528 nouveaux cas de coronavirus en Cisjordanie
Rechercher

528 nouveaux cas de coronavirus en Cisjordanie

Le ministère de la Santé de l'AP évoque une situation incontrôlable à Hébron et dans sa région, notant que le confinement actuel de cinq jours sera probablement prolongé

Les membres de la famille d'un imam local font leur prière du vendredi sur le toit de leur maison après la fermeture des mosquées par l'Autorité palestinienne pour cause de coronavirus à Hébron, en Cisjordanie, le 3 juillet 2020. (Crédit : Hazem Bader/AFP)
Les membres de la famille d'un imam local font leur prière du vendredi sur le toit de leur maison après la fermeture des mosquées par l'Autorité palestinienne pour cause de coronavirus à Hébron, en Cisjordanie, le 3 juillet 2020. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne (AP) a rapporté, samedi, qu’il y avait eu 528 nouveaux cas de coronavirus en Cisjordanie en l’espace de 24 heures.

Par ailleurs, 33 tests de dépistage positifs ont été confirmés à Jérusalem-Est, sous contrôle d’Israël, qui figure néanmoins dans le décompte statistique officiel de l’AP.

Il y a actuellement 3 360 cas actifs de coronavirus en Cisjordanie et dans la bande de Gaza sur 3 835 cas au total depuis le début de la pandémie, a noté le ministère dans un communiqué.

La majorité des contaminations (2 749) a été enregistrée dans la région de Hébron, qui devient l’épicentre de l’épidémie en Cisjordanie.

Le ministre de la Santé de l’AP, Mai al-Kaila, a expliqué samedi devant les caméras de Palestine TV que la situation à Hébron était « hors de contrôle » et qu’il est probable que le confinement de cinq jours qui a été imposé dans la région sera prolongé.

Les membres des forces de sécurité de l’AP portant le masque arrêtent les véhicules à un checkpoint de la ville de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, le 2 juillet 2020 (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

C’est Bethléem, avec 238 cas, qui est la ville la plus touchée après Hébron. Vient ensuite Naplouse avec 180 cas.

Le principal centre de traitement de la COVID-19, à Bethléem, ne dispose que de quatre respirateurs, dont deux sont d’ores et déjà utilisés, selon l’agence de presse arabe Maan.

Il y a eu douze morts, jusqu’à présent, dans les secteurs palestiniens – un décès a été enregistré dans la bande de Gaza, gouvernée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, et onze en Cisjordanie. La majorité des victimes se sont éteintes au cours des deux dernières semaines depuis le début de la seconde vague de l’épidémie sur les territoires de l’Autorité palestinienne.

Avec cette hausse des contaminations, l’AP a mis en place un confinement de cinq jours qui a commencé vendredi.

Une femme fume une pipe à eau, assise à une fenêtre, à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, après la réimposition de mesures de confinement par l’AP suite à une recrudescence récente du coronavirus, le 2 juillet 2020 (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Le retour des mesures de confinement entraînées par l’épidémie de coronavirus en Cisjordanie a eu lieu lentement, les cas augmentant, avant d’être réimposées tout à coup.

Lorsque ces directives avaient été levées la première fois, au lendemain de la fête de l’Aïd al-Fitr, à la fin du mois de mai, aucun cas de coronavirus n’avait fait son apparition pendant plusieurs jours. Ensuite, des infections avaient émergé de manière éparpillée dans tout le territoire. Avec la levée d’autres restrictions – et la reprise des déplacements quotidiens entre Israël et la Cisjordanie – cette tendance a pris la forme d’une vague.

Les responsables de l’AP ont commencé à dire qu’il « faut s’attendre » à un nouveau confinement si le nombre de cas doit continuer à augmenter.

« Si nous continuons à voir une escalade dans le nombre d’infections, alors on pourrait revenir à un confinement – et il faut s’y attendre », a commenté lundi dernier le porte-parole du ministère de l’Intérieur de l’AP, Ghassan Nimr, dans un entretien accordé à la radio Voix de la Palestine, lundi.

Des forces de sécurité palestiniennes bloquent l’entrée du camp de réfugiés de Balata près de Naplouse, en Cisjordanie, le 28 juin 2020, après la propagation de la Covid-19. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Au cours de la semaine passée, l’ampleur de l’épidémie a attiré l’attention avec des centaines de cas diagnostiqués dans toute la Cisjordanie.

Les officiels ont attribué la responsabilité de cette recrudescence du virus aux résidents, disant qu’ils n’adhéraient pas convenablement aux mesures sanitaires et de sécurité. Ils ont affirmé que les Palestiniens continuaient d’assister à des événements sociaux, comme des mariages et des funérailles, en violation avec les règles de distanciation sociale.

« Il n’y a pas de différences dans le virus de la première et de la deuxième vague ; la seule différence est dans le manque d’adhésion aux directives médicales. Si la situation continue comme ça, si le nombre de morts et de cas critiques augmente, alors nous allons assister à une catastrophe médicale en Palestine. Et dans les faits, c’est déjà le cas », a déploré le porte-parole du ministère de la Santé Kamal al-Shakhra.

Lundi, le Premier ministre Mohammad Shtayyeh a annoncé que les personnes contrevenant aux directives de distanciation sociale seraient sanctionnées par les forces de sécurité.

Alors qu’il lui était demandé d’expliquer pour quoi Hébron, en particulier, était devenu l’épicentre de l’épidémie, le gouverneur de Hébron, Jabarin al-Bakri, a incriminé les déplacements des deux côtés de la Ligne verte.

« Nous avons 50 000 Palestiniens qui se rendent régulièrement en Israël pour y travailler et 270 000 habitants du Negev qui viennent souvent ici, et un grand nombre de résidents de Jérusalem ont de la famille ici également. Il y a beaucoup de mélanges avec les Palestiniens qui vivent à l’intérieur d’Israël », a déclaré al-Bakri devant les caméras de Palestine TV.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...