Zini prend les rênes du Shin Bet ; ses prédécesseurs contestent sa nomination
D'ex-chefs ont expliqué ne pas s'être joints aux précédents recours en raison du « caractère unique de leur connaissance profonde et intime » de l'agence

Dimanche, les ex-chefs du Shin Bet, Nadav Argaman, Ami Ayalon et Carmi Gilon, ainsi que 186 anciens employés et administrateurs du Shin Bet, ont demandé à la Cour Suprême d’invalider la nomination de David Zini pour incompétence et usage d’un processus de sélection défaillant.
Ils ont expliqué ne pas s’être joints aux précédents recours en raison du « caractère unique de leur connaissance profonde et intime » du Shin Bet.
Ils ont indiqué que Netanyahu était en plein conflit d’intérêts lorsqu’il a nommé Zini, et qu’il avait décidé de le faire à l’issue d’un « entretien précipité » avec Zini, alors même que Netanyahu avait précédemment fait porter son choix sur un candidat « manifestement qualifié », à savoir l’ex-chef d’Etat-major de la Marine, Eli Sharvit, avant de le « regretter dans l’instant » et d’annuler cette décision.
Ils ont ajouté que Zini, dont le dernier poste au sein de l’armée israélienne était celui de chef du corps d’entraînement, n’avait « jamais occupé de poste de renseignement… comme la Direction du renseignement ou le commandement de la Marine. »
Ils ont noté que Zini aurait un « conflit d’intérêts structurel lié à sa famille », allusion aux enregistrements dans lesquels on entend le propre père de Zini, le rabbin Yosef Zini, plaisanter à propos de l’assassinat du député arabe Ahmad Tibi et dire espérer que la Cour « explose ».
« Pour ces raisons, les pétitionnaires estiment que cette nomination est totalement déraisonnable, rendant obligatoire sa déclaration nulle et non avenue [par la Cour] », peut-on lire dans le corps du recours.
Un autre recours déposé dimanche par un collectif composé de plusieurs groupes de protestation et des ex-chefs de Tsahal, Moshe Yaalon et Dan Halutz, conteste lui aussi le bien-fondé de la nomination de Zini, pour des motifs similaires.
Le prédécesseur de Zini, Ronen Bar, a été limogé à l’issue d’un vote du Conseil des ministres en date du 21 mars, fondé sur l’affirmation de Netanyahu selon laquelle il avait perdu confiance en sa capacité à faire son travail suite au pogrom du Hamas du 7 octobre 2023.
Ce limogeage a fait l’objet de recours judiciaires et donné lieu à des manifestations de grande ampleur, les détracteurs de Netanyahu accusant le Premier ministre de chercher à se dédouaner de ses propre responsabilité sur la question et de contrecarrer l’enquête du Shin Bet en cours sur ses collaborateurs.
Bar a finalement démissionné en juin dernier, pour des motifs liés à son incapacité à déjouer les attaques du 7 octobre.
Jeremy Sharon a contribué à cet article.







