Des documents du renseignement britannique déclassifiés apportent un nouvel éclairage sur le témoignage d’un diplomate allemand d’avant-guerre qui a affirmé qu’un seul document, autrefois en sa possession, aurait pu changer le cours de l’Histoire en empêchant la consolidation d’Adolf Hitler au pouvoir.

Un article du Times de Londres, publié vendredi décrit les revendications du baron Fritz Günther Tschirschky und Bögendorff, un confident du président sous Weimar Paul von Hindenburg.

Le baron s’est enfui de l’Allemagne nazie pour rejoindre le Royaume-Uni en 1935, emportant avec lui un fichier du MI5 britannique, qui a été déclassifié au début du mois de mars.

Tschirschky a soutenu avoir aidé von Hindenburg à rédiger son testament, un document qui dit-il, fustige Hitler et appelle le peuple allemand à adopter la démocratie.

Mais Hitler, que le vieux von Hindenburg, alors âgé de 84 ans, avait à contrecœur nommé chancelier en 1933, a eu vent du testament du président et donna l’ordre de « faire en sorte que ce document soit en ma possession dès que possible », selon le témoignage de Tschirschky, retranscrit dans l’édition du Times.

Le fils de von Hindenburg, un fidèle nazi, a obéi à la volonté de Hitler, qui a vraisemblablement détruit le testament.

Selon Tschirschky, ce document représentait un puissant danger qui pouvait compromettre les ambitions d’Hitler.

Dans ce document, Hindenburg a écrit que l’armée devrait être indépendante de la politique, et appelle à l’établissement d’une monarchie constitutionnelle avec une séparation claire des pouvoirs, peut-on lire dans l’article du Times.

Dans une interview de 1947, le dissident Tschirschky avait déclaré au Times que le testament appelait à l’abolition de toute discrimination raciale et religieuse.

Tschirschky fait remarque lé testament insistait pour que « Hitler ne parvienne jamais au pouvoir, et il n’y aurait donc pas eu de guerre, si les souhaits de Hindenburg avaient été connus au peuple allemand. »

Deux exemplaires du testament ont été imprimés après la mort de Hindenburg, selon le Times. L’un a été cherché par les nazis en Suisse et détruit, et l’autre a été conservé par Tschirschky, jusqu’à ce qu’il le détruise – par crainte – avant de fuir l’Allemagne.

Les autorités britanniques n’ont jamais eu entièrement confiance en Tschirschky. Celui-ci aurait passé la plupart de la guerre dans un camp d’internement.

Des questions demeurent quant à la raison pour laquelle Hindenburg aurait attendu sa mort pour lancer sa critique la plus amère vis-à-vis du leader nazi.

Dans les heures qui ont suivi la mort de Hindenburg, Hitler a cumulé les fonctions de président et de chancelier, et donc resserré son emprise sur le pouvoir.

Quelques jours plus tard, les nazis ont annoncé la découverte du           « testament politique » du président défunt – une contrefaçon permettant de fausses éloges au sujet d’Hitler.