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Zamir dénonce le comportement « contraire à l’éthique » de certains soldats

Citant notamment le saccage d'une statue de Jésus et le port d'insignes incitant à la haine, le chef d’état-major affirme que la discipline s'est érodée au cours des dernières guerres

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, prenant la parole lors d'une conférence militaire, à la base aérienne de Ramat David, le 27 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)
Le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, prenant la parole lors d'une conférence militaire, à la base aérienne de Ramat David, le 27 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré lundi devant des officiers supérieurs que Tsahal avait constaté une érosion de la discipline au cours de la guerre sur plusieurs fronts menée par Israël ces dernières années. Il a énuméré une série de cas dans lesquels des soldats israéliens se sont comportés de manière qu’il a qualifiée de « rébellion » contre les valeurs de l’armée.

Zamir a notamment dénoncé des signalements de pillages, la destruction d’une statue de Jésus au Liban, qui a suscité un tollé international, ainsi que la tendance des soldats à porter des insignes et des écussons non autorisés arborant des messages religieux, messianiques, politiques et incitant à la violence.

« Les incidents contraires à l’éthique auxquels nous avons assisté sont le résultat d’une période longue et complexe, mais cela ne les justifie pas. Nous ne devons pas transiger sur nos valeurs. L’érosion des normes pourrait être tout aussi dangereuse que les menaces opérationnelles », a-t-il déclaré lors d’une conférence réunissant les hauts responsables de Tsahal.

Au cours de la conférence, Zamir a montré la photo d’un soldat portant un écusson sur lequel on pouvait lire : « Arrêtez la haine. C’est l’heure de la violence. »

Il a ensuite demandé aux participants : « Est-ce là l’armée que vous voulez ? S’il y a ne serait-ce qu’une seule personne qui pense que cela reflète les valeurs de Tsahal, qu’elle se lève maintenant. »

« Ce n’est pas un incident mineur. C’est une rébellion contre les valeurs de Tsahal », a-t-il souligné.

Un soldat portant des écussons en velcro sur lesquels on peut lire « Arrêtez la haine. C’est l’heure de la violence » et « Chasseurs de Hamas », sur une photo non datée. (Crédit : X ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Zamir a déclaré que « le phénomène du pillage, s’il existe, est honteux et pourrait entacher l’ensemble de l’armée israélienne », après que le journal Haaretz a rapporté la semaine dernière qu’il y avait eu des pillages généralisés par des soldats de Tsahal dans le sud du Liban, où de nombreux habitants ont fui les combats.

« Si de tels incidents se sont produits, nous mènerons une enquête », a-t-il déclaré, ajoutant : « Je ne veux pas que nous devenions une armée de pillards. »

Tsahal a récemment sanctionné des soldats ayant participé à la destruction d’une statue de Jésus dans le sud du Liban, et a indiqué enquêter sur une vidéo montrant des soldats endommager des panneaux solaires. Au cours de son allocution, Zamir a montré une photo largement diffusée sur laquelle on peut voir le crucifix en train d’être détruit.

La destruction de la statue a suscité l’indignation à l’échelle internationale. L’armée a démis de ses fonctions de combat le soldat responsable de cet acte, ainsi que le militaire qui l’avait filmé. Les deux soldats ont également été emprisonnés. La statue endommagée dans le village chrétien de Debel a été remplacée.

Un soldat de l’armée israélienne fracassant la tête d’une statue de Jésus, dans le sud du Liban, sur une image publiée le 19 avril 2026. (Crédit : X ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Zamir a également déclaré que les soldats, qu’ils appartiennent à l’armée régulière ou à la réserve, « ne doivent pas utiliser les réseaux sociaux pour diffuser des messages controversés ou se mettre en avant ».

« C’est une ligne rouge qu’il ne faut pas franchir, et ceux qui le feront feront l’objet de mesures disciplinaires », a-t-il poursuivi.

Les soldats sont rarement sanctionnés pour avoir publié du contenu en ligne, bien que des vidéos mises en ligne par des soldats de Tsahal aient parfois été largement diffusées et aient conduit des militants anti-Israël à tenter de les poursuivre en justice à l’étranger.

