11 ministres des Finances appellent au respect du cessez-le-feu
L'appel, soutenu par des pays de l’UE, l’Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande, a été initié par Londres ; selon Rachel Reeves, "il faut éviter les réactions impulsives pour limiter les coûts pour les ménages"

Sous l’impulsion du Royaume-Uni, les ministres des Finances de onze pays ont appelé mercredi les États-Unis, Israël et l’Iran à respecter pleinement leur cessez-le-feu, affirmant que le conflit pèserait sur l’économie mondiale et les marchés, même s’il venait à être résolu rapidement.
Ce communiqué conjoint, signé par les ministres des Finances de l’Australie, du Japon, de la Suède, des Pays-Bas, de la Finlande, de l’Espagne, de la Norvège, de l’Irlande, de la Pologne et de la Nouvelle-Zélande, ainsi que par le Royaume-Uni, a été rédigé au lendemain de la révision à la baisse par le Fonds monétaire international (FMI) de ses prévisions de croissance économique mondiale, en raison de la guerre.
Le communiqué appelle « toutes les parties » à respecter pleinement le cessez-le-feu conclu plus tôt ce mois-ci et souligne que la guerre a causé des pertes humaines inacceptables.
« Une reprise des hostilités, une extension du conflit ou la poursuite des perturbations dans le détroit d’Ormuz feraient peser de graves risques supplémentaires sur la sécurité énergétique mondiale, les chaînes d’approvisionnement, ainsi que sur la stabilité économique et financière », ont-ils souligné.
Le détroit, que l’Iran a commencé à bloquer dès le début de la guerre, est une voie d’approvisionnement essentielle pour le pétrole mondial.
« Même en cas de résolution durable du conflit, les répercussions sur la croissance, l’inflation et les marchés persisteront », poursuit le communiqué publié par le gouvernement britannique à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington.
Ce communiqué a été publié alors que des informations faisaient état de progrès dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran concernant la prolongation du cessez-le-feu et la recherche d’une issue possible à la guerre. Le cessez-le-feu actuel, d’une durée de deux semaines, doit prendre fin le 22 avril.
La ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, qui a qualifié cette semaine de « folie » la stratégie américaine dans le conflit en Iran, a réitéré ses appels à la fin de la guerre, que Londres n’a pas soutenue.
« Un cessez-le-feu durable et faire en sorte d’éviter les réactions impulsives sont essentiels pour limiter les coûts pour les ménages », a-t-elle déclaré mercredi dans un communiqué.
Mardi, Donald Trump a poursuivi ses critiques à l’encontre du gouvernement britannique pour son refus de soutenir la guerre contre la République islamique d’Iran et a déclaré que l’accord commercial entre les deux pays « pouvait toujours être modifié ».
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré mercredi qu’il ne céderait pas aux pressions de Trump pour qu’il rejoigne le conflit.
Lors d’un événement organisé par CNBC à Washington, Reeves a assuré que les divergences entre le Royaume-Uni et les États-Unis sur ce conflit ne compromettraient pas les relations à long-terme entre les deux pays.
« Les amis ont le droit d’être en désaccord sur certaines choses », a déclaré Reeves.
Plus généralement, conscients de l’augmentation considérable de la dette publique pour venir en aide aux ménages et aux entreprises pendant la pandémie de COVID-19, puis après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, les ministres se sont engagés à faire preuve de responsabilité budgétaire pour toute nouvelle aide, qui serait ciblée sur les personnes les plus dans le besoin.
« Nous nous engageons à éviter, et appelons tous les pays à éviter, les mesures protectionnistes, y compris les contrôles à l’exportation injustifiés, la constitution de stocks et d’autres barrières commerciales dans les chaînes d’approvisionnement en hydrocarbures et autres touchées par la crise », ont-ils déclaré.
Ils ont également exprimé leur soutien à l’Ukraine et appelé à maintenir la pression sur la Russie.
« Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à l’Ukraine et notre détermination à maintenir la pression économique sur la Russie », indique le communiqué.
« La guerre menée par la Russie en Ukraine, qui en est désormais à sa cinquième année, continue d’avoir un impact négatif sur l’économie mondiale. La Russie ne doit pas tirer profit de ce conflit. Dès que les conditions du marché le permettront, et afin d’éviter d’aggraver les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les prix de l’énergie, nous continuerons à collaborer pour trouver des moyens d’accroître la pression. »







