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16 Bédouins inculpés suite aux émeutes dans le Neguev

Les suspects sont accusés d'avoir lancé des pierres sur des policiers, d'avoir mis le feu à des pneus, d'avoir bloqué des routes et d'avoir agressé des civils ; trois sont mineurs

Des manifestants bédouins et des forces israéliennes s'affrontent lors d'une manifestation dans le village de Sawe al-Atrash, dans le sud d'Israël, dans le désert du Neguev, contre un projet de reboisement du Fonds national juif (FNJ), le 13 janvier 2022. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)
Des manifestants bédouins et des forces israéliennes s'affrontent lors d'une manifestation dans le village de Sawe al-Atrash, dans le sud d'Israël, dans le désert du Neguev, contre un projet de reboisement du Fonds national juif (FNJ), le 13 janvier 2022. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

Les procureurs de l’État ont déposé jeudi des actes d’accusation contre 16 résidents bédouins du sud d’Israël pour des émeutes survenues la semaine dernière lors de manifestations contre un projet controversé de boisement.

Les suspects – dont trois sont âgés de 17 ans – ont été accusés d’avoir jeté des pierres sur des policiers pendant le projet controversé de plantation d’arbres mené par le Fonds national juif (JNF-KKL). Certains d’entre eux ont également été accusés d’avoir mis le feu à des pneus, bloqué des routes et lancé des pierres sur des voitures civiles.

« Leurs actions montrent leur dangerosité, leur audace, leur absence de crainte de la loi », ont déclaré les procureurs dans une demande au tribunal de prolonger la détention provisoire des suspects jusqu’à la fin des procédures judiciaires.

Les infractions énumérées dans les actes d’accusation – déposés au tribunal de première instance de Beer Sheva – comprenaient notamment des émeutes, le fait de perturber un agent de police dans des circonstances aggravantes, des actes d’imprudence et de négligence.

Les manifestations de la semaine dernière ont eu lieu en raison des travaux de boisement du gouvernement qui, selon les Bédouins, empiètent sur leurs terres non reconnues. Depuis vendredi dernier, aucun affrontement n’a eu lieu dans la région. Les travaux de boisement ont pris fin mercredi dernier.

Par ailleurs, l’agence de sécurité Shin Bet a confirmé qu’elle avait été chargée d’enquêter sur plusieurs incidents violents survenus pendant les manifestations.

Jeunes Bédouins lors d’une manifestation contre la plantation d’arbres par le Fonds national juif, à l’extérieur du village bédouin d’al-Atrash dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël, le 13 janvier 2022 (Crédit : Jamal Awad/Flash90).

Trois affaires ont été examinées en tant qu’ « actes terroristes » potentiels avec un motif nationaliste : une attaque contre un agent de sécurité à Tel Sheva, l’incendie de la voiture d’un journaliste à Segev Shalom, et le dépôt de pierres sur les voies ferrées menant à Beer Sheva, obligeant un train de passagers à s’arrêter d’urgence.

Les actes d’accusation de jeudi n’incluaient pas de suspects.

Les Bédouins du Neguev entretiennent des relations conflictuelles avec l’État. Pendant des décennies, le gouvernement a cherché à les déplacer dans des villes reconnues et planifiées, mais beaucoup vivent encore dans une constellation de hameaux illégaux qui s’étendent dans le désert du sud d’Israël.

Les Bédouins accusent le JNF-KKL de chercher à les déplacer, mais l’organisation affirme qu’elle ne fait que répondre à une demande d’autres organismes gouvernementaux sur des terres publiques. Le JNF-KKL travaille dans tout Israël sur des projets de nature et de conservation, mais certains accusent l’organisation d’avoir un programme politique.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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