A Bnei Brak et Jérusalem, la crainte d’une propagation comme un « feu sauvage »
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A Bnei Brak et Jérusalem, la crainte d’une propagation comme un « feu sauvage »

Des villes avec une importante communauté ultra-orthodoxe ont enregistré une forte hausse des nouveaux cas

La police arrête un homme ultra-orthodoxe alors qu'elle ferme une synagogue dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem pour non-respect des directives visant à endiguer l'épidémie de Covid-19, le 30 mars 2020. (Ahmad Gharabli/AFP)
La police arrête un homme ultra-orthodoxe alors qu'elle ferme une synagogue dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem pour non-respect des directives visant à endiguer l'épidémie de Covid-19, le 30 mars 2020. (Ahmad Gharabli/AFP)

Les nouveaux cas de coronavirus ont fait un bond marqué mercredi dans les villes israéliennes à forte population ultra-orthodoxe, dans un contexte d’inquiétude croissante face à une importante épidémie de COVID-19 dans la communauté.

Selon les chiffres du ministère de la Santé, le nombre de cas dans la ville majoritairement ultra-orthodoxe de Bnei Brak a augmenté de 159 sur une période de 24 heures.

Cela porte le nombre total de cas à Bnei Brak à 730, soit une augmentation de 27,8 %.

Bnei Brak, une banlieue de Tel Aviv avec près de 200 000 résidents, est la deuxième ville israélienne avec le plus de cas confirmés, alors qu’il s’agit seulement de la neuvième ville du pays en terme de population.

Jérusalem, qui dispose également d’une importante communauté ultra-orthodoxe, a enregistré 131 nouveaux cas entre mardi et mercredi, soit une augmentation de 20 %.

Au total, il y a 781 cas dans la capitale, plus que dans n’importe quelle autre ville du pays.

Un homme ultra-orthodoxe passe à côté d’une affiche sur le coronavirus dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, le 31 mars 2020. (Yossi Zamir/Flash90)

Parmi les autres villes en Israël avec la plus forte augmentation de nouveaux cas de COVID-19, on retrouve Modiin Illit, Beit Shemesh, Elad et Beitar Illit. Toutes ces villes sont à majorité ultra-orthodoxe ou disposent d’une importante communauté haredi.

On a observé une augmentation de 33 % à Modiin Illit, 25 % à Beit Shemesh, 15.7 % à Beitar Illit et 14.7 % à Elad.

D’autres plus grandes villes israéliennes ont enregistré des augmentations de nouveaux cas moins fortes.

A Tel Aviv, il y a eu 14 nouveaux cas, portant le total de l’agglomération à 292, alors que le nombre est passé de 67 à 72 à Haïfa.

Au total, il y avait 106 cas à Rishon Lezion, avec trois nouveaux cas par rapport à la veille.

La forte augmentation des nouveaux cas à Bnei Brak est intervenue alors qu’un officiel du ministère de la Santé a exprimé sa crainte que l’épidémie de la ville puisse se propager à travers le pays.

« C’est comme un feu sauvage dans un champ de mauvaises herbes », a déclaré Boaz Lev au site d’information Ynet.

Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité publique qui supervise la police, a déclaré dans un entretien accordé au même site internet que la police était engagée à « faire respecter la loi strictement et de manière inédite » à Bnei Brak.

La police patrouille dans la ville à majorité ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 30 mars 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Ces dernières jours, les autorités ont renforcé leurs actions pour faire appliquer les régulations de distanciation sociale à Bnei Brak et dans d’autres zones à majorité ultra-orthodoxe, où certains résidents ont enfreint les interdictions de rassemblement ou quitté leur maison pour des raisons non-essentielles.

Lors d’un discours à l’assemblée plénière de la Knesset, Erdan a déclaré qu’il faisait pression pour que les autorités renforcent les restrictions. Toute personne, de Bnei Brak ou d’ailleurs, testée positive au virus ou devant se placer en quarantaine, serait contrainte à aller dans un hôtel, où l’on pourrait plus facilement suivre leurs déplacements.

De fait, les citoyens contaminés par le virus peuvent le transmettre à leurs proches s’ils restent à la maison. Ce risque est particulièrement important dans des communautés comme Bnei Brak, où des familles nombreuses vivent souvent dans des espaces réduits.

Les officiels cherchent des solutions pour réduire l’épidémie à Bnei Brak, où un résident sur trois testé pour le COVID-19 a été déclaré positif. Il s’agit d’un pourcentage très élevé de résultats positifs si on le compare aux 6% de Tel Aviv et aux 10% de Jérusalem, selon les chiffres publiés par le ministère de la Santé mardi.

Un officier de police s’assure que la population respecte les mesures de confinement visant endiguer la propagation du COVID-19, dans la ville a majorité ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 1 avril 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Mardi, la police a mis en place des barrages autour de Bnei Brak et a contrôlé l’identité de toute personne cherchant à entrer dans la ville. De son côté, le gouvernement envisagerait de placer un cordon sanitaire autour de la ville.

Alors que la majorité des ministres du cabinet soutient la proposition du ministre de la Santé Yaakov Litzman de placer un cordon sanitaire autour de la ville, le Conseil national de sécurité s’y opposait. Le conseil estime qu’il serait impossible de faire respecter le cordon et cela pourrait inciter les résidents ultra-orthodoxes de Bnei Brak à désobéir davantage aux directives, selon la chaîne publique.

Le cabinet a décidé de renforcer la présence policière dans la ville et de faire appliquer plus sévèrement les directives d’urgence, selon le reportage.

Mardi soir, le maire de Bnei Brak a prévenu du risque de transformer sa ville en « ghetto ».

Mercredi, il y avait un total 5 591 cas confirmés de COVID-19 en Israël, avec 22 décès.

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