700 invités pour la signature de l’accord Israël-EAU à la Maison Blanche
Rechercher

700 invités pour la signature de l’accord Israël-EAU à la Maison Blanche

La formulation des traités avec les EAU et Bahreïn n'a pas encore été publiée ; l'accord avec les Emirats doit encore être validé par la Knesset

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une copie du traité conclu entre Israël et les EAU et de la déclaration de paix avec Bahreïn dans son hôtel de Washington, à la veille de la signature des Accords d'Abraham à la Maison Blanche, le 14 septembre 2020 (Capture d'écran : GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une copie du traité conclu entre Israël et les EAU et de la déclaration de paix avec Bahreïn dans son hôtel de Washington, à la veille de la signature des Accords d'Abraham à la Maison Blanche, le 14 septembre 2020 (Capture d'écran : GPO)

WASHINGTON — Alors que les Israéliens sont sur le point d’entrer dans un confinement de trois semaines qui vise à réduire la propagation du coronavirus, environ 700 personnes devraient être présentes lors de la cérémonie qui se déroulera ce mardi à la Maison Blanche, au cours de laquelle le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les ministres des Affaires étrangères des Emirats arabes unis et de Bahreïn établiront officiellement des relations diplomatiques entre leurs pays et l’Etat juif.

Avant la cérémonie, Netanyahu rencontrera à la Maison Blanche le président américain Donald Trump qui a négocié cette avancée diplomatique, selon un responsable israélien qui s’est confié aux journalistes accompagnant le Premier ministre.

Les Emirats arabes unis et Bahreïn seront représentés, lors de la cérémonie de signature, par leurs ministres respectifs des Affaires étrangères, Abdullah bin Zayed Al Nahyan et Abdullatif bin Rashid Al Zayani.

L’administration Trump aurait également travaillé à faire venir des représentants d’autres nations arabes à l’événement en signe de soutien tacite à cette tendance croissante à la normalisation.

Prenant la parole lundi à Washington, Netanyahu a tenu entre les mains et devant les caméras ce qu’il a dit être les « ébauches des accords » conclus avec les EAU et Bahreïn.

« Cela fait de nombreuses années que nous travaillons là-dessus », a-t-il affirmé. « Le moment tant attendu arrivera demain. C’est un tournant immense dans l’histoire d’Israël, tout comme dans l’histoire du Moyen-Orient. Cela aura un impact positif sur tous les Israéliens », a-t-il dit.

« Je vous le promets : de ce que je peux voir ici, plus de pays sont en train de nous rejoindre », a-t-il ajouté.

Netanyahu et Trump devraient se rencontrer, tous les deux, à la Maison Blanche à 11h du matin (18h, heure israélienne). Les ministres des Affaires étrangères de Bahreïn et des Emirats se joindront à eux peu après.

La cérémonie officielle est prévue à midi (soit 19h en Israël) sur la pelouse de la Maison Blanche où ont été signés les accords d’Oslo conclus avec les Palestiniens en date du 13 septembre 1993. Elle sera suivie d’un discours des dirigeants et des hymnes nationaux des pays. Un déjeuner est ensuite prévu.

Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan. (Crédit : AP Photo/Alexander Zemlianichenko)

Environ 700 invités seront présents, a noté la Douzième chaîne, qui a cité notamment les noms de l’ex-ambassadrice américaine aux Etats-Unis Nikki Haley, du milliardaire Ron Lauder et de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. La chaîne n’a pas pu confirmer la présence lors de l’événement de l’envoyé israélien à l’ONU, Gilad Erdan – qui devrait aussi devenir le prochain ambassadeur de l’Etat juif à Washington.

Alors que les textes des traités de paix n’ont pas encore été rendus publics, le responsable israélien qui s’est exprimé auprès des journalistes a expliqué que Netanyahu allait ratifier un « traité de paix » avec les Emirats arabes unis et une « déclaration de paix » séparée avec Bahreïn.

Le premier est un traité international, qui doit être par ailleurs approuvé par le parlement, tandis que la seconde n’est qu’une déclaration conjointe revendiquant un engagement à garantir la paix entre les deux pays.

Le chef du Conseil national de sécurité israélien, Meïr Ben-Shabbat (2e à droite), portant un masque de protection, alors qu’il se prépare à quitter Abou Dhabi le 1er septembre 2020, à l’issue d’une visite sans précédent sur la normalisation entre Israël et les EAU. (NIR ELIAS/POOL/AFP)

Evoquant l’accord avec les Emirats arabes unis, l’officiel a dit aux journalistes que « la différence entre cet accord et ceux qui ont été conclus avec la Jordanie ou l’Egypte est qu’il ne met pas un terme à un état de guerre ».

L’homme a toutefois refusé de préciser si l’accord incluait des engagements de la part d’Israël concernant la question palestinienne.

