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2e semaine de mobilisation du secteur high-tech contre les réformes judiciaires

Des centaines de travailleurs du secteur technologique ont manifesté pour la 2e semaine consécutive ; Netanyahu accuse ses rivaux politiques de vouloir nuire à l'économie

Des employés du secteur de la high-tech défilant pour protester contre le projet de remaniement du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 31 janvier 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des employés du secteur de la high-tech défilant pour protester contre le projet de remaniement du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 31 janvier 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Pour la deuxième semaine consécutive, des centaines de travailleurs du secteur technologique ont organisé une courte grève, et manifesté à 16 endroits mardi, dont Tel Aviv, Jérusalem, Netanya et Haïfa, pour protester contre les plans controversés du gouvernement concernant la refonte du système judiciaire.

Les manifestants se sont rassemblés à divers endroits, notamment au complexe Sarona à Tel Aviv, dans un complexe technologique à Herzliya, au parc d’affaires Airport City et à l’université de Haïfa. Un grand nombre de manifestants arboraient des drapeaux israéliens.

Outre les pancartes en hébreu de la semaine dernière, sur lesquelles on pouvait lire « Sans démocratie, pas de high-tech » et « Pas de liberté, pas de high-tech », se sont ajoutées cette semaine de grandes pancartes en anglais sur lesquelles était écrit : “Save our startup nation” [« Sauvez notre nation startup”] et “No balances – no checks” [« Sans poids – pas de contrepoids »].

Pendant la manifestation, les manifestants se trouvant au complexe Sarona de Tel Aviv ont rejoint la rue Kaplan, très fréquentée, où ils ont brièvement tenté de bloquer la circulation et se sont heurtés à la police.

Le projet de refonte a suscité de vives critiques, même de la part des partisans de longue date de la réforme judiciaire. Chaque semaine, d’importantes manifestations ont lieu et des requêtes publiques ont été lancées par divers fonctionnaires, professionnels, entreprises privées et autres organismes.

Les entreprises, les investisseurs et les sociétés commerciales israéliennes ont redoublé d’efforts pour faire part de leurs préoccupations en ce qui concerne le projet de réforme judiciaire. Ce projet, selon eux, constitue une menace pour la démocratie et nuira à l’industrie technologique locale florissante. Beaucoup craignent que l’affaiblissement du système judiciaire ne crée un climat d’incertitude qui réduira les chances des investisseurs étrangers d’injecter des fonds dans les entreprises du pays. Cela pourrait à son tour pousser les entreprises locales et internationales à quitter le pays.

Pendant que se tenaient les manifestations, l’ancienne présidente de la Cour suprême, Dorit Beinisch, s’est exprimée sur les enjeux d’un éventuel remaniement judiciaire, lors de la conférence Cybertech Global 2023 à Tel-Aviv,

« Un pouvoir judiciaire indépendant – c’est ce qui est nécessaire dans un État démocratique et c’est ce que nous défendons », a déclaré Beinisch lors d’un débat avec Assaf Rappaport, PDG et cofondateur de la société israélienne de cybersécurité Wiz.

Assaf Rappaport (à gauche), cofondateur et PDG de Wiz, discute de la réforme du système judiciaire avec Dorit Beinisch, ancien président de la Cour suprême, lors de la conférence Cybertech à Tel Aviv, le 31 janvier 2023. (Crédit : Gilad Kavalerchik)

« Bien que nous partagions les mêmes valeurs que de nombreux États démocratiques, nous avons développé un système juridique différent. Nous n’avons pas de constitution, nous n’avons pas d’institutions qui protègent notre démocratie, à l’exception de la Cour suprême », a expliqué Beinisch. « Qu’est-ce qu’une démocratie ? La séparation des pouvoirs, l’équilibre des pouvoirs, la protection des droits de l’homme – et c’est ce que défend la Cour. »

Si les changements judiciaires étaient adoptés, a déclaré Beinisch, les juges pourraient éprouver le besoin de courtiser les politiques afin d’être promus à une instance supérieure.

« Quels objectifs et quelles valeurs protégeront-ils ? », s’est-elle interrogée. « Nous sommes une cour apolitique… les valeurs communes que nous partageons sont pluralistes – et c’est ce qui est aujourd’hui même menacé. »

Intervenant également lors de la conférence, Nadav Zafrir, cofondateur et PDG de la société israélienne de capital-risque en cybersécurité Team8, a évoqué l’importance de la position d’Israël comme « épicentre de la cyber-innovation mondiale. »

« Que devons-nous faire pour nous assurer que cela reste le cas ? Nous devons choisir d’être du bon côté de l’histoire. Nous ne pouvons pas rester sur la touche », a déclaré Zafrir, ancien commandant de l’unité de renseignement 8200 de Tsahal. « Nous avons besoin d’une démocratie forte avec des institutions qui soutiennent la prévisibilité et la stabilité. »

Zafrir a ajouté que Team8 partage les préoccupations de la communauté tech au sujet du remaniement judiciaire et de ses implications possibles pour l’économie et au-delà.

« Nous devons nous rappeler que nous n’avons pas construit cette incroyable nation startup sur une île ; nous l’avons construite ensemble comme un seul État et elle est enracinée dans notre patrimoine, notre culture, notre armée, nos universités et nos entreprises depuis des dizaines d’années », a-t-il déclaré. « Nous devons trouver le moyen de continuer à développer cela ensemble et c’est le moment de se serrer les coudes et de trouver rapidement un moyen d’établir des ponts pour notre économie et l’avenir d’Israël. »

L’inquiétude croissante des investisseurs face aux changements judiciaires a fait chuter dimanche les indices boursiers israéliens de plus de 2 % et a fait baisser le prix des obligations d’État. Le shekel, quant à lui, a perdu 2,9 % de sa valeur par rapport au dollar au cours de la dernière semaine de janvier.

« L’année 2023 a commencé par une hausse des cours des actions à Tel Aviv, similaire à la tendance observée sur les bourses du monde entier. Cette hausse a duré environ deux semaines », selon la Bourse de Tel Aviv dans son rapport mensuel de janvier. « Au cours de la seconde moitié du mois de janvier, en raison de la réforme qui se profile dans le système juridique et de l’inquiétude de son impact sur l’économie israélienne, on a assisté à des baisses du cours des actions de Tel Aviv accompagnées d’un affaiblissement du shekel par rapport au dollar. »

L’indice TA-35 des sociétés blue-chips a augmenté d’environ 3,3 % au cours de la première moitié du mois, pour ensuite baisser d’environ 4,3 % au cours de la seconde moitié. Sur une base mensuelle, l’indice a connu une baisse de 1,1 %, selon les données de la Bourse de Tel Aviv.

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