20 nouvelles réserves naturelles et parcs nationaux créés en 2019
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20 nouvelles réserves naturelles et parcs nationaux créés en 2019

Mais dans son rapport de fin d'année, l'Autorité de la nature et des parcs dit que l'absence de gouvernement laisse dans le flou son financement et ses plans 2020

Un bouquetin et un Rufipenne de Tristram sur les rochers d'Ein Gedi (Crédit : Shmuel Bar-Am)
Un bouquetin et un Rufipenne de Tristram sur les rochers d'Ein Gedi (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Ce sont 20 réserves naturelles et parcs nationaux qui ont été déclarés au cours de l’année dernière, un chiffre record depuis 50 ans, a annoncé l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA) dans son rapport de fin d’année.

Mais sans gouvernement en place – le troisième scrutin en un an aura lieu au mois de mars – c’est l’incertitude qui règne sur les financements nécessaires pour ces projets et d’autres qui seront mis en place l’année prochaine, a expliqué le directeur de l’Autorité Shaul Goldstein mardi, lors d’une allocution de fin d’année faite devant les journalistes. Il doit rencontrer des responsables du ministère des Finances, la semaine prochaine.

L’Autorité israélienne de la nature et des parcs est une agence gouvernementale chargée de la préservation de la nature, des paysages et du patrimoine. Elle dirige les parcs nationaux – habituellement autour des sites archéologiques et de patrimoine – ainsi que les réserves naturelles.

Shaul Goldstein, le directeur de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs devant l’auditorium en plein air à Massada, le 19 mars 2019. (Crédit : Johanna Chisholm/Times of Israel)

Au cours de l’année passée, l’Autorité a accepté la prise en charge de la plus grande partie des chemins de randonnée du pays auprès de divers  ministères, et s’est concentrée davantage sur le lien à établir entre les Israéliens et la nature que sur la nature elle-même, a expliqué Goldstein.

Ce qui a compris le lancement de travaux permettant de garantir que les randonneurs ont bien accès, sur les itinéraires et sur les sites de camping, à l’eau ; le réexamen et la clarification des directives sur l’utilisation des réchauds de camping et des barbecues, ainsi que sur la cueillette d’herbes sauvages ; la mise en place de sites de campement supplémentaires ; une coopération avec le ministère des Transports pour fournir davantage de transports publics dans les zones plus reculées ; et l’introduction de nouvelles signalétiques concernant chaque sentier de randonnée.

De plus, un nouveau Pass INPA-Israel peut dorénavant être acheté à l’aéroport Ben-Gurion et à l’aéroport Ramon, situé aux abords d’Eilat.

Des Israéliens font du camping aux abords de Beit Shean, dans le nord d’Israël (Crédit : Tomer Neuberg/Flash 90)

Les installations ont été améliorées sur plusieurs sites de camping – avec notamment des espaces de prière et des rouleaux de Torah pour les Juifs respectant le Shabbat tout en restant ouverts au grand public, a continué Goldstein. Et, pour rendre les campements plus accessibles, l’Autorité offre maintenant davantage de services en ligne, dont la réservation de tentes, de matelas ou de bois pour faire du feu. Et l’Autorité explore actuellement les implications juridiques de l’interdiction du plastique à usage unique sur les sites qui lui appartiennent.

Il y a eu, pendant toute l’année 2019, 13 251 258 personnes qui se sont rendues dans les parcs et les réserves naturelles placées sous l’autorité de l’INPA, ce qui représente une hausse de 5 % par rapport à l’année 2018 – une augmentation principalement due à la visite de touristes venus de l’étranger.

Des touristes se retrouvent à Massada, le 11 juillet 2019. (Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

« Aujourd’hui, la majorité des visiteurs viennent individuellement plutôt qu’en groupe », a expliqué Goldstein. « Les touristes venus de l’étranger ne savent pas où se trouvent les zones de tirs ou les secteurs qui peuvent subir des inondations subites. Ils ne réalisent pas ce qu’il peut se passer et qu’il faut se munir de trois à quatre litres d’eau lorsqu’on va dans le désert. Nous voulons mettre en place une situation où tous les visiteurs seront en sécurité et conscients de ce qu’ils entreprennent », a-t-il ajouté.

L’année dernière, 14 personnes ont perdu la vie alors qu’elles effectuaient une randonnée – contre 11 l’année précédente. Parmi les raisons de ces décès, des noyades survenues dans des endroits interdits à la baignade, des chutes, des suicides, des morts entraînées par la déshydratation et des accidents d’engins à moteur. L’Autorité, pour sa part, a participé à 479 opérations de secours.

Photo d’illustration : Des Israéliens nagent dans le parc national Gan HaShlosha, dans le nord d’Israël, le 9 septembre 2017 (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Pour les touristes venus de l’étranger, les sites les plus populaires, dans l’ordre décroissant, ont été Masada, Césarée, Qumran, près de la mer Morte, Banias et Ein Gedi. Et pour les Israéliens, les cinq premiers au classement ont été Césarée, Ashkelon, Banias, le parc de Sachne (Gan Hashlosha) et Yarkon-Tel Afeq.

Goldstein a aussi révélé que grâce à la création d’une unité maritime spéciale au mois de mai de l’année dernière et à l’émission de permis de pêche à grande échelle, la pêche illégale avait chuté de manière spectaculaire.

Les terres brûlées en hausse de presque 250 %

Goldstein a indiqué qu’une hausse de presque 250 % des terres brûlées par des incendies cette année (soit environ 6 700 hectares) était due à des exercices militaires ou à des départs de feu volontaires. La superficie des terres brûlées, dans la région de Gaza, a diminué de moitié par rapport à 2018.