« C’est très sensible dans la mesure où nous parlons de quatre acteurs ici et, dans cette mesure, il est impossible de révéler des détails de manière anticipée », a-t-il expliqué.

Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, s’exprime lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du Conseil de coopération du Golfe à Riyad (Arabie saoudite), le 10 décembre 2019. (AP Photo/Amr Nabil)

Répondant aux critiques qui avaient déploré que la Knesset ait été tenue dans l’ignorance des détails de l’accord de normalisation conclu avec les EAU avant sa signature, le responsable a noté que « c’est la procédure normale. Nous signons d’abord, puis le pacte est présenté au cabinet pour approbation et ensuite devant la Knesset. C’est ainsi que les choses ont pu également se dérouler par le passé ».

Les deux accords conclus avec les Emirats et Bahreïn qui seront signés mardi évoquent des secteurs divers de coopération prévue entre les deux pays, a-t-il continué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis Ron Dermer à Washington, le 14 septembre, la vieille de la signature des Accords d’Abraham à la Maison Blanche. (Crédit : Avi Ohayon / GPO)

Si l’accord de paix conclu avec les Emiratis sera plus détaillé que la déclaration qui sera ratifiée avec le Bahreïn par Netanyahu, il y a encore des questions vis-à-vis des EAU qui restent actuellement en suspens et qui seront réglées après la cérémonie officielle de mardi, a noté l’officiel. Ces questions ont été abordées, la semaine dernière, lors d’une visite à Abou Dhabi d’une délégation israélienne avec à sa tête le chef du Conseil national de sécurité, Meir Ben Shabbat.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a fait savoir à la Treizième chaîne, lundi, qu’il avait lu le pacte avec les EAU et que ce dernier avait été réalisé « de manière professionnelle » avec le ministère des Affaires étrangères. Il a ajouté qu’il s’agissait d’un « accord de paix pour la paix », une formulation déjà utilisée par Netanyahu.

Gantz s’est aussi entretenu avec son homologue au Bahreïn, Abdullah bin Hassan al-Nuaimi, en amont de la cérémonie, et il l’a d’ores et déjà invité à venir en Israël.

Le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat rencontre son homologue, le conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis, Sheikh Tahnoun bin Zayed, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale des Émirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed, le conseiller présidentiel américain Jared Kushner et le conseiller américain à la sécurité nationale Robert O’Brien, et d’autres responsables, dans le palais du conseiller à la sécurité nationale des Emirats arabes unis à Abou Dhabi, le 31 août 2020. (Amos Ben-Gershom / GPO)

Confirmant que Netanyahu rencontrerait bien Trump, le responsable a déclaré qu’aucune réunion n’avait été prévue avec le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Joe Biden.

« Netanyahu restera à Blair House », a-t-il noté. « Il n’ira nulle part ailleurs ».

Pour sa part, l’équipe chargée de la campagne de Biden n’a pas répondu à une demande portant sur l’éventuelle volonté de l’ex-vice président de l’administration Obama de s’entretenir, cette semaine, avec Netanyahu.

Alors qu’il lui était demandé, lundi matin, si la cérémonie pouvait être reportée pour cause de pandémie de coronavirus, le ministre du cabinet Tzachi Hanegbi a indiqué au micro de la radio militaire qu’il était « impossible de reporter la paix ou la guerre ».

Netanyahu — qui est le seul représentant du gouvernement israélien lors de l’événement, contrairement aux Emirats et à Bahreïn qui ont délégué, de leur côté, pas moins de huit ministres – s’est à nouveau consacré à la problématique de la mise en place du prochain confinement dès son arrivée à Washington, a fait savoir son bureau.

« Netanyahu a pris part à une visioconférence consacrée au confinement avec le ministre de la Santé Yuli Edelstein, le vice-ministre de la Santé Yoav Kisch, le chef du Conseil de sécurité nationale Meïr Ben-Shabbat, le directeur de ‘Magen Yisrael’ Ronni Gamzu, le directeur-général du ministère de la Santé Chezy Levy et d’autres hauts-responsables », a commenté son bureau dans un communiqué qui incluait une photographie de Netanyahu dans son logement de Blair House.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans sa chambre d’hôtel de Washington, le 14 septembre 2020. (Autorisation : Bureau du Premier ministre)

Ce communiqué a été probablement émis pour répondre aux critiques qui ont fustigé Netanyahu, parti aux Etats-Unis pour la cérémonie alors que l’Etat juif traverse une nouvelle crise sanitaire majeure et s’apprête à connaître un second confinement.

