A la fin de l’été 2006 – il y a huit ans cette semaine – après que deux soldats réservistes aient été apparemment enlevés et emmenés au Liban (bien que nous ayons appris plus tard qu’ils avaient été tués), Israël se trouvait au bord de la guerre.

Le commandant de l’armée israélienne, le lieutenant-général Dan Halutz, avait un plan d’urgence tout préparé. Il s’appelait Mei Marom. Le plan faisait sens : transport aérien de troupes d’élite vers la rivière Litani, bouclage du Sud Liban, envoi d’autres troupes dans le Nord, pilonage méthodique de la capacité du Hezbollah de tirer des roquettes vers le Sud du Liban en Israël.

Pour de multiples raisons – parmi lesquelles la confiance de Halutz dans la puissance aérienne et la croyance de l’état-major général que le Hezbollah ne briguerait pas un conflit à grande échelle – l’armée n’a pas utilisé ce plan.

Au lieu de cela, la guerre s’est déroulée dans les airs mais aussi progressivement sur le terrain. L’objectif, comme le nom de la nouvelle opération l’a révélé, n’était pas de prendre du terrain, mais de porter un coup psychologique et dissuasif au Hezbollah.

L’organisation, qui avait une fois déclaré que l’entité sioniste au Moyen-Orient avait le pouvoir d’une toile d’araignée, apprendrait au cours de l’opération Toile d’acier, qu’il était imprudent de kidnapper des soldats israéliens.

Aujourd’hui encore, nous entendons parler de ce que le Hamas doit apprendre de cette guerre asymétrique.

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré mardi, après une réunion de travail avec les officiers de la Brigade de Gaza, que l’opération Défense Protectrice – espérons que l’on change bientôt l’équipe qui choisit ces noms – continuera jusqu’à ce que le Hamas « comprenne que nos citoyens et nos soldats ne doivent pas être des cibles ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi que « l’opération se développera et se poursuivra jusqu’à ce que les tirs de roquettes sur nos villes s’arrête et qu’on revienne au calme ».

Aucun de ces objectifs ne sera atteint. Les ennemis d’Israël qui pratiquent le terrorisme, sont dévoués à se suicider, à ne jamais hisser un drapeau blanc, et, comme l’a dit récemment le général Amir Eshel, commandant de l’armée de l’air, « ils tireront toujours la dernière salve ».

Au lieu de cela, le vrai objectif d’Israël est d’infliger des dégâts au Hamas et de rétablir sa dissuasion. « Couper la tête du serpent », comme le dit le député du Shas Aryeh Deri revient à laisser à Israël soit des alternatives ressemblant à l’Etat Islamique en Orient et au Levant, ou alors à prendre soin de près de deux millions de Palestiniens.

Faire monter lentement l’intensité de la campagne pendant des semaines, comme ce fut le cas lors de la Seconde Guerre du Liban qui a duré 34 jours, provoquera à la fois l’indignation internationale et manquera, peut-être, comme la grenouille dans la marmite d’eau bouillante, d’impressionner le Hamas.

Yaalon, qui aurait pris l’avion de Washington pour Israël au cours de l’été 2006 afin de transmettre un message très similaire au haut commandant de l’armée à l’époque, est bien conscient de cela. Comme l’est son patron. On parle d’une campagne laborieuse, comme cela a été le cas depuis le 12 juin avec le kidnapping et l’assassinat des trois adolescents israéliens. C’est aussi un message à l’opinion publique israélienne.

Yaalon et Netanyahu, qui sont tous les deux des hommes prudents, peuvent toujours appeler l’infanterie et les blindés en action. Après tout, cette opération, contrairement aux autres, en janvier 2009 et novembre 2012, a commencé à l’initiative du Hamas et était, par conséquent, dépourvue d’un blitz israélien initial.

Mais elle devra être de courte durée et son objectif n’aura probablement rien à voir avec un quelconque « manque de compréhension » du Hamas. Sans aucun doute, cette opération devra être dépourvue d’une quelconque anticipation de voir un drapeau blanc flotter sur la bande de Gaza.