J-Street étant à l’origine du document auquel le DMFI s’est opposé. Fondé en 2019, ce groupe a cherché à renforcer le soutien pour Israël à l’intérieur du parti démocrate tout en se positionnant face au nombre croissant de voix progressistes qui adoptent une approche de plus en plus critique de l’Etat juif.

Dans la note de Mellman, ce dernier insiste sur le fait que les critiques des politiques du gouvernement israélien sont légitimes, tout en affirmant que les 40 démocrates sont allés trop loin dans leur lettre adressée, le mois dernier, au secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, dans laquelle ils l’ont appelé à condamner la démolition de Khirbet Humsa.

Le consultant politique Mark Mellman (Capture d’écran YouTube)

73 Palestiniens, dont 41 enfants, sont devenus sans-abri suite à cette démolition. Selon les critiques, les forces de sécurité israéliennes ont utilisé les élections présidentielles américaines comme couverture pour raser le village, alors que l’attention internationale se portait ailleurs.

La liaison militaire israélienne avec les Palestiniens (COGAT) a indiqué que l’armée avait détruit des structures qui avaient été illégalement construites dans une zone de tirs militaire.

Mellman a affirmé, dans sa note, qu’Israël avait le droit de faire respecter les lois portant sur les constructions dans la Zone C de Cisjordanie qui, selon les Accords d’Oslo, a été placée sous contrôle israélien. Il a souligné que les résidents de Khirbet Humsa avaient pu défendre leur point de vue devant la cour suprême et qu’ils avaient perdu.

« Peut-être eût-il été préférable que le gouvernement s’abstienne de mener à bien cette initiative ou qu’il le fasse différemment », dit la note. « Mais cette tentative d’affirmer que la destruction de ces sept tentes et de ces huit enclos à animaux a été ‘illégale’, qu’elle a été un acte d’annexion galopante’ ou (comme certains l’ont dit) qu’il s’agissait d’un ‘nettoyage ethnique’ reflète l’ignorance des faits sur le terrain ou une intention d’entraîner une hostilité à l’égard d’Israël et ce malgré la réalité des faits ».

La note a été critiquée par les responsables des groupes de gauche en Israël et aux Etats-Unis, notamment de J-Street, Breaking the Silence, Americans for Peace Now et Yesh Din.

Ils ont remarqué que le groupe DMFI avait utilisé dans sa note une photo aérienne du village arborant un logo du mouvement Regavim, pro-implantations.

Dans une réponse, J-Street a accusé DMFI de « s’appuyer sur les travaux de Regavim – une organisation israélienne à but non-lucratif d’extrême-droite qui se bat devant les tribunaux pour évacuer les villages palestiniens en Cisjordanie occupée et qui fait campagne contre un État palestinien, en faveur de l’annexion de la Cisjordanie par Israël ».

Mellman a insisté sur le fait que l’utilisation de la photo de Regavim n’avait pas été intentionnelle et que son groupe n’avait aucun contact avec l’organisation de droite.

Un porte-parole de Regavim a confirmé qu’il n’y avait jamais eu de collaboration entre les deux associations, affirmant que « l’extrême-gauche en est réduite à attaquer Regavim, même si les informations que nous avons fait circuler sont disponibles pour tout un chacun et gratuitement grâce à un clic sur le site Govmap ».

Mais les critiques sont allées encore au-delà de l’utilisation de la photo de Regavim, Yehuda Shaul, de Breaking the Silence, disant sur Twitter que les résidents de Khirbet Humsa ne s’étaient pas installés seulement récemment dans la zone de tir comme l’avait prétendu le groupe DMFI. Il a également souligné que les Palestiniens n’obtenaient presque jamais le feu vert à un permis de construire dans la Zone C, ce qui ne leur laissait que peu d’options pour faire des constructions légales. Il a par ailleurs affirmé que les dites zones de tir étaient un outil dont disposait Israël pour se saisir d’un nombre grandissant de terres en Cisjordanie.

Mellman a alors riposté que si les inquiétudes concernant le système militaire et judiciaire en Cisjordanie étaient légitimes, les qualifications de la démolition en « annexion galopante » et en « nettoyage ethnique » ne l’étaient pas.

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