150 M de shekels pour la lutte contre la violence dans les communautés arabes
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150 M de shekels pour la lutte contre la violence dans les communautés arabes

Les députés arabes et des organisations ont jugé le plan insuffisant, ayant espéré des milliards ; 21 Arabes sont morts dans des circonstances violentes depuis le début de 2021

Des policiers interpellent un manifestant à Umm al-Fahm, le 26 février 2021. (Capture d'écran : Twitter)
Des policiers interpellent un manifestant à Umm al-Fahm, le 26 février 2021. (Capture d'écran : Twitter)

Le gouvernement israélien a approuvé un plan de 150 millions de shekels pour combattre la vague de violence et le crime organisé dans les villes et villages arabes, a annoncé le bureau du Premier ministre lundi soir.

Le plan comprend « la création et la rénovation de cinq postes de police et deux casernes de pompiers, et la création d’une unité spéciale de la police dédiée à la lutte contre le crime dans les communautés arabes », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

Un million de shekels supplémentaire sera alloué à la sensibilisation à la violence dans les communautés arabes. Le ministère de la Sécurité intérieure mènera également deux opérations de collecte d’armes – on estime que 400 000 armes illégales circulent dans les communautés arabes, selon les données publiées par la Knesset.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé les grandes lignes du plan début février, après qu’un jeune étudiant infirmier arabe a été tué dans une fusillade entre policiers et criminels.

La mort d’Ahmad Hejazi, 24 ans, a contribué à déclencher une vague de protestation contre ce que les Arabes israéliens appellent l’incapacité de la police israélienne à réprimer la violence dans leurs communautés.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Santé Yuli Edelstein (à droite) lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, le 24 février 2021. (Crédit : Amos Ben Gershon / GPO)

Mais la proposition de Netanyahu a été vivement critiquée par les députés arabes et les organisations de sociétés civiques, qui considèrent que c’est « trop peu, trop tard », pour reprendre les mets d’une organisation anti-violence.

« Le plan gouvernemental autorisé par Netanyahu est un mauvais plan, qui ne résoudra rien du crime et de la violence dans la société arabe. Son unique objectif est d’obtenir des votes », a accusé le député Sami Abou Shehadeh, qui dirige la faction palestinienne Balad, membre de la Liste arabe unie, après l’autorisation du plan lundi soir.

Les Arabes israéliens ont assisté à une augmentation stupéfiante de la violence dans leurs communautés au cours des dernières années, le taux d’homicide ayant atteint un triste record de 96 victimes l’année dernière. Beaucoup accusent la police de ne pas résoudre les meurtres ou de ne pas sévir contre le crime organisé dans leurs villes et villages.

Depuis le début de l’année 2021, 21 Arabes ont été tués dans des circonstances violentes en Israël : 15 citoyens arabes israéliens, quatre résidents palestiniens de Jérusalem-Est et deux résidents palestiniens de Cisjordanie. Trois d’entre eux ont été tués lors d’affrontements violents avec la police, tandis que les autres ont été tués lors de violences au sein de la communauté arabe.

L’adoption d’un plan de secours majeur pour lutter contre le problème a été une priorité centrale pour les législateurs arabes, qui avaient ouvertement espéré que des milliards de shekels soient alloués à cette question. Mais le plan de Netanyahu ne promettait que 100 millions de shekels, associés à une promesse de suivi d’un plan plus important à une date ultérieure, bien qu’un autre 50 millions de shekels ait été budgété par la suite.

« Netanyahu nous offre un pansement », avait déclaré le président de la Liste commune, Ayman Odeh, lors de la révélation du plan au début du mois de février, ajoutant qu’il « est impossible de résoudre une décennie de négligence avec 100 millions de shekels. »

Des chefs de communautés arabes et des membres de la Knesset organisent une manifestation contre le manque d’implication de la police israélienne dans les violences et les meurtres dans les villes et villages arabes et bédouins d’Israël, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 6 mai 2018. Le député Ayman Odeh, leader de la Liste arabe unie, est à l’avant gauche. (Hadas Parush/Flash90)

Une décision du gouvernement de 2016 pour lutter contre le crime organisé dans les communautés arabes avait prévu un budget de 2 milliards de shekels sur quatre ans.

L’organisation à but non lucratif Abraham Initiatives, qui a beaucoup travaillé sur les relations entre la police israélienne et les Israéliens arabes, a jugé ce plan insuffisant.

« Les seules mesures pratiques proposées dans le plan, centrées sur la création de trois nouveaux postes de police, n’apportent tout simplement pas de solution à elles seules », a déclaré l’organisation.

« L’accent mis sur les postes de police – que ce soit dans leur création ou leur rénovation – n’est pas suffisant, car la vague de criminalité dans la société arabe exige une réponse beaucoup plus large », a ajouté l’organisation à but non lucratif.

Une vague de manifestations d’Israéliens arabes contre la supposée négligence policière a mis la question au premier plan ces dernières semaines. Suite à la mort par balle de Hejazi, une manifestation de 10 000 personnes s’est tenue à Tamra début février.

Umm al-Fahm, une ville du centre d’Israël arabe, a été le théâtre de protestation, pendant des semaines, à la suite de la mort par balle d’un résident, Mohammad Aghbarieh, qui a été tué alors qu’il rentrait chez lui après avoir participé à une manifestation contre la violence et a été dispersé par la violence.

Illustration : Des personnes protestent contre la montée de la violence dans les communautés arabes à Umm al-Fahm, le 5 février 2021. (Autorisation/ Kumi Yisrael)

Vendredi, une autre manifestation à Umm al-Fahm contre la violence et l’incapacité de la police à la réprimer a été violemment dispersée par la police. La police a utilisé des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes pour disperser ce qu’elle a appelé une émeute. Les manifestants affirment qu’ils manifestaient pacifiquement.

Les médecins ont déclaré qu’au moins 35 manifestants ont été blessés lors de la manifestation de vendredi, dont le membre de la Liste arabe unie Yousef Jabareen. Jabareen a été frappé dans le dos par une balle en caoutchouc pendant la manifestation ; le législateur a été transporté d’urgence dans un hôpital local et a reçu son congé plus tard dans la soirée.

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