Dans une déclaration filmée et diffusée lundi soir, Netanyahu a déclaré : « Même si je suis actuellement engagé dans cet important travail diplomatique, je n’oublie pas une seule seconde que les journées que nous vivons sont difficiles pour nous tous. J’ai pu parler aujourd’hui avec le ministre des Finances et avec le ministre de la Santé et demain, lors de mon retour en Israël, nous allons continuer à travailler ensemble pour vous, citoyens d’Israël, de manière à vaincre le coronavirus et à amener aussi la paix. »

Le premier accord de normalisation conclu entre l’Etat juif et les Emirats arabes unis avait été annoncé en date du 13 août par Trump. Selon les trois gouvernements qui s’étaient exprimés dans un communiqué conjoint, le pacte prévoit la mise en place de relations officielles pleines et entières avec l’Etat juif – ce qui fera passer des liens de longue date, qui étaient majoritairement restés dans la clandestinité, au grand jour.

L’accord avec le Bahreïn a été annoncé vendredi dernier, quand un communiqué émis par Trump a indiqué que le Bahreïn rejoindrait Israël lors de la cérémonie du 15 septembre et que le royaume du Golfe signerait à cette occasion sa propre déclaration de paix avec l’Etat juif. Le Bahreïn s’est rapproché d’Israël ces dernières années et a accueilli, l’année dernière, la conférence organisée par l’administration Trump pour la révélation du volet économique de son plan de résolution du conflit israélo-palestinien.

Cette cérémonie de signature devra toutefois être officiellement approuvée par la loi israélienne – une démarche qui, selon les experts, nécessitera l’imprimatur du cabinet et de la Knesset, comme c’est le cas pour tous les traités de ce type.

Répondant à une plainte qui appelait à interdire la mise en vigueur des accords s’ils ne devaient pas être approuvés par le cabinet ou par la Knesset, le bureau du Premier ministre a déclaré lundi que l’accord de normalisation avec les Emirats ne deviendrait effectif qu’une fois qu’il aurait été voté par le parlement.

« Au vu de l’importance de l’accord, le Premier ministre a l’intention de suggérer qu’il soit présenté à la Knesset », a précisé un courrier envoyé par le bureau du Premier ministre publié par Walla.

Les drapeaux, de gauche à droite, du Bahreïn, d’Israël, des Emirats arabes unis et des Etats-Unis, le long d’une route de la ville de Netanya, dans le centre d’Israël, le 13 septembre 2020. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

D’autre part, la formulation de l’accord et ses détails n’ont pas encore été officiellement diffusés, ce qui a entraîné des interrogations sur les engagements auxquels Israël a pu souscrire.

Au cours des dernières semaines, un certain nombre de médias israéliens et américains ont fait savoir que Netanyahu avait renoncé, en privé, à toute opposition concernant l’acquisition par les Emirats arabes unis d’avions furtifs de combat américains F-35.

Dimanche, le Times of Israël a fait savoir que l’administration Trump s’était engagé auprès des Emirats, pendant les pourparlers, à ce que Washington ne reconnaisse pas l’annexion de certains pans de la Cisjordanie par Israël avant 2024 au plus tôt.

S’exprimant lors d’une réunion de faction à la Knesset dans la journée de lundi, le président du parti du Meretz, Nitzan Horowitz, a indiqué avoir entendu « de sources autorisées » que les pactes conclus par Israël avec les EAU et le Bahreïn comprenaient un éventuel moratoire sur les constructions d’implantations.

Le leader du Meretz, Nitzan Horowitz, participe à une conférence du parti à Tel Aviv, le 14 janvier 2020. (Miriam Alster/Flash90)

« Ces accords ne sont pas des accords ‘de paix pour la paix' », a dit Horowitz, se référant aux propos tenus par Netanyahu qui avait affirmé que les pactes auguraient un nouveau paradigme dans les efforts de paix livrés par l’Etat juif.

« En contraste net avec ce qu’a pu dire Netanyahu, ces accords qui seront signés mardi à Washington ont été explicitement soumis à une condition : celle qu’Israël s’engage à empêcher toute opération dans les territoires qui nuirait aux chances de mettre en place une solution à deux Etats », s’est exclamé le président du Meretz. « Ce qui prouve à nouveau et pour la millième fois, qu’il n’y aura pas de normalisation au Moyen-Orient sans l’adhésion d’Israël à une solution à deux Etats, et qu’il n’y aura aucune paix réelle en l’absence d’un accord passé avec les Palestiniens. »

En réponse, un porte-parole du Premier ministre s’en est pris à Horowitz – ancien journaliste fort de décennies d’expériences et distingué pour son travail – en affirmant que ce dernier n’avait eu aucune information d’initié sur l’accord ou sur ses spécificités.

« Les sources de Horowitz en tant que politicien sont même pires que celles dont il pouvait disposer quand il était journaliste », a dit le porte-parole, qui ne s’est identifié que comme « une source issue de l’entourage » de Netanyahu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...