Le Hamas a récemment commencé à utiliser de la machinerie lourde et des outils d’ingénierie pour accélérer l’excavation des tunnels d’attaque allant de la bande de Gaza et traversant la frontière israélienne, selon ce que des sources dans l’enclave palestinienne ont déclaré au Times of Israel mercredi.

L’équipement, selon les sources, comprend de petits bulldozers avec la capacité de manœuvrer dans des espaces restreints. Du côté israélien de la frontière, les grands tracteurs sont clairement visibles au-dessus du sol alors que les machines se préparent à entrer dans les tunnels.

L’organisation terroriste basée à Gaza utilise tout le ciment sur lequel il peut mettre la main pour la construction des tunnels et fortifie les murs de ses structures souterraines avec du bois.

Les responsables sécuritaires israéliens ont confirmé les rapports en provenance de Gaza, ajoutant que le Hamas faisait de grands efforts pour creuser les tunnels le plus rapidement possible.

Les fonctionnaires ont également déclaré que l’organisation terroriste a tenté de fabriquer autant de roquettes à courte portée que possible, après avoir constaté que ces projectiles étaient moins susceptibles d’être abattu par le système de défense Dôme de fer et pourraient donc causer des dégâts substantiels du côté israélien.

Un article publié dans le Telegraph plus tôt ce mois-ci indiquait que l’Iran transférait des dizaines de millions de dollars au Hamas pour qu’il puisse reconstruire son infrastructure souterraine et qu’il reconstitue son arsenal de roquettes.

Des sources sécuritaires israéliennes ont déclaré en mars que le Hamas a investi des efforts considérables dans le forage d’un nouveau réseau de tunnel dans l’enclave côtière, ainsi que plusieurs tunnels destinés aux éventuelles attaques transfrontalières.

Mais selon ces sources, l’organisation terroriste a pris soin d’éviter de ne pas se retrouver en territoire israélien, afin d’éviter les hostilités.

Pendant ce temps, la situation physique et économique des habitants de Gaza n’a pas beaucoup changé. Les fortes pluies plus tôt cette semaine ont laissé plusieurs rues principales de la bande inondées. Les logements temporaires pour les réfugiés qui ont fui leurs maisons après la guerre de l’été dernier entre Israël et le Hamas ont été inondés aussi.

Le point de passage frontalier de Rafah qui permet de se rendre de la bande de Gaza en Egypte est resté fermé, et la crise des salaires impliquant le Hamas et l’Autorité palestinienne n’a pas été résolue. La reconstruction générale de Gaza continue à être retardée, et la reconstruction de 17 000 maisons pour remplacer celles détruites lors de l’opération Bordure protectrice n’a pas encore commencé non plus.

La principale raison de cette impasse est la lutte pour le pouvoir entre l’Autorité palestinienne et le Hamas pour le contrôle de la bande de Gaza.

L’Autorité palestinienne exige que le Hamas cède toutes les activités liées à la gouvernance dans la bande de Gaza, y compris les opérations sécuritaire, au gouvernement de Rami Hamdallah, mais l’organisation a refusé de le faire.

Pour l’instant, le différend immédiat entre les deux partis palestiniens tourne autour du paiement des salaires des fonctionnaires du gouvernement du Hamas et l’Autorité palestinienne a été jusqu’à présent réticente à couvrir les frais.

Vingt-trois mille fonctionnaires du Hamas, y compris les employés des systèmes de santé et de l’éducation, n’ont pas reçu leurs salaires.

Le différend salarial fait rage depuis la signature de l’accord de réconciliation entre le Hamas et l’Autorité palestinienne en avril 2014 – qui n’a pas encore été mis en œuvre (nonobstant les fausses accusations des responsables israéliens impliquant que le président de l’AP Mahmoud Abbas a essentiellement inclus des membres du Hamas dans son gouvernement).

Parmi d’autres mesures prises visant à résoudre la crise par le vice-premier ministre de l’AP Ziad Abu Amr, il y a la requête déposée auprès du gouvernement suisse de faire office d’arbitre entre les deux parties palestiniennes.

Les diplomates suisses, dirigés par Paul Garnier, le représentant de la Suisse à Ramallah, ont rencontré des représentants du Hamas et de l’Autorité palestinienne, et ont produit en septembre une feuille de route pour tenter de mettre fin à cette affaire qui dure.

Selon cet accord-cadre, les commissions officielles devaient déterminer l’identité des personnes sur la liste de paie à Gaza (afin d’éviter que le salaire soit versé à des terroristes, par exemple, ou à des gens qui ne sont plus employés), et devait en même temps adopter la réforme dans les bureaux gouvernementaux.

En octobre dernier, des responsables qataris ont donné à l’Autorité palestinienne assez d’argent pour lui permettre de verser les salaires, mais le transfert final a été coupé court après que des engins explosifs ont été placés près des maisons des activistes du Fatah dans la bande de Gaza, rendant inutiles les efforts de la Suisse.

Au cours des dernières semaines, les négociations ont à nouveau repris pour résoudre la crise.

Ce mois-ci, le Hamas a été en mesure de verser les salaires de ses employés, mais il est difficile de savoir comment l’organisation a réussi à acquérir les fonds nécessaires.