Corbyn traité de ‘menteur’ lors d’une cérémonie de Hanoukka
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Corbyn traité de ‘menteur’ lors d’une cérémonie de Hanoukka

Une femme a été sortie après avoir interrompu le dirigeant travailliste qui déclarait qu’il y avait "zéro tolérance" pour l'antisémitisme au sein de son parti

Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste, se promène le long du pont de Westminster dans le centre de Londres, le 23 mars 2017 (AFP Photo / Daniel Leal-Olivas)
Jeremy Corbyn, leader du Parti travailliste, se promène le long du pont de Westminster dans le centre de Londres, le 23 mars 2017 (AFP Photo / Daniel Leal-Olivas)

Jeremy Corbyn, leader du Labour britannique, s’est vu couper la parole cette semaine à Londres lors d’une cérémonie de Hanoukka. Une femme l’a qualifié de « menteur » au sujet de l’antisémitisme au sein de son parti, a rapporté le Jewish Chronicle.

Lors de l’événement organisé par le mouvement travailliste juif ce mercredi, Corbyn a déclaré : « Je suis ici car je veux que le parti soit fort dans tous les domaines ; je veux que le mouvement travailliste juif fasse partie intégrante du parti à tous les niveaux. »

Il a ajouté qu’ « il y avait zéro tolérance pour l’antisémitisme au sein du Labour, et que cela devait rester ainsi ».

Au cours de son discours, une femme a crié « Corbyn, vous êtes un menteur » et a été sortie de la pièce. Un autre homme a crié « Et Ken ? »

Ken Livingstone, ancien maire de Londres, a maintes fois insisté sur le fait qu’Adolf Hitler avait initialement soutenu le projet sioniste, conduisant à sa suspension du parti en avril dernier. Corbyn avait alors résisté aux appels des principaux mouvements juifs britanniques à expulser Livingstone, qui a nié que ses déclarations étaient antisémites.

« Le racisme dans notre société est un sérieux problème. L’antisémitisme est un problème très, très grave », a déclaré Corbyn.

« C’est pourquoi j’ai demandé à Shami Chakrabarti d’entreprendre une enquête et de rédiger un rapport. C’est pourquoi nous avons obtenu par consensus un changement de règles au sein du parti, et c’est pourquoi nous lançons désormais une enquête pour tout soupçon d’antisémitisme. »

Shami Chakrabarti, interviewée sur J-TV, juillet 2016 (Capture d’écran : YouTube)

Suite à des allégations selon lesquelles le Labour dissimulerait un problème d’antisémitisme, le parti britannique a adopté en septembre des règles visant à faciliter l’expulsion de membres qui ont usé d’une rhétorique haineuse contre les Juifs.

Les règles, qui ont été soutenues par Corbyn et par le comité exécutif national du parti, renforcent ainsi explicitement la position du mouvement contre tous propos antisémites, racistes, islamophobes, sexistes et homophobes.

Le Parti est surveillé de près par les médias britanniques et l’establishment politique depuis les élections de 2015. Corbyn, un politicien de gauche, a qualifié le Hezbollah et le Hamas d’ « amis » lors d’un événement en 2009 au cours duquel il a accueilli des représentants de ces groupes terroristes au Parlement britannique. Il a depuis lors affirmé qu’il regrettait ces propos.

Sous Corbyn, le nombre de membres du Labour a augmenté grâce à l’adhésion d’activistes et d’électeurs d’extrême gauche, et notamment d’un certain nombre de personnes qui ont par le passé exprimé des propos antisémites, souvent en lien avec Israël.

Ken Livingstone, ancien maire de Londres et haut fonctionnaire du Labour, le 30 mars 2017 (Capture d’écran : YouTube)

Les travaillistes ont expulsé ou suspendu des dizaines de membres suite à des commentaires jugés antisémites, mais d’autres n’ont jamais été sanctionnés ou ont été réadmis.

L’année dernière, Chakrabarti, militante des droits de l’homme et membre du Labour, a rédigé un rapport sur l’antisémitisme dans le Parti. Le Conseil des députés juifs britanniques et d’autres mouvements ont qualifié le document de tentative de « blanchiment ». Si le rapport admet qu’il peut y avoir une « atmosphère parfois toxique » contre les Juifs au sein du Parti, l’antisémitisme n’y serait pas répandu.

Néanmoins, une commission d’enquête parlementaire a confirmé l’année dernière que les dirigeants du Labour ne parvenaient pas à faire face à l’antisémitisme dans leurs rangs.

Selon une analyse menée par la Campagne contre l’antisémitisme des partisans travaillistes sur Internet, les membres du Parti sont huit fois plus susceptibles d’exprimer ce que le groupe considère comme antisémite que les partisans des autres grands partis, dont les forums en ligne ont également été analysés.

JTA a contribué à cet article.

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