Dans le communiqué de presse publié par l’armée au sujet du discours de Zamir, aucune mention n’est faite des remarques du chef d’état-major concernant l’incapacité de Tsahal à lutter contre la spirale du terrorisme juif en Cisjordanie.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’exprimant lors d’une conférence militaire, à la base aérienne de Ramat David, le 27 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Zamir a également abordé la question du statut des femmes au sein de Tsahal, en réponse aux nouvelles critiques concernant des allégations de coercition religieuse au sein de l’armée. Ce mois-ci, des soldates ont été traduites en cour martiale pour avoir porté des vêtements jugés trop provocants lors de leur arrivée à la base en vue de leur démobilisation, ce qui a suscité de vives critiques.

Zamir a souligné que les femmes constituent « une partie indissociable de Tsahal et de sa force opérationnelle ».

« Il n’y aura aucune exclusion des femmes au sein de Tsahal », a-t-il noté.

Il a également évoqué les craintes selon lesquelles les femmes pourraient être confrontées à des restrictions supplémentaires au sein de l’armée, alors que celle-ci cherche à augmenter le nombre de conscrits parmi les ultra-orthodoxes, qui adhèrent à des règles strictes de séparation des sexes.

Des soldates du Corps d’Artillerie de l’armée israélienne, à la frontière de la bande de Gaza, le 8 décembre 2025. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

« Nous continuerons à permettre le service de populations diverses, sans nuire aux autres ni au détriment de quiconque. Nous le ferons tout en préservant l’identité et les valeurs de Tsahal », a déclaré Zamir.

Zamir a toutefois exprimé son soutien au colonel Mazzie Swissa, l’officier qui a traduit les soldates en cour martiale pour leur tenue vestimentaire.

« Je vous soutiens. Je sais que vous avez essuyé des critiques ces derniers jours, mais je vous le dis à tous : faites respecter la loi et les ordres dans l’armée. Nous devons faire abstraction du bruit de fond et faire ce qui est juste », a-t-il déclaré.

Zamir a affirmé que Swissa « n’avait pas agi sous la contrainte religieuse et qu’elle n’était pas la police de la pudeur ».

« Si des soldats ne se conforment pas aux ordres, leur commandant est habilité à les sanctionner. »

Zamir : Tsahal est prêt à « une reprise des combats intenses sur tous les fronts »

Sur le plan opérationnel, Zamir a déclaré que l’armée devrait continuer à combattre sur plusieurs fronts tout au long de l’année 2026, une analyse qu’il avait déjà formulée par le passé.

Tsahal mène des opérations sur plusieurs fronts depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. Des cessez-le-feu sont actuellement en vigueur à Gaza, au Liban et en Iran, mais ces derniers sont considérés comme fragiles.

Des soldats de la Brigade Golani de l’armée israélienne opérant dans le sud du Liban, sur une photo diffusée le 27 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)

« Depuis le 7-Octobre, Tsahal est engagé dans des combats dans le cadre d’une campagne sur plusieurs fronts qui se poursuit. Nous restons prêts et en alerte pour un retour à des combats intenses dans tous les secteurs. L’année 2026 pourrait continuer d’être une année de combats sur chacun des fronts », a-t-il déclaré.

Il a également souligné que l’armée avait un besoin urgent de renforts : « Compte tenu de la charge croissante des missions qui pèsera sur Tsahal dans les années à venir, le besoin urgent auquel l’État d’Israël est confronté est d’augmenter le nombre de personnes qui servent et combattent, et nous insisterons sur ce point. »

Le projet de loi actuellement examiné à la Knesset maintiendrait des exemptions générales de conscription pour la plupart des Haredim.

Si ses partisans affirment qu’il attirera davantage d’ultra-orthodoxes au sein de Tsahal, ce texte est vivement critiqué, car il n’augmenterait pas de manière significative le nombre de conscrits et maintiendrait une disparité quant aux personnes tenues de s’enrôler dans l’armée.

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