A l’Assemblée de l’ONU, les EAU redemandent « fermement » un État palestinien
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A l’Assemblée de l’ONU, les EAU redemandent « fermement » un État palestinien

Abdullah bin Zayed, ministre émirati des Affaires étrangères, espère que l'accord signé avec Israël donnera l'occasion à l'Etat juif et aux Palestiniens de relancer la paix

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan lors d'un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, le 29 septembre 2020 (Capture d'écran)
Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan lors d'un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, le 29 septembre 2020 (Capture d'écran)

Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis a répété, mardi, la « demande ferme » de son pays concernant l’établissement d’un État palestinien sur la base des lignes pré-1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.

Lors de son discours prononcé dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre émirati Abdullah bin Zayed Al Nahyan s’est enorgueilli d’avoir pu stopper le projet d’annexion de certains pans de la Cisjordanie par l’Etat juif dans le cadre de l’accord de normalisation signé avec Jérusalem. Il a exprimé l’espoir que « cet accord de paix historique » puisse entraîner la reprise des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

« L’appel à l’établissement d’un État palestinien indépendant sur les frontières pré-1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, conformément aux résolutions internationales qui ont été adoptées sur le sujet et au consensus arabe et international, restera une demande ferme de notre part », a affirmé Al Nahyan au cours d’une allocution pré-enregistrée devant les délégués de l’ONU.

« Mon pays a fait des efforts persistants, en utilisant tous les canaux diplomatiques mis à sa disposition, pour affirmer notre rejet total de l’annexion des Territoires palestiniens et nous avons mis en garde contre l’impact d’une telle initiative sur toutes les parties, ainsi que sur la sécurité dans la région ».

Le 13 août, Israël et les Emirats arabes unis avaient annoncé la normalisation de leurs liens bilatéraux – L’Etat juif acceptant, en échange, de suspendre pour une durée indéterminée le projet ourdi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer toute la vallée du Jourdain et toutes les implantations de Cisjordanie. Environ un mois plus tard, le 15 septembre, Netanyahu avait signé les « Accords d’Abraham » à la Maison Blanche – dans lesquels les deux pays annonçaient la mise en place de relations diplomatiques pleines et entières.

Le même jour, Bahreïn avait ratifié une « déclaration de paix » avec Israël qui devrait se transformer en traité de paix dans un proche avenir.

« Avec la signature d’un accord de paix historique avec Israël – un accord soutenu par les efforts américains – mon pays a été en mesure de geler la décision d’annexion et il a ouvert de larges horizons qui pourraient permettre de conclure une paix authentique dans la région », a déclaré le ministre émirati des Affaires étrangères, mardi, au cours de son discours à l’ONU.

« Nous espérons que cet accord de paix donnera l’opportunité aux Palestiniens et aux Israéliens de se réengager dans des négociations de paix. Notre positionnement en termes de soutien apporté aux Palestiniens et en termes de soutien à la solution à deux Etats est ferme ».

Il a promis de faire en sorte que l’accord de paix saura « ouvrir de nouvelles perspectives intellectuelles dans la région et créera une voie de prospérité qui sera empruntée par les générations futures, qui méritent une région stable et une réalité meilleure que celle des guerres et de la pauvreté ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Abdullatif al-Zayani et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed Al-Nahyan saluent du balcon Truman de la Maison Blanche après avoir participé à la signature des Accords d’Abraham, par lesquels les pays du Bahreïn et les Émirats arabes unis reconnaissent Israël, à Washington DC, le 15 septembre 2020. (SAUL LOEB/AFP)

Suite à l’accord, les responsables de Ramallah avaient déploré la « trahison » d’Abou Dhabi, accusant les EAU de tourner le dos à la solidarité arabe « sous couvert de soutien apporté à la cause palestinienne ».

Al Nahyan a également fait savoir que les Emirats arabes unis se portaient candidats à un siège de membre non-permanent au sein du Conseil de sécurité pour la période de 2022-2023. « Mon pays continuera à appeler à impliquer les organisations régionales pour qu’elles trouvent des solutions permanentes aux crises et nous comptons sur votre soutien pour atteindre ces objectifs ».

S’il n’a pas mentionné l’Iran et la Turquie, la plus grande partie de son discours de 15 minutes a été consacrée aux « ambitions expansionnistes » de Téhéran et d’Ankara.

« Les tensions au Yémen, en Syrie, en Libye, en Irak et dans les autres Etats sont toutes liées à l’interférence flagrante, dans les affaires arabes, d’Etats incitant au conflit et à la discorde, ou qui nourrissent l’illusion trompeuse de retrouver leur domination et leur règne colonialiste sur la région arabe et dans la corne de l’Afrique. Le résultat en a été des guerres brutales », a-t-il dit.

Jeudi, le roi du Bahreïn, Hamad bin Isa Al Khalifa avait, dans son allocution devant l’ONU, demandé à « intensifier les efforts visant à mettre un terme au conflit israélo-palestinien conformément aux exigences de la solution à deux Etats ».

Le discours pré-enregistré de Netanyahu devant l’Assemblée générale doit être diffusé mardi dans la journée.

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