600 sociétés israéliennes et 850 actionnaires dans les données des “Panama Papers”
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600 sociétés israéliennes et 850 actionnaires dans les données des “Panama Papers”

11,5 millions de documents d’un cabinet juridique panaméen révèlent des entreprises offshores de chefs d’Etat, de célébrités et d’hommes d’affaires

Le panneau indiquant la présence du cabinet juridique Mossack Fonseca à Panama City, le 3 avril 2016. (Crédit : AFP PHOTO/AFP/EDUARDO GRIMALDO)
Le panneau indiquant la présence du cabinet juridique Mossack Fonseca à Panama City, le 3 avril 2016. (Crédit : AFP PHOTO/AFP/EDUARDO GRIMALDO)

Six cent entreprises israéliennes et 850 actionnaires israéliens sont listés dans les 11,5 millions de documents d’une firme juridique panaméenne détaillant des transactions offshore.

La trouvaille a été publiée dimanche après une enquête d’un an sur ces informations.

Selon l’enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (CIJI), comprenant le quotidien allemand Suddeutsche Zeitung et le français Le Monde, ainsi que d’autres médias, dont Haaretz, les données divulguées de Mossack Fonseca, qui a opéré pendant 40 ans sans jamais avoir d’ennuis avec la justice, de 1975 jusqu’à fin 2015, fournissent ce que le CIJI a décrit comme une « vue inédite sur le monde offshore ».

Les documents, provenant de 214 000 entités, détaillent les possessions offshores d’une douzaine de chefs d’Etat, dont une partie en exercice, ainsi que d’hommes d’affaires, de criminels, de célébrités et de stars du sport.

Les noms figurant dans les données divulguées incluent le président d’Ukraine, le roi d’Arabie saoudite et les Premiers ministres d’Islande et du Pakistan, a annoncé le CIJI.

Bien que le nom du président russe Vladimir Poutine ne soit pas mentionné dans les documents, ses proches associés « ont secrètement déplacé 2 milliards de dollars via des banques et des sociétés écrans », a annoncé le CIJI.

Parmi les noms israéliens retrouvés dans les documents divulgués, on retrouve l’avocat Dov Weisglass, ancien directeur de cabinet du défunt Premier ministre Ariel Sharon, Jacob Engel, un homme d’affaires actifs dans l’industrie minière africaine, et Idan Ofer, membre de l’une des plus riches familles d’Israël, selon Haaretz.

L’apparition de leurs noms ne signifient pas nécessairement qu’ils sont impliqués dans des malversations, simplement qu’ils sont lies à des compagnies offshores mentionnées dans les documents.

Le nom de Weisglass apparaît comme propriétaire unique de l’une des quatre compagnies mises en place par son associé d’affaires Assaf Halkin. L’entreprise, Talaville Global, a été enregistrée aux Iles Vierges Britanniques en mai 2012, selon Haaretz, et sept mois plus tard, toutes ses actions ont été hypothéquées pour un prêt contracté auprès d’une banque de Vienne.

Weisglass et Halkin ont déclaré à Haaretz que la compagnie « était enregistrée pour pouvoir recevoir un prêt d’une banque afin d’investir dans des propriétés européennes. La banque n’autorisait un prêt qu’à une corporation [… ; l’]activité de la compagnie est déclarée aux autorités fiscales en Israël. Les impôts demandés sur l’activité décrite sont payés en Israël. »

Une agence de la banque Leumi à Jersey, dans les îles anglo-normandes, qui fournit un paradis fiscal à ses clients, est également mentionnée dans les documents. Ils comprennent une correspondance entre la banque et la firme juridique panaméenne.

En octobre, la banque Leumi avait annoncé qu’elle fermait cette agence. Ceci intervenait après que la banque, la deuxième plus grande du pays, a payé 400 millions de dollars pour un accord conclu en décembre 2014 sur une enquête pour évasion fiscale qui impliquait des clients de nationalité américaine. La banque a respectivement payé au département de la Justice des Etats-Unis et à l’Etat de New York 270 millions de dollars et 130 millions de dollars.

L’année dernière, trois anciens dirigeants de la banque Leumi avaient dû rembourser à la compagnie un total de 5,1 millions de shekels (environ 1,2 millions d’euros) suite au scandale.

Selon Haaretz, les documents montrent aussi que la banque Hapoalim a utilisé le cabinet juridique panaméen pour gérer les activités de divers fonds de placement jusqu’en 2011.

D’autres personnages mentionnés dans les documents divulgués incluent Mohammad Mustafa, un important officiel financier et confident du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui a utilisé des comptes offshores pour faire passer de l’argent des états arabes vers les Palestiniens, selon les documents.

Les documents ont été étudiés par une équipe de plus de 370 journalistes de plus de 70 pays, selon le CIJI.

Le quotidien allemand Suddeutsche Zeitung, qui a été le premier à recevoir les données, il y a plus d’un an, a déclaré qu’il faisait confiance à la validité du matériel.

Le quotidien munichois a reçu les données via un canal encrypté d’une source anonyme qui n’a pas demandé de compensation financière et n’a demandé que des mesures de sécurité non précisées, a déclaré Bastian Obermayer, un des journalistes de l’affaire.

Le président panaméen Juan Carlos Varela a publié un communiqué déclarant que son gouvernement coopèrerait « vigoureusement » avec toute enquête judiciaire provenant de la divulgation des documents de la firme juridique. Il a déclaré que les révélations ne devaient pas amoindrir la « tolérance zéro » de son gouvernement envers toutes activités illicites dans l’industrie financière de Panama.

« Ces révélations montrent à quel point les pratiques nuisibles et la criminalité sont profondément enracinées dans le monde offshore », a déclaré Gabriel Zucman, économiste de l’université de Californie, à Berkeley, au consortium.

Des agences ont contribué à cet article.

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