A 90 ans, la mère de Nava Elimelech s’accroche à son espoir de justice
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A 90 ans, la mère de Nava Elimelech s’accroche à son espoir de justice

La police a exhumé le corps de la fillette assassinée à l'âge de 12 ans suite à de nouveaux éléments survenus dans l'enquête

Nava Elimelech, 12 ans, assassinée en 1982. (Crédit : Yossi Aloni)
Nava Elimelech, 12 ans, assassinée en 1982. (Crédit : Yossi Aloni)

Désormais âgée de 90 ans, la mère de Nava Elimelech, qui avait été cruellement assassinée à 12 ans il y a 37 ans, a formulé l’espoir, lundi, que la police parvienne prochainement à démasquer le meurtrier de sa fille.

« Je suis prête à tout pour obtenir la vérité, » a déclaré Mazal Elimelech, au lendemain de l’exhumation du corps de sa fille, 37 ans après les faits, un meurtre qui avait ébranlé la société israélienne et qui n’a toujours pas été résolu.

Évoquant de nouveaux éléments dans l’affaire, les enquêteurs ont transféré les restes d’Elimelech, tuée et démembrée en 1982, à l’institut médico-légal d’Abu Kabir dimanche. La police n’a pas précisé quelles sont les nouvelles preuves et un embargo a été imposé sur cette affaire.

La famille d’Elimelech a approuvé cette démarche.

“Je prie depuis 40 ans. J’espère que nous apprendrons ce qui s’est passé. J’allume toujours des bougies dans l’espoir que justice soit rendue, pour ma fille. Ce n’est pas facile pour nous”, a déclaré Mazal Elimelech au site Ynet.

“Nous sommes prêts à tout pour parvenir à la vérité”, a-t-elle poursuivi. “Nous avons tout accepté pour que nous puissions savoir qui est le meurtrier, qui a commis ce crime. Je donnerais ma vie, la vie de ma famille, notre joie, tout, pour trouver la personne qui a fait cela. C’est ce que nous devons savoir. Nous sommes prêts à tout pour retrouver celui qui a fait ça.”

La disparition de la fillette, cadette d’une fratrie de quatre, a été signalée le 20 mars 1982, après qu’elle a quitté le domicile familial à Bat Yam, pour se rendre chez une amie qui vivait 300 mètres plus loin.

Après 10 jours de recherches, la tête et d’autres parties du corps d’Elimelech se sont échouées sur plusieurs plages du centre d’Israël, enveloppés dans des sacs plastiques, horrifiant les plagistes et baigneurs et l’ensemble du pays. Un médecin légiste a déterminé que le meurtre a eu lieu le jour de sa disparition.

Le meurtrier n’a jamais été interpellé, malgré la mobilisation de 40 personnes pour monter la plus grosse équipe d’enquêteurs de l’histoire du pays.

Les morceaux de la dépouille d’Elimelech avaient été envoyés dans un laboratoire londonien pour y être examinés afin d’identifier l’arme du crime. Plusieurs suspects ont été arrêtés au fil des ans, mais tous ont été libérés pour manque de preuves.

En 1983, un Gazaoui a été arrêté puis libéré. Peu après, le chef d’état-major Rafael Eitan avait affirmé que le meurtre avait été motivé par des idéologies nationalistes et qu’il s’agissait d’un test d’entrée pour rentrer dans un groupe terroriste palestinien.

En 2001, un membre de l’équipe d’enquêteurs d’origine a déclaré à la radio militaire que l’agence du Shin Bet avait trouvé des preuves qui corroboraient cette allégation. Un prisonnier arabe israélien avait indiqué que son ancien compagnon de cellule, un Palestinien incarcéré pour terrorisme, avait avoué avoir tué Elimelech. Cependant, entre 1983 et 2001, l’homme avait été libéré, avait emménagé en Jordanie et est décédé. Il n’a jamais été interrogé dans le cadre de cette affaire.

L’enquête a pris un tournant il y a quelques mois. Selon les médias, cela s’expliquerait par des nouvelles identifications ADN obtenues grâce à des technologies récentes.

Yaakov Elimelech, le frère de la victime, a déclaré dimanche aux médias israéliens qu’il était « mitigé, partagé entre l’immense douleur et l’espoir qu’avec l’aide des nouvelles technologies, il soit possible de faire la lumière sur un meurtre atroce qui n’a pas été résolu pendant des années ».

Il a ajouté que la famille n’a pas connaissance des nouveaux éléments de l’affaire.

Yaakov Elimelech a souligné que l’exhumation n’a « pas été facile » pour la mère de Nava et pour sa famille. « Au fil des ans, il y a eu des suspects, mais il n’y a jamais rien eu de sérieux. »

Mazal Elimelech a confié à Ynet qu’elle pensait que la mère de l’amie chez qui Nava se rendait savait quelque chose sur le meurtre, mais Azaria Zamir, alors chef de la police de Bat Yam au moment des faits, avait rejeté cette allégation. Il avait ajouté que les enquêteurs « pensaient que le meurtre de Nava Elimelech avait été commis par vengeance contre sa famille », mais aucune preuve ne corroborait cette hypothèse.

Il s’est souvenu que la mère de Nava s’était évanouie quand elle a appris la nouvelle, et en reconnaissant sa fille, et que la police n’était pas parvenue à retrouver la totalité de son corps.

« Quand nous sommes allés à l’institut médico-légal, nous étions avec un médecin, un animateur de jeunesse et une assistante sociale, et ils nous ont amenés le brancard et dévoilé la tête. Mazal Elimelech avait dit : « oui, c’est ma Nava’, et tout d’un coup, elle a dit ‘je veux voir tout son corps. Je lui ai donné des bains, je connais chaque détail’. Nous étions tous choqués », a-t-il dit à Ynet.

« Je devais répondre rapidement et régler cette affaire, donc j’ai dit : ‘Mazal, nous avons un problème. Nous ne l’avons pas en entier’, et elle s’est écroulée. »

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