Le Parlement français est sur le point d’importer le conflit du Moyen-Orient et d’encourager le terrorisme islamiste, a clamé un député français, critiquant le vote sur une résolution visant à reconnaître un Etat palestinien, qui devrait logiquement être adopté le 11 décembre.

« Le vote de cette résolution est une grave erreur – moralement, stratégiquement et politiquement, » a expliqué Meyer Habib (UDI), qui est entré à l’Assemblée nationale en 2013 et qui représente les citoyens français de huit pays méditerranéens, dont Israël. « Cela va écarter la France d’une éventuelle participation à des négociations au Moyen-Orient. »

Reconnaître unilatéralement un Etat palestinien dans la conjoncture actuelle entraînera une recrudescence d’attaques antisémites à l’image des attentats de Toulouse et de Bruxelles, a déclaré Meyer Habib dans une interview la semaine dernière.

« Le Gouvernement va importer le conflit en France, » a déclaré le député du centre-droit ajoutant que le ‘oui’ légitimerait toute sorte de terrorisme islamique. « Nous avons adopté le terrorisme et perdu notre âme avec une telle décision. »

Mardi, à Paris la chambre basse procédera au vote de la résolution non contraignante, proposée par des députés du parti socialiste, actuellement au pouvoir, qui « invite le Gouvernement français à utiliser la reconnaissance de l’Etat de Palestine comme un instrument pour obtenir une résolution définitive du conflit. »

Vendredi, l’Assemblée nationale a tenu un débat passionné sur la question, au cours de laquelle Meyer Habib a comparé la résolution au Traité de Versailles en 1919. « Il a eu des conséquences terribles pour la France et le monde, » a-t-il fait valoir. « Pourquoi reproduire les erreurs du passé ? »

Alors que la création d’un Etat palestinien démilitarisé qui cherche à vivre en paix avec Israël est souhaitable, un tel scénario n’est actuellement pas à l’ordre du jour, la direction palestinienne étant « à moitié corrompue, à moitié djihadiste, » a déclaré Meyer Habib dans un discours devant le Parlement où la passion le disputait à la ferveur. « C’est contre-productif et irresponsable » a-t-il qualifié la perspective de l’adoption d’une telle motion.

S’adressant au Times of Israel lors d’une récente visite en Israël, Habib a reconnu que ses collègues de l’Assemblée nationale allaient très probablement adopter la motion à une large majorité, malgré ses efforts pour les en dissuader.

« L’adoption de cette résolution s’apparente à une remise de prix au terrorisme, à légitimer le terrorisme », a-t-il déclaré, parce que l’Autorité palestinienne est dans un accord d’unité avec le Hamas.  »

Le texte de la motion ne fait aucune référence au fait que l’Autorité palestinienne soit associée à une organisation terroriste, ce qui est aggravé par le fait que les forces djihadistes ont tué des soldats français, » a-t-il ajouté.

« Le djihadisme et le terrorisme sont à nos frontières et tuent nos compatriotes, » a déclaré Habib, qui est né à Paris dans une famille d’origine italo-tunisienne. « Nous ne réalisons pas qu’il ne s’agit pas d’une question territoriale, mais de l’islam radical, qui tente de conquérir le monde. »

Habib, qui détient également la nationalité israélienne, est proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis de nombreuses années. La semaine dernière, il l’a rencontré à plusieurs reprises afin de discuter, entre autres choses, de la reconnaissance éventuelle d’un Etat palestinien par la France.

Netanyahu a fait savoir qu’il serait extrêmement déçu si le vote passait, arguant qu’Israël ne s’était jamais impliqué dans la question de savoir si la Corse ou la Nouvelle-Calédonie devraient être indépendantes, ce que certains souhaiteraient, selon Habib.

La semaine dernière, Netanyahu a déclaré qu’il était inquiet pour le prochain vote au Parlement français.

« En quoi cela va-t-il encourager la paix ? Pour demander à Israël de mettre les banlieues de Jérusalem et de Tel Aviv dans les mains de militants islamistes ? Cela est irresponsable. Ce n’est pas du tout propice à la paix, » a expliqué le chef de l’exécutif dans une interview à la chaîne I24.

« En fait, cela ne fait que durcir les positions palestiniennes parce qu’on leur dit, « vous obtenez un Etat » – qui sera utilisé pour attaquer Israël – « vous n’avez pas à donner quoi que ce soit ». Je pense que c’est une position terriblement erronée. »