Variant Delta : Israël confirme un vaccin moins efficace et envisage une 3e dose
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Variant Delta : Israël confirme un vaccin moins efficace et envisage une 3e dose

Le Premier ministre demande au ministère de la Santé une étude sur l'efficacité à long-terme du vaccin Pfizer pour mieux informer les décisionnaires sur un éventuel rappel

Le Premier ministre Naftali Bennett à droite, et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz, à gauche, dans un centre de vaccination à Holon, le 29 juin 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett à droite, et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz, à gauche, dans un centre de vaccination à Holon, le 29 juin 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)

Le ministère israélien de la Santé a diffusé des données, lundi, qui semblent bien indiquer que le vaccin Pfizer-BioNTech prévient très largement les formes graves de la COVID-19 et les hospitalisations, mais qu’il a aussi une efficacité significativement moindre pour empêcher la propagation du variant Delta du coronavirus.

Selon le ministère et au vu de la propagation du variant Delta, la capacité du vaccin Pfizer à empêcher le développement de cas symptomatiques de la COVID-19 a chuté d’environ 30 % – à 64 %. Les chiffres montrent qu’au mois de mai, quand cette souche était moins dominante sur le territoire, le vaccin était efficace à 94,3 %.

Le variant Delta, qui serait deux fois plus contagieux que la souche Alpha de COVID-19, serait responsable de 90 % des nouveaux cas au sein de l’État juif depuis deux semaines.

Les données révèlent toutefois la grande efficacité du vaccin dans la prévention contre des formes graves de la maladie, et les hospitalisations qui en résultent. Au mois de mai, ce pourcentage d’efficacité était de 98,2 % et il est de 93 % au mois de juin.

Lundi soir, le ministère de la Santé a fait savoir que 369 personnes avaient été testées positives depuis dimanche à minuit, ce qui porte le nombre total de cas actifs dans le pays à 2 766.

70 personnes sont hospitalisées et 35 se trouvent dans un état grave. Elles n’étaient que 22, la semaine dernière, à être dans un état critique.

Le Premier ministre Naftali Bennett à droite, et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz, à gauche, dans un centre de vaccination à Holon, le 29 juin 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)

Dans ce contexte de hausse des cas dans tout le pays, le Premier ministre Naftali Bennett, aux côtés du ministre de la Santé Nitzan Horowtiz, a donné lundi pour instruction au ministère de la Santé de promouvoir deux études médicales sur la nécessité éventuelle d’une troisième dose de vaccin, des études qui, a-t-il dit, permettront aux décisionnaires d’accéder à des « informations vitales ».

Le bureau du Premier ministre a affirmé que ces études, qui seront supervisées par la responsable des services de santé publique au ministère de la Santé, Sharon Alroy-Preis, « évalueront l’efficacité du vaccin et la manière dont ses effets s’estompent avec le temps ».

Une étude s’intéressera ainsi à l’efficacité du vaccin dans le temps, en examinant son évolution dans des groupes d’âge variés et chez des personnes dans des états de santé différents. L’autre examinera l’immunité cellulaire (une réponse immunitaire qui n’implique pas les anticorps).

Il a été annoncé, dimanche, que le ministère de la Santé pourrait recommander aux Israéliens immunodéprimés de se faire administrer une troisième dose de vaccin Pfizer-BioNTech, même si la firme pharmaceutique n’a pas, pour le moment, mis en avant l’idée d’une éventuelle injection de rappel.

Les responsables de la santé s’inquiètent de données qui montrent que les immunodéprimés développeraient une réponse insuffisante en termes d’anticorps suite à l’administration des deux doses de vaccin, des anticorps qui ne permettraient pas de les protéger contre le virus.

Parmi les personnes immunodéprimées figurent les personnes ayant bénéficié d’une greffe d’organe et les malades du cancer.

Lundi, toutefois, le ministère de la Santé a établi clairement qu’il n’y avait pas « de recommandation ou de décision prise, à ce stade, d’administrer une troisième dose au grand public en général ».

Une adolescente israélienne se fait vacciner contre le coronavirus dans un centre de la municipalité de Tel Aviv et du Magen David Adom, à Tel Aviv, le 4 juillet 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Mettant en garde contre les dangers posés par le variant Delta, le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, a vivement recommandé, la semaine dernière, à Bennett et à Horowitz de commencer à inoculer une troisième dose aux Israéliens dès le mois d’août – même si Pfizer a expliqué que les tests portant sur une troisième dose n’avaient pas été finalisés.

Netanyahu a déclaré dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux qu’après « des conversations qu'[il a] pu avoir avec certains des meilleurs experts dans le monde, [il] croit qu’une troisième dose de vaccin devrait être administrée dès le mois d’août à la population de 50 ans et plus de manière à ce que le travail soit terminé à la fin septembre ».

Il a ajouté que personne ne pouvait dire actuellement quand une chute de l’immunité serait susceptible de laisser l’infection gagner à nouveau du terrain au sein de la population.

« Le prix à payer pour ce retard… pourrait être meurtrier et coûter de nombreuses vies », a-t-il poursuivi.

L’État juif a acheté des millions de vaccins auprès de Pfizer et a été parmi les tous premiers pays à les recevoir, à la fin de l’année dernière. Malgré des millions de doses encore inutilisées, le pays a signé un nouvel accord déterminant l’acquisition de 18 millions de doses supplémentaires quand Netanyahu était Premier ministre, appelées à servir si une injection de rappel s’avérait nécessaire. Ces vaccins n’ont pas encore été livrés.

Le stock israélien de vaccins Pfizer doit toutefois expirer à la fin du mois de juillet et le gouvernement tente d’empêcher que les doses soient définitivement perdues.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Santé Yuli Edelstein assistent à l’arrivée d’un avion cargo de DHL transportant le premier lot de vaccins Pfizer à l’aéroport Ben Gurion, le 9 décembre 2020. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

Le bureau du Premier ministre a annoncé, dimanche, que Bennett s’était entretenu à plusieurs reprises, ces derniers jours, avec le directeur-général de Pfizer, Albert Bourla, concernant la date de la prochaine livraison.

La Radio militaire, pour sa part, a annoncé lundi matin que l’État juif songeait à utiliser son stock de vaccins Moderna une fois que les doses Pfizer auraient expiré – et seulement pour les Israéliens de plus de 18 ans – et qu’il pourrait être décidé de donner une seconde dose de vaccin Moderna aux personnes ayant reçu une première dose de Pfizer, un cocktail que pratiquent déjà l’Espagne et l’Allemagne.

À cette fin, a continué la station de radio, Israël a demandé à Pfizer de pouvoir reporter sa décision finale concernant l’achat d’un million de doses auprès de la firme pharmaceutique, une requête qui a été approuvée par Pfizer.

Le cabinet du coronavirus doit se réunir mardi soir pour réfléchir à remettre en œuvre une série de restrictions dans ce contexte de hausse des nouveaux cas. Parmi les limitations potentielles qui sont envisagées, des restrictions appliquées aux grands rassemblements, le retour du Passeport vert, la nécessité – pour les parents vaccinés d’enfants infectés – de se placer à l’isolement jusqu’à la présentation d’un test négatif, l’élargissement de l’exigence de quatorzaine aux nouveaux arrivants vaccinés sur le territoire, en provenance de pays supplémentaires. Des tests rapides pourraient aussi être réalisés sur divers sites.

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