Le bureau du Haut-commissariat pour les droits de l’Homme aux Nations unies a averti vendredi que les résidents de la bande de Gaza doivent affronter « une situation de plus en plus dure » en raison du manque d’électricité, de services médicaux et d’installations sanitaires appropriées.

Ravina Shamdasani, porte-parole du commissaire Zeid Raad al-Hussein, a fait savoir dans un communiqué que son bureau « est profondément inquiet face à la détérioration constante des conditions humanitaires et de la protection des droits de l’Homme à Gaza. »

Elle a attribué les difficultés de l’enclave côtière à Israël, à l’Autorité palestinienne (AP) et aux gouvernants du Hamas à Gaza.

« A l’apogée de l’été, avec des températures qui grimpent en flèche, l’approvisionnement en électricité n’a pas dépassé les six heures par jour depuis le début de la crise actuelle au mois d’avril, et a souvent été inférieur à quatre heures », a-t-elle noté.

« Nous avons observé une situation de plus en plus dure pour les hommes, les femmes et les enfants de Gaza dans un contexte de crise économique qui ne cesse de s’approfondir, avec des restrictions continues sur la liberté de mouvement et la liberté d’expression. »

Une Palestinienne aide son fils à faire ses devoirs à la lumière des bougies, alors qu'une crise électrique touche la bande de Gaza, dans le camp de réfugiés de Khan Yunis, le 19 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Une Palestinienne aide son fils à faire ses devoirs à la lumière des bougies, alors qu’une crise électrique touche la bande de Gaza, dans le camp de réfugiés de Khan Yunis, le 19 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Elle a appelé Israël à lever immédiatement le blocus du territoire, nécessaire pour l’Etat juif pour empêcher l’entrée d’armes et d’explosifs dans la bande de Gaza.

Elle a également vivement recommandé aux dirigeants palestiniens de revenir sur « les récentes mesures » visant à réduire l’approvisionnement en électricité, à baisser les salaires et à ordonner une retraite anticipée des fonctionnaires à Gaza.

« Le manque de transparence dans l’usage des ressources, et la suppression continue de la liberté d’expression et d’assemblée par les autorités suscitent encore davantage d’inquiétudes pour la protection des droits fondamentaux de la population de la bande de Gaza », a-t-elle dit.

L’AP, le gouvernement reconnu par la communauté internationale en Cisjordanie, a récemment commencé une campagne pour évincer le Hamas, comprenant la réduction du financement de l’énergie et la baisse du nombre d’autorisations accordées aux Gazaouis malades qui cherchent à se faire soigner à l’étranger.

Les critiques affirment que ces mesures ont augmenté les souffrances des Gazaouis.

Au mois de juillet, un responsable de l’ONU avait averti que Gaza pourrait devenir « invivable ».

Robert Piper, coordinateur de l'aide humanitaire de l'ONU dans les territoires palestiniens. (Crédit : Rabnif99/CC BY-SA 4.0)

Robert Piper, coordinateur de l’aide humanitaire de l’ONU dans les territoires palestiniens. (Crédit : Rabnif99/CC BY-SA 4.0)

Robert Piper, haut responsable de l’ONU en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a indiqué que « tous les indicateurs vont dans la mauvaise direction ».

« Nous avons prédit il y a quelques années que Gaza deviendrait rapidement invivable sur la base d’une série d’indicateurs et que nous sommes en train de nous approcher de cette réalité même plus rapidement que ce que nous avions prédit – en accès de soins de santé, dans les secteurs de l’énergie et de l’eau », a-t-il indiqué.

Le Hamas et le parti au pouvoir du Fatah ont tenté de négocier un accord de réconciliation, avec le soutien du président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi.

L’accord proposé comprend la dissolution par le Hamas d’un comité que le groupe terroriste a formé pour administrer les tâches historiquement assumées par l’AP, ainsi que l’engagement par le président de l’AP, Mahmoud Abbas, de mettre un terme aux mesures draconiennes appliquées à Gaza depuis le mois d’avril, notamment les réductions dans les paiements apportés à l’électricité, à l’aide médicale et aux salaires gouvernementaux pour les résidents de la Bande.

Le Hamas, groupe terroriste islamiste, a pris le contrôle de Gaza – qui se trouvait entre les mains de l’Autorité palestinienne – lors d’un coup d’état sanglant en 2007. Des années d’efforts de réconciliation n’ont jusqu’à présent rien donné.

Selon des médias arabes, l’AP poursuit l’accord de réconciliation afin de couper les relations qui se développent actuellement rapidement entre le Hamas et le rival d’Abbas, Mohammed Dahlane.

Dahlane, qui vit maintenant en exil aux Emirats arabes unis, s’est rapproché du Hamas ces derniers mois et les deux parties ont ouvertement évoqué un nouvel accord de partage du pouvoir dans la bande.