40 groupes pressent Israël d’adopter des objectifs plus ambitieux sur le climat
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40 groupes pressent Israël d’adopter des objectifs plus ambitieux sur le climat

Des organisations de la société civile et environnementales réclament des mesures plus courageuses pour réduire les émissions de gaz à effet de serre avant l'échéance de l'ONU

Photo d'illustration : Un pompier pendant un incendie aux abords du village de Roqueiro, au Portugal, le 14 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Sergio Azenha, File)
Photo d'illustration : Un pompier pendant un incendie aux abords du village de Roqueiro, au Portugal, le 14 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Sergio Azenha, File)

Plus de 40 organisations environnementales et issues de la société civile appartenant au Forum des énergies propres ont interpellé lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu et divers ministres, leur demandant de renforcer de manière substantielle les objectifs d’Israël en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre avant l’échéance fixée par la Convention du changement climatique des Nations unies, soit le 31 décembre.

L’Accord de Paris, signé en 2015, vise à limiter le réchauffement global à bien moins de 2 % et idéalement à pas plus de 1,5 % avant la fin du siècle.

Les 189 pays – dont Israël fait partie – qui ont ratifié l’accord de Paris doivent soumettre leurs objectifs réactualisés à l’ONU à la fin de l’année.

Dans un courrier adressé au Premier ministre et à d’autres ministres, les quarante signataires soulignent qu’en plus de la pandémie de COVID-19 et de la crise économique qui ont touché le monde en 2020, l’année a été aussi marquée par des bouleversements intenses dans le climat de la planète – une chaleur qui a battu des records, des incendies sans précédent, un mélange substantiel de glace polaire et des moyennes de température plus élevées que jamais – et, au Moyen-Orient, des vagues de chaleur et des inondations sans précédent, tout cela représentant une « bande-annonce de ce qui devrait arriver » dans un proche avenir.

Des pompiers israéliens à la recherche de possibles victimes dans un parking inondé à Ness Ziona, le 21 novembre 2020 (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

La lettre précise que « la crise climatique qui nous tombe dessus est existentielle, pas moins » et elle est « une menace stratégique pour la résilience de l’Etat d’Israël ».

De manière spécifique, la missive propose 20 mesures politiques, avec notamment un engagement en faveur d’une utilisation des énergies renouvelables à 100 % et des émissions zéro à l’horizon 2050, l’adoption d’une loi sur le climat et la création d’un cabinet sur le climat, qui regrouperait tous les ministères concernés et superviserait une administration financée de manière appropriée qui ne se concentrera que sur cette question.

Parmi les autres propositions, l’imposition d’une taxe carbone et l’arrêt immédiat des explorations et des forages de pétrole et de gaz, ainsi que de tous les nouveaux projets portant sur les énergies fossiles – et notamment la construction des nouvelles centrales électriques alimentées au gaz, des pipelines pétroliers et gaziers et de toutes les initiatives concernant les schistes bitumeux.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, et le vice-président de Noble Energy’s George Hatfield, lors de l’inauguration de la nouvelle plateforme du champ gazier Leviathan,en Méditerranée, au large de Haïfa, le 31 janvier 2019. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/AFP)

« Il y a une solution à la crise croissante du climat et il y a également un large consensus international sur le sujet. Avant tout, l’usage du gaz, du charbon et du pétrole doit cesser et il faut accélérer la transition vers les énergies renouvelables », a déclaré Yonathan Aikhenbaum, directeur de Greenpeace Israel, dans un communiqué.

Il a ajouté que « le gouvernement doit cesser de prétendre de façon mensongère faire la promotion des énergies renouvelables tout en soutenant les énergies polluantes, et il doit courageusement adopter un plan qui permettra de passer à une économie à bas carbone qui profitera à la société et à l’économie israéliennes et apportera de nouvelles opportunités énormes aux start-ups israéliennes ».

Alors qu’il ne reste que deux jours avant la date du 31 décembre, les ministères de l’Environnement et de l’Energie ne se sont toujours pas accordés sur les objectifs à déterminer.

Au début du mois, le ministère de l’Environnement avait fait part de ses propositions visant à améliorer les objectifs climatiques au sein de l’Etat juif. Parmi elles, une réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 27 % d’ici 2030 par rapport à 2015. Le ministère fixait également deux objectifs à long-terme, à l’horizon 2050 : Une baisse d’environ 85 % des émissions de gaz à effets de serre par rapport à 2015, et un approvisionnement en énergie assuré à 95 % à partir des énergies renouvelables.

La ministre de la Protection environnementale Gila Gamliel avait déclaré que ces objectifs placeraient l’Etat juif au même niveau que des nations développées comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, le Japon et la Chine.

Les objectifs du ministère de l’Energie sont plus conservateurs – le ministre de l’Energie, Yuval Steinitz, est un fervent soutien de l’usage du gaz naturel et de la continuation des forages et il prône également l’utilisation du pétrole trouvé dans les grandes réserves découvertes au large de la côte méditerranéenne d’Israël, qui sont actuellement explorées.

Selon un plan rendu public au début du mois, le ministère de l’Energie veut réduire les émissions de toutes les structures se trouvant sous son contrôle – et notamment celles qui produisent de l’électricité – de 80 % à l’horizon 2050 par rapport au niveau de référence qui avait été enregistré en 2015.

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