3 suspects inculpés pour la mort d’une soldate lors d’une rave party en 2017
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3 suspects inculpés pour la mort d’une soldate lors d’une rave party en 2017

Les enquêteurs estiment que les organisateurs ont tardé à apporter les soins médicaux nécessaires à Tohar David, parce qu'ils craignaient que la fête ne soit obligée de s'arrêter

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Photo d'illustration d'Israéliens campant lors d'une rave dans la forêt du mont Carmel, le 16 juin 2012 (Crédit : Alana Perino/Flash90)
Photo d'illustration d'Israéliens campant lors d'une rave dans la forêt du mont Carmel, le 16 juin 2012 (Crédit : Alana Perino/Flash90)

La police a fait savoir dimanche qu’une enquête portant sur la mort d’une femme lors d’une rave-party en plein air au cours de laquelle des stupéfiants avaient été consommés était terminée. Des poursuites pénales seront lancées contre ses organisateurs.

La police soupçonne qu’en ayant tardé à faire intervenir des médecins pendant plusieurs heures, les organisateurs ont causé la mort de Tohar David, une soldate israélienne de 20 ans qui a succombé à une crise cardiaque.

Les enquêteurs estiment que les trois suspects dans ce dossier n’ont pas voulu demander de l’aide pour David, qui était en proie à des convulsions et qui bavait fortement, parce qu’ils craignaient que les personnels médicaux ne relatent l’incident à la police qui aurait mis sur le champ un terme à cette fête qui avait lieu sans autorisation, ce qui aurait entraîné des pertes financières.

Le bureau du procureur de l’Etat devrait inculper Leon Bagio, 32 ans, Shlomo Pashral, 38 ans et Omri Hayun, 34 ans. Ils devraient être accusés d’homicide involontaire ou de mort par négligence.

Les trois suspects avaient été arrêtés après la mort de David, puis remis en liberté provisoire. La semaine dernière, les procureurs les ont informés qu’ils rejetaient leurs affirmations d’innocence et qu’ils seront traduits en justice.

David s’était rendue à cette rave organisée dans les bois au nord de Beer Sheva le 5 août 2017. Elle s’était effondrée dans la matinée et n’avait bénéficié d’une assistance médicale que presque cinq heures plus tard. Elle était morte quatre jours après alors qu’elle se trouvait à l’hôpital et les médecins avaient déclaré que sa crise cardiaque avait été à l’origine de son décès.

In this file photo, partygoers take a nap during a nature party in the forest of Mount Carmel. (illustrative photo; photo credit: Alana Perino/Flash90)
Sur cette photo d’illustration, des fêtards font la sieste pendant une rave dans la forêt du mont Carmel (Crédit : Alana Perino/Flash90)

Un ami de David avait admis devant les policiers que tous les deux avaient consommé du LSD lors de la rave. Ce n’est pas la drogue qui aurait toutefois entraîné la mort de la jeune femme.

A environ 6 heures du matin, David s’était effondrée sur la piste de danse et avait eu des spasmes, bavant de la bouche, avaient raconté des témoins oculaires à la police. Elle avait été également blessée à la tête, probablement lors de sa chute.

Après son effondrement, des fêtards avaient administré de la cocaïne à David dans l’espoir que cette drogue aide à la réanimer, avaient ajouté ces témoins.

Bagio and Pashral l’avaient alors placée sur un matelas à l’arrière du pick-up de Bagio où Hayun, qui était alors étudiant en quatrième année de médecine, avait tenté de la ranimer en vain.

Bagio et Pashral avaient pris leur voiture avec l’intention apparente de chercher une aide médicale professionnelle, mais ils avaient rapidement fait demi-tour et ils étaient revenus à la fête. La police soupçonne que cette décision a été prise parce que les trois suspects craignaient d’attirer l’attention sur l’événement qui aurait pu connaître une fin anticipée, ce qui aurait entraîné des pertes financières.

Pendant les quatre heures et demi qui ont suivi, David était restée à l’arrière du pick-up, lors d’une journée particulièrement chaude. Son état s’était encore détérioré et un témoin avait affirmé que les organisateurs avaient refusé son offre d’emmener la jeune femme à l’hôpital.

Un autre témoin avait ajouté avoir vu David, en sueur, convulser dans lepick-up mais que lorsqu’elle avait demandé pourquoi une ambulance n’avait pas été dépêchée à la rescousse, on lui avait dit de ne pas s’inquiéter.

Finalement, après 10 heures 30, David avait été emmenée sur un axe routier principal et une ambulance avait été appelée.

Les services du Magen David Adom avaient indiqué à ce moment-là que la jeune femme n’avait plus de pouls mais qu’ils étaient parvenus à la réanimer avant de l’évacuer vers le centre médical Soroka, près de Beer sheva.

L’hôpital avait estimé que la femme avait subi des lésions cérébrales irréversibles en raison de sa crise cardiaque.

Le centre médical Soroka à Beer Sheva (Crédit : autorisation du centre médical Soroka)

Une autopsie avait permis d’établir que la cause probable de son décès était une crise cardiaque ou un empoisonnement, même si aucune toxine n’avait été retrouvée dans son corps hormis les restes de cocaïne qui lui avaient été donnés. Les personnels médicaux qui l’avaient soigné avaient estimé qu’elle aurait pu survivre si un traitement médical lui avait été donné en temps et en heure.

L’avocat de Pashral a dit dans une déclaration que « malgré tous les regrets et l’immense douleur, vous ne pouvez pas légalement attribuer aux organisateurs de la rave le crime d’homicide involontaire. Lorsque des jeunes gens arrivent à une fête comme celle-ci, qui commence à cinq heures du matin, ils prennent de mauvais hallucinogènes avec de l’alcool et il est indubitable que la défunte avait consommé une drogue appelée acide, et que les organisateurs ne doivent donc pas être tenus pour responsables de ce qui est arrivé ».

« Si quelqu’un a délibérément empêché la défunte d’avoir accès à un traitement ou d’être évacuée, alors il sera pleinement sanctionné. Même si la personne même qui a empêché ces soins est un étudiant en quatrième année de médecine et qu’il pensait réellement qu’il lui venait en aide », a continué le communiqué. « Le client que je représente était un employé lors de cet événement. Il ne savait pas du tout qu’on avait empêché la défunte de bénéficier d’un traitement ou d’être évacuée, s’il y a véritablement eu empêchement, et il ne peut donc pas en être tenu pour responsable ».

Les avocats de Hayun ont déclaré que leur client « était employé lors de la rave comme vendeur de ticket ».

« En tant que tel, il n’avait ni l’autorité, ni la responsabilité en ce qui concerne l’infrastructure logistique en général et les aspects médicaux et d’évacuation en particulier. Dans ces circonstances, nous trouvons étonnant que les procureurs aient l’intention de l’inculper. »

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