3 anciens hauts gradés de Tsahal auraient refusé une offre liée à l’annexion
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3 anciens hauts gradés de Tsahal auraient refusé une offre liée à l’annexion

Les trois officiers n'ont pas accepté le poste parce qu'il est très politique et certains ont évoqué des possibles conflits d'intérêts

Le Premier ministre d'alternance et ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une réunion du cabinet du nouveau gouvernement dans la salle Chagall de la Knesset, à Jérusalem, le 24 mai 2020. (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)
Le Premier ministre d'alternance et ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une réunion du cabinet du nouveau gouvernement dans la salle Chagall de la Knesset, à Jérusalem, le 24 mai 2020. (Crédit : ABIR SULTAN / POOL / AFP)

Trois anciens hauts gradés de l’armée auraient tous refusé l’offre du ministre de la Défense Benny Gantz de diriger un quartier général administratif chargé de superviser l’annexion prévue par Israël de certaines zones de la Cisjordanie.

Les généraux à la retraite Roni Numa et Avi Mizrahi ont tous les deux dirigé le Centre de commandement de l’armée israélienne. Le général retraité Yaakov Ayish est un ancien chef du Département des opérations de Tsahal et l’attaché militaire d’Israël auprès des Etats-Unis.

Ils ont tous une grande expérience en Cisjordanie.

Les trois officiers n’ont pas accepté le poste parce qu’il est très politique. Certains généraux ont aussi des liens avec l’industrie de la sécurité à travers d’entreprises privées, ont indiqué les médias. Cela aurait apparemment pu créer un conflit d’intérêts.

Le général à la retraite Avi Mizrahi s’exprime lors d’un meeting de campagne de Kakhol lavan à Tel Aviv le 27 mars 2019. (Gili Yaari /Flash90)

Selon les médias, il n’y a encore aucun quartier général central chargé d’évaluer les conséquences possibles de l’application de la souveraineté.

Dès lors, les médias expliquent qu’il n’y avait aucun travail de fond sur les réactions qui pourraient se produire en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, en Jordanie ou en Egypte.

Alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait pression pour procéder rapidement à l’annexion, Gantz, qui est aussi Premier ministre d’alternance selon l’accord de coalition de gouvernement, serait plus réticent.

Selon l’accord de coalition signé entre Netanyahu et Gantz le mois dernier, le gouvernement peut annexer l’ensemble des implantations et la Vallée du Jourdain – les 30 % de la Cisjordanie réservés à Israël selon le plan de paix proposé par l’administration du président américain Donald Trump – à partir du 1er juillet. L’administration Trump a indiqué qu’elle ne s’opposera pas aux projets annoncés de Netanyahu d’annexer, à condition qu’Israël accepte son plan de « Paix et prospérité ». Ce plan conduirait à la création d’un Etat palestinien sur les 70 % restants du territoire.

Le général Roni Numa, alors chef du Commandement central de Tsahal, à la cérémonie des Soldats Corner au carrefour de Gush Etzion, en Cisjordanie, le 13 décembre 2017. (Gershon Elinson/Flash90)

Des négociations ont été tenues cette semaine entre le Likud de Netanyahu et Kakhol lavan de Gantz. Elles ont permis de révéler les désaccords significatifs entre les partis sur la taille du territoire à annexer, le calendrier d’application de l’annexion, et l’ordre dans lequel il faudrait prendre ces différentes mesures.

Des officiels américains auraient déclaré à Netanyahu que l’administration Trump soutiendra seulement l’extension de la souveraineté israélienne sur les implantations et la vallée du Jourdain si les détails du plan sont acceptés par les deux partis.

Des officiels de Kakhol lavan ont déclaré qu’ils ne peuvent pas présenter de position sur le plan, étant donné que le Premier ministre n’avait pas réussi à en définir un clairement.

Le président des chef d’Etat majors communs Martin Dempsey, gauche, arrivant en Israël et accueilli par le général Yaacov Ayish, attaché la Défense et de Tsahal auprès des Etats-Unis, le 8 juin 2015. (Matty Stern / Ambassade américaine à Tel Aviv)

Les proches de Netanyahu redouteraient que si les partis ne trouvent pas un terrain d’entente rapidement, la Maison Blanche pourrait perdre son intérêt sur le sujet et passer à autre chose.

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