A Jérusalem, le Prince Charles s’est discrètement rendu sur la tombe de sa grand-mère
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A Jérusalem, le Prince Charles s’est discrètement rendu sur la tombe de sa grand-mère

Le membre de la famille royale britannique a profité de sa présence aux funérailles de Peres pour se recueillir sur la tombe de la Princesse Alice de Battenberg, sur le mont des Oliviers

Le Prince Charles de Galles (à gauche) en l'église de Marie-Madeleine de Jérusalem le 30 septembre 2016, avec Archimandrite Roman Krassovsky, chef de la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem (Crédit : Facebook)
Le Prince Charles de Galles (à gauche) en l'église de Marie-Madeleine de Jérusalem le 30 septembre 2016, avec Archimandrite Roman Krassovsky, chef de la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem (Crédit : Facebook)

L’héritier du trône britannique, le Prince Charles de Galles, s’est discrètement rendu sur la tombe de sa grand-mère située dans un couvent de Jérusalem dans la journée de vendredi, après avoir assisté aux funérailles de l’ancien président Shimon Peres.

Avant de prendre son avion pour rentrer au Royaume-Uni, Charles s’est arrêté à l‘Eglise de Marie-Madeleine, sur le mont des Oliviers, là où sa grand-mère paternelle la princesse Alice de Battenberg, qui avait sauvé une famille juive durant l’Holocauste, a été enterrée à la fin des années 1980.

Cela a été une des rares opportunités pour Charles de se recueillir sur la tombe de son aïeule.

Un article du Telegraph datant de fin 2015 affirmait qu’une visite des membres de la famille en Israël était improbable avant une résolution effective du conflit israélo-palestinien.

“La Famille Royale ne peut vraiment pas aller-là-bas”, avait déclaré une source proche du gouvernement britannique au journal à ce moment-là.

« En Israël, la politique est tellement mêlée à la terre elle-même qu’il est préférable d’éviter ces complications dans leur ensemble en s’abstenant de s’y rendre ».

Le prince Charles et la ministre israélienne de la Culture Miri Regev lors des funérailles de l'ancien président Shimon Peres sur le mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre, à droite, il y a le président français François Hollande (Crédit : Marc Israel Sellem / POOL)
Le prince Charles et la ministre israélienne de la Culture Miri Regev lors des funérailles de l’ancien président Shimon Peres sur le mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre, à droite, il y a le président français François Hollande (Crédit : Marc Israel Sellem / POOL)

Mais les funérailles de Peres à Jérusalem, auxquelles ont assisté des dizaines de leaders mondiaux, pourraient bien avoir apporté une justification parfaite à ce séjour, justification qui ne devrait pas se reproduire de sitôt.

Alice de Battenberg a été reconnue par le Mémorial de Yad Vashem comme “Juste parmi les Nations” et par le gouvernement britannique comme une “Héroïne de l’Holocauste ».

Durant l’occupation de la Grèce par les nazis, elle avait caché une femme juive et deux de ses enfants. En 1994, le Prince Philip, époux de la Reine Elisabeth II, s’était rendu en Israël pour assister à une cérémonie d’hommage consacré au courage de sa mère.

Née en 1885, sourde de naissance, la princesse Alice de Battenberg avait passé la majorité de sa vie en Grèce après avoir épousé le prince Andrew de Grèce et du Danemark (Il avait été simultanément prince de deux pays européens).

Alice était partie vivre à Londres en 1967 pour s’installer à Buckingham Palace auprès de son fils, Philip, et de sa belle-fille, la Reine. Au décès de la princesse, qui devait survenir deux ans après, sa dépouille fut enterrée dans la Crypte du Château de Windsor. Mais en 1988, son cercueil fut transféré dans la crypte du couvent de Sainte-Marie-Madeleine à Gethsemane, sur le mont des Oliviers de Jérusalem – honorant ainsi un voeu qu’elle avait fait avant sa mort.

Au mois d’octobre 1994, lors du tout premier voyage entrepris dans l’Etat d’Israël par l’un des membres de la famille royale britannique, le Prince Philip s’était rendu à une cérémonie rendant hommage à sa mère par Yad Vashem.

Philip, Duc d’Edimbourg, avait alors rencontré des membres de la famille Cohen, que sa mère avait caché dans son palais d’Athènes pendant 13 mois, durant l’occupation nazie de la Grèce.

A la cérémonie de Yad Vashem, il avait accepté la médaille de Juste parmi les Nations remise de manière posthume à feu sa mère. Il avait également planté un érable en son souvenir le long de l’Avenue des Justes parmi les Nations, qui commémore les non-juifs ayant sauvé des Juifs durant l’Holocauste. « Dieu juge tout ce que nous faisons », avait alors écrit le Prince dans le Registre de Yad Vashem.

La belle-mère de la reine Elizabeth II, la princesse Alice de Battenberg, avec l'une de ses filles vers 1910 (Crédit : Wikimedia Commons / JTA)
La belle-mère de la reine Elizabeth II, la princesse Alice de Battenberg, avec l’une de ses filles vers 1910 (Crédit : Wikimedia Commons / JTA)

Avant la cérémonie, Philip, accompagné de sa soeur, la princesse Sophie, avait visité la crypte qui abrite le cercueil de sa mère.

En septembre 1943, des membres de la famille Cohen, de la ville grecque de Trikala, avaient cherché refuge auprès de la princesse Alice, qu’ils connaissaient. Elle les avait accueillis et les avait cachés jusqu’au départ de l’occupant nazi en octobre 1944.

Cette histoire était restée inconnue du grand public jusqu’au début des années 1990, lorsque Michel Cohen, âgé de 78 ans, raconta aux responsables de Yad Vashem la manière dont la princesse l’avait abrité, en compagnie de sa mère et de sa sœur.

Les membres survivants de la famille Cohen s’étaient rendus depuis la France en Israël en 1994 pour assister à la cérémonie.

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