Une gazelle acacia mâle avec le nouveau faon (Crédit : Eran Hyams, Autorité de la Nature et des parcs)

Concernant la faune sauvage, Goldstein a noté que les populations de gazelles de Palestine et de gazelles dorcas, dans le désert, restaient stables – avec respectivement 4 212 et 1 435 individus. Les gazelles acacias sont passées en un an de 22 à 31 individus.

Concernant les oiseaux prédateurs, onze vautours sont nés dans le cadre d’un programme d’élevage particulier. Toutefois, huit d’entre eux sont morts après avoir été empoisonnés sur le plateau du Golan.

Les carcasses de huit vautours retrouvées sur le plateau du Golan, le 10 mai 2019 (Crédit : Autorité israélienne de la nature et des parcs)

Le service de secours des tortues de mer, pour sa part, a secouru 144 tortues blessées pendant l’année, dont 75 ont guéri et sont retournées dans leur habitat naturel.

Le docteur Yaniv Levy, directeur du centre national de secours des tortues de mer de Mikhmoret, brandit un sac de construction en plastique susceptible de s’entremêler autour des tortues de mer au large, le 17 décembre 2019 (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Le directeur du centre, le docteur Yaniv Levy, a indiqué aux journalistes que certaines tortues arrivaient blessées à la tête en raison des bateaux ou des planches de windsurf, mais qu’une cause majeure des accidents était les sacs en plastique dans lesquels s’enchevêtrent les tortues et qui peuvent entraîner l’amputation des nageoires.

Durant la saison de ponte, 231 nids ont été identifiés le long de la côte.

Une tortue de mer appelée « Hofesh », qui veut dire « liberté » en hébreu, se fait poser une prothèse de nageoire au centre de secours des tortues de mer de Michmoret, en Israël, en 2014 (Crédit : AP/Ariel Schalit)

Malgré les inquiétudes budgétaires, un nombre record de parcs nationaux créés

Les 20 nouveaux parcs nationaux et réserves naturelles déclarés en 2019 couvrent une surface d’environ 25 000 hectares. Les déclarations, qui déterminent l’usage de la terre, marquent la fin de plusieurs années de consultations avec les ministères du gouvernement et d’acquisition des permis nécessaires.

Parmi les nouvelles additions faites à la liste d’environ 400 réserves et 100 parcs de l’INPA, une réserve qui suit le lit du Meitzar, un cours d’eau qui dévale du sud du plateau du Golan vers la vallée de Yarmuk. Pendant l’hiver, il offre le panorama d’une cascade haute de neuf mètres qui vient remplir un bassin jusqu’à la fin de l’été. Le périmètre accueille un grand nombre de mammifères et d’oiseaux ainsi que des sangliers, des daims, des aigles et des vautours.

La réserve naturelle de Meitzar sur le plateau du Golan (Crédit : Amir Tal, Autorité israélienne de la nature et des parcs)

La réserve marine de Rosh Hanikra-Achziv, qui fait presque 11 000 hectares, s’étale sur une bande de 15 kilomètres sur la mer Méditerranée parallèle à la côte israélienne la plus au nord, et elle atteint une profondeur de 1 000 mètres ou plus. Combinant plusieurs habitats, elle comprend des grottes souterraines, du grès formé à partir de dunes de sable fossilisé et une zone d’élevage riche en espèces de poissons.

Une raie nage dans la mer méditerranée, près de Rosh Hanikra dans le nord d’Israël (Crédit :Omri Yossef Omessi, Autorité de la nature et des parcs israélienne)

La réserve naturelle du mont Tabor, en Basse-Galilée, a été élargie et elle couvre dorénavant 2 266 hectares. Une partie de la rivière Tabor coule toute l’année, grâce à la source d’Ein Shahal. L’été, la flore, telle que les anémones et les lupins bleus, s’épanouit en abondance entre les pistachiers, les amandiers et les pruniers.

La réserve naturelle du mont Tabor (Crédit : Nimrod Mandel, Autorité de la nature et des parcs israélienne)

Dans le sud du pays, une nouvelle réserve située au petit cratère de Ramon (moins de 4 000 hectares) offre une variété sidérante de couleurs de rochers – blancs ou gris, marrons, rouge ou pourpres selon leurs contenus en oxyde de fer.

Le cratère, l’un des cinq d’Israël, relie les populations de daim des déserts du Jourdain et du centre du Negev et abrite également les nids de rares vautours et autres oiseaux de proie actuellement menacés d’extinction. Déjà populaire parmi les marcheurs, elle comprend également une partie du chemin de randonnées d’Israël du nord vers le sud.

La petite réserve du cratère de Ramon dans le sud d’Israël (Crédit : Autorité de la nature et des parcs israélienne)

Une cinquième réserve, qui couvre 1 618 hectares des collines de Samarie, est un paradis pour les botanistes au printemps – son habitat ouvert accueillant une profusion d’herbacés comme les jonquilles, les scilles maritimes, les asphodèles, les cyclamens et les crocus. Dans un état relativement vierge en raison de son statut de zone de tirs militaires (l’entrée ne se fait qu’avec une coordination anticipée), elle fournit également un habitat aux daims, aux renards, aux cailles, aux monticoles merle-bleu et autres oiseaux.

Panorama d’une nouvelle réserve naturelle dans les collines de Samarie (Crédit : Dr Yariv Malihi, Autorité israélienne de la nature et des parcs)
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