4 400 nouveaux logements en prévision dans les implantations
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4 400 nouveaux logements en prévision dans les implantations

La majorité des habitations figurant dans ce plan préparé par le gouvernement seraient construites, après études de planification, dans des implantations isolées

Une vue de l'implantation israélienne de Har Gilo avec, en arrière-plan, le village de Beit Jala, en Cisjordanie. (Crédit :   Abir Sultan/Flash 90)
Une vue de l'implantation israélienne de Har Gilo avec, en arrière-plan, le village de Beit Jala, en Cisjordanie. (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

Après presque huit mois sans s’être rencontrée, l’instance responsable des permis de construire dans les implantations, qui dépend du ministère de la Défense, devrait faire avancer les plans de plus de 4 400 habitations israéliennes en Cisjordanie, dès la semaine prochaine.

La sous-commission à la Haute planification de l’Administration civile se réunira, lundi prochain, pour signer l’approbation finale d’environ 2 500 unités de logement, selon un ordre du jour publié par la commission dans la journée de lundi.

Les autres doivent encore traverser plusieurs stades d’approbation préalables.

La majorité de ces constructions devraient avoir lieu dans ce qui est qualifié d’implantations « isolées » – qui ne font pas partie des blocs qui resteraient sous contrôle de l’Etat juif sous les termes d’un accord de paix.

Les Palestiniens veulent, pour leur futur Etat, pouvoir disposer de la Cisjordanie toute entière – prise par Israël à la Jordanie lors de la guerre des Six jours.

De nouvelles maisons devraient être approuvées à la construction, notamment à Telem, Talmon, Nili, Beit El, Metzad et Nokdim. Les régions qui sont le plus concernées par ces projets de logements sont Geva Binyanim, avec 357 unités, Nili, avec 354 et Beit El, avec 346. 952 autres habitations seront présentées en phase de consultation à Har Gilo.

Le chiffre total de logements qui sera débattu est bien plus important que les 2 000 maisons en moyenne dont la planification a avancé lors de chacune des sessions trimestrielles de l’année 2019 – même si cette différence peut s’expliquer par de longs mois sans rencontres de la commission.

Réagissant à cette approbation prévue, l’organisation La Paix Maintenant a déclaré : « Alors que les citoyens d’Israël souffrent du confinement et de la détresse économique, [le Premier ministre Benjamin Netanyahu] fait la promotion des constructions dans des implantations isolées qu’Israël devra évacuer. »

Le groupe a appelé le ministre de la Défense, Benny Gantz, à opposer son veto à ces constructions envisagées.

Mais l’initiative prise par le ministère de la Défense pourrait finalement s’avérer être, aux yeux de certains observateurs, une manœuvre potentielle de Gantz visant à renforcer ses liens avec les chefs d’implantations, furieux contre Netanyahu qui n’a pas tenu sa promesse de longue date, cet été, d’annexion des implantations.

Netanyahu a convenu, à la place, de suspendre tout projet d’élargissement de la souveraineté de ce type sur certains pans de la Cisjordanie pour pouvoir conclure un accord de normalisation avec les Emirats arabes unis et Bahreïn.

Des bâtiments en construction à Mishor Adumim, une zone industrielle israélienne adjacente à l’implantation israélienne de Maale Adumim, en Cisjordanie, à l’est de Jérusalem, le 16 juin 2020. (Ahmad Gharabli/AFP)

La dernière fois qu’Israël avait promu la construction de logements dans les implantations date du mois de février, lorsque l’Etat juif avait levé les restrictions qui pesaient sur la construction du quartier controversé de Gimat Hamatos à Jérusalem-Est, rapportant que 3 000 logements seraient construits là-bas pour des résidents juifs – en plus de 2 200 habitations, également destinés à des Juifs, dans le quartier Har Homa avoisinant.

Netanyahu avait également annoncé son plan de faire construire sur des terrains situés en Cisjordanie, à l’Est de Jérusalem, appartenant à la zone dite « E1 », ce qui relirait dans les faits la capitale à Maale Adumim.

Le plan avait été critiqué à l’époque et qualifié « d’inquiétant » par Nickolay Mladenov, envoyé pour la paix des Nations unies au Moyen-Orient.

Les critiques affirment que les constructions dans les secteurs de Givat Hamatos et de Har Homa, au sud-est de la capitale, couperont les quartiers palestiniens de la ville de Bethléem en Cisjordanie.

La communauté internationale considère majoritairement les constructions, dans les implantations, comme une violation du droit international.

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