2 000 pèlerins seraient déjà à Ouman avant les discussions du cabinet
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2 000 pèlerins seraient déjà à Ouman avant les discussions du cabinet

Gamzu appelle l'Autorité de l'aviation civile à cesser ces vols "fous", disant qu'Israël risque le confinement si les fidèles se rendent en Ukraine pour Rosh HaShana

Photo d'illustration : Des hommes ultra-orthodoxes prient dans les rues d'Ouman, en Ukraine, pendant la fête juive de Rosh HaShana, le 4 septembre 2013. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)
Photo d'illustration : Des hommes ultra-orthodoxes prient dans les rues d'Ouman, en Ukraine, pendant la fête juive de Rosh HaShana, le 4 septembre 2013. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Un responsable de la Santé a indiqué dimanche que 2 000 personnes se trouveraient d’ores et déjà en Ukraine pour le pèlerinage de Rosh HaShana sur la tombe d’un éminent rabbin hassidique, malgré les tentatives d’empêcher cet événement annuel en raison de la pandémie de coronavirus.

Le responsable qui n’a pas été identifié a dit à la Douzième chaîne que les pèlerins hassidiques avaient commencé à partir dans le pays avant même les discussions prévues dimanche au sein du cabinet dit « du coronavirus », des discussions qui pourraient déboucher sur une interdiction de se rendre à cette fête.

Il est impossible de dire comment ce responsable a pu atteindre le chiffre de deux mille personnes, ou si ces deux mille personnes viennent toutes d’Israël.

Israël et l’Ukraine ont appelé les Israéliens à ne pas aller à Ouman, le mois prochain, pour le pèlerinage annuel de Rosh HaShana en raison de la pandémie en cours, mais Kiev n’a, pour sa part, pas bloqué entièrement cette option.

Des ultra-orthodoxes allument la bougie de la « Havdalah » qui marque la fin du Shabbat juif dans une synagogue d’Ouman, en Ukraine, pendant la fête juive de Rosh HaShana, le 7 septembre 2013. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Les préoccupations sont fortes sur le fait que les pèlerins ne trouvent des parcours alternatifs pour se rendre sur le site en cas d’annulation des vols directs.

Lors des années précédentes, environ 30 000 pèlerins, majoritairement venus d’Israël, s’étaient réunis pour fêter la nouvelle année juive à Ouman, la ville où se trouve la tombe de Rabbi Nachman, chef spirituel du 18è siècle et fondateur du mouvement hassidique de Bratslav.

Le professeur Ronni Gamzu évoque les taux de contamination, le 16 août 2020. (Capture d’écran/Ynet)

Cette année, Rosh HaShana commence dans la soirée du 18 septembre.

L’homme fort de la lutte contre le coronavirus en Israël a expliqué samedi que selon lui, « il n’y aura pas de vols pour Ouman. Point final ».

Ronni Gamzu aurait déclaré que les pèlerins se rendant sur le site ukrainien risquaient d’entraîner la nécessité de réimposer un confinement national au sein de l’Etat juif, notant que le pèlerinage n’est pas « une grande fête, il n’est pas sacré ».

Il a ajouté que la responsabilité en incombait dorénavant à l’Autorité de l’Aviation civile qui, a-t-il affirmé, devait mettre un terme à « cette folie ».

Gamzu a supplié le président ukrainien Volodymyr Zelensky d’empêcher ce rassemblement de masse dans la journée de vendredi.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’exprime devant le parlement de Kiev, en Ukraine, le 4 mars 2020 (Crédit : AP Photo/Efrem Lukatsky)

« Je voudrais exprimer mon inquiétude de ce que l’organisation de deux semaines de célébrations intenses au coeur de la ville d’Ouman – où des dizaines de milliers de personnes seront réunies dans des conditions de surpeuplement – aura immanquablement des implications à court-terme et à long-terme, que ce soit pour la communauté locale d’Ouman et au-delà, ainsi que pour l’Etat d’Israël », a écrit Gamzu dans un courrier adressé à Zelensky.

« Comme vous en avez sûrement connaissance, Israël est encore aux prises avec un taux quotidien relativement élevé de personnes infectées par le coronavirus », a ajouté Gamzu dans sa missive. « Malgré les mesures sévères prises par le gouvernement, les taux d’infection restent élevés avec une prévalence particulièrement forte de la maladie au sein des communautés ultra-orthodoxes ».

« Un rassemblement de ce type, à un moment aussi troublé, risque de générer des contaminations en masse des touristes et des résidents ukrainiens, ce qui se transformerait en un lourd fardeau pour les systèmes médicaux locaux tandis que des milliers de personnes de plus reviendront en Israël, aidant à répandre davantage le virus », a-t-il continué.

Les pèlerins hassidiques prient près du lieu de sépulture de Rebbe Nachman de Breslov à Uman, en Ukraine, le 14 septembre 2015 (Crédit : Brendan Hoffman / Getty Images)

Le ministre du Logement Yaakov Litzman, issu du parti ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah, a répondu à Gamzu, disant qu’il est « nécessaire de comprendre la douleur éventuelle des pèlerins et il faut écouter leur demande légitime ».

Selon la Douzième chaîne, Litzman a indiqué que la régulation des vols serait « une gifle au visage de dizaine de milliers de fidèles de Bratslav ».

Le nouveau ministre du Logement et ancien ministre de la Santé Yaakov Litzman, lors de sa cérémonie d’investiture au ministère du Logement à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Olivier FitoussiFlash90)

Le mois dernier, le grand-rabbin ukrainien, Yaakov Dov Bleich, avait déclaré que le gouvernement avait accepté de laisser au moins 5 000 personnes venir au pèlerinage. Un quota qui pourrait s’élever jusqu’à 8 000, avait-il ajouté, mais il faudrait que les pèlerins portent le masque dans les endroits fréquentés et s’abstiennent de se rassembler à plus de 30 personnes.

Les responsables israéliens de la santé sont « nerveux » au sujet de ce qui pourrait arriver au retour des pèlerins, avait dit Bleich.

Dimanche matin, il y avait 22 022 cas actifs de la COVID-19 en Israël. Il y a eu 825 décès des suites de la maladie au sein de l’Etat juif depuis le début de la pandémie.

Il y a, en Ukraine, presque 40 000 cas actifs de la maladie, qui a fait plus de 2 200 morts dans le pays.

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