Rechercher

L’enquête de Yad Vashem sur le scandale des « fausses plaques de tatouage d’Auschwitz »

Les tatouages ​​​​faits aux Juifs à Auschwitz étaient majoritairement réalisés avec des stylets, ce qui s'est avéré être une méthode plus rapide

Bracha Ghilai, 75 ans, survivante de la Shoah, montre son bras tatoué dans sa maison à Holon près de Tel Aviv, le 23 janvier 2005. (Crédit : AP/Ariel Schalit)
Bracha Ghilai, 75 ans, survivante de la Shoah, montre son bras tatoué dans sa maison à Holon près de Tel Aviv, le 23 janvier 2005. (Crédit : AP/Ariel Schalit)

Une enquête, à l’initiative du mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, révèle que les plaques métalliques à aiguilles utilisées par les nazis pour tatouer les détenus dans le camp d’Auschwitz et qui ont récemment été au centre d’un scandale après le gel d’une vente aux enchères en novembre,  n’étaient probablement pas utilisées sur des détenus juifs, a rapporté l’agence de presse Reuters.

L’enquête, qui doit être remise au tribunal de Tel-Aviv dans le cadre du différend sur la vente aux enchères, indique que l’utilisation de plaques métalliques à aiguilles en acier avait été abandonnée assez tôt pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le musée a découvert que les plaques dataient en réalité de 1949, après la guerre, et qu’elles pouvaient avoir été utilisées sur le bétail plutôt que sur les humains.

Les tatouages ​​​​faits aux Juifs à Auschwitz étaient majoritairement réalisés avec des stylets, ce qui s’est avéré être une méthode plus rapide.

La vente aux enchères avait été gelée, suite à l’appel fait par un groupe de rescapés de la Shoah, alors qu’il examinait la vente en question. « De tels objets diaboliques ne peuvent pas avoir de propriétaires », avait affirmé l’avocat du regroupement David Fohrer. « Leur vente est illégale et porte atteinte à la moralité publique ».

Une étoile de David jaune que les nazis obligeaient les juifs à porter, parmi d’autres objets appartenant à des survivants de la Shoah du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, exposés au Mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, le 24 janvier 2005 (Crédit : AP Photo/Kevin Frayer).

Selon Reuters, le commissaire-priseur Meir Tzolman a insisté sur le fait que les plaques étaient certifiées comme provenant du camp d’extermination d’Auschwitz. L’hôtel des ventes Tzolman à Jérusalem avait ajouté à son catalogue huit de ces plaques ayant servi à tatouer des numéros sur des détenus du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, dans lequel un million de Juifs européens, et des dizaines de milliers d’autres prisonniers, ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 1940 et 1945.

Le lot comprenait 14 tampons et un livret d’instructions du fabricant Aesculup sur le marquage du bétail. Un autre se trouve dans un musée militaire à Saint-Pétersbourg et le troisième est exposé au camp de concentration d’Auschwitz.

Initialement prévue le 9 novembre, la vente de ces plaques « originales », que l’hôtel des ventes présente comme étant « les objets les plus choquants de la Shoah », a suscité l’indignation en Israël, seul pays majoritairement juif au monde.

Selon, Colette Avital, présidente du regroupement, la place de ces plaques doit être dans un musée. « Ces objets ne devraient pas être vendus et achetés et ne devraient certainement pas être une propriété privée », avait-elle déclaré à l’AFP. Ils « étaient utilisés pour des crimes particulièrement cruels », pour « transformer des êtres humains en numéros », avait-elle ajouté.

Colette Avital, in January 2008 when she was a member of the Israeli Knesset.(photo credit: Olivier Fitoussi /Flash90)
Colette Avital, en janvier 2008, alors députée à la Knesset. (Crédit : Olivier Fitoussi /Flash90)

Pour sa part, Yad Vashem avait estimé que cette vente était « moralement inacceptable » et que les objets doivent lui être remis. Lorsqu’on a demandé sur Twitter au président de Yad Vashem, Dani Dayan, s’il était possible de trouver un donateur pour éviter que les objets ne tombent entre de mauvaises mains, il a répondu que le centre de mémoire de la Shoah n’achetait pas d’objets aux enchères parce qu’il ne voulait pas encourager les « commerçants cupides », ajoutant qu’il pourrait être nécessaire de légiférer sur la question.

« Par principe, Yad Vashem s’oppose à l’existence d’un marché pour les objets juifs ou nazis de l’époque de la Shoah, et n’achète donc pas de tels objets. Heureusement, le nombre d’objets donnés à Yad Vashem est des dizaines de fois supérieur à celui des objets échangés », avait tweeté Dayan. « La solution se trouve peut-être dans la législation, et certainement pas dans la mise en place d’offres aux commerçants avides qui les encourageront à poursuivre [les ventes]. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...