A l’extrême-droite, l’AfD dans le viseur des services de renseignement allemands
L’AfD a rejeté les accusations qui laissent entendre ses opinions seraient extrémistes. Le parti a déclaré que les évaluations des services de renseignement étaient motivées par des considérations politiques
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Le nombre de membres de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) susceptibles de devenir des extrémistes d’extrême droite a augmenté de 40 %, ont indiqué les services de renseignement intérieur (BfV) et le ministère de l’Intérieur dans un rapport qui a été rendu public dans la journée de mardi.
Ce rapport, qui porte sur l’année 2025, établit clairement que l’AfD d’extrême droite n’a montré aucun signe d’assouplissement de ses positions – des positions qui font l’objet d’une surveillance étroite de la part des services de renseignement. Environ 28 000 des 70 000 membres de l’AfD approximativement sont considérés comme présentant un potentiel d’extrémisme de droite, contre 20 000 l’année précédente, précise le rapport.
L’AfD devance les conservateurs du chancelier allemand Friedrich Merz dans les sondages d’opinion nationaux et la formation politique devance également largement tous les autres partis dans le Land de Saxe-Anhalt, à l’Est, où elle pourrait accéder au pouvoir pour la toute première fois lors des élections qui auront lieu au mois de septembre.
L’AfD a rejeté les accusations qui laissent entendre ses opinions seraient extrémistes. Le parti a déclaré que les évaluations des services de renseignement étaient motivées par des considérations politiques.
Le BfV, qui surveille les menaces extrémistes – principalement par l’analyse des déclarations publiques et des activités – définit l’extrémisme comme des actions dirigées contre l’ordre constitutionnel démocratique et libre de l’Allemagne.
Le nouveau rapport ne trouve aucun indice montrant que le parti se soit distancié, au cours des douze derniers mois, des positionnements qui inquiètent les autorités du BfV.
Parmi ces derniers, le fait que le parti défend une conception du peuple allemand qui est fondée sur l’ascendance ethnique, que les tribunaux ont jugée incompatible avec la Constitution, note le rapport.
Il cite des propos qui ont été tenus par Bjoern Hoecke, le chef du parti dans le Land de Thuringe, à l’est du pays, qui a qualifié un programme de réinstallation de l’ONU de « remplacement de population »
De tels propos s’inscrivent dans un processus « d’homogénéisation idéologique », les positions libérales-conservatrices au sein du parti n’étant pratiquement plus exprimées en public, fait-il remarquer.
L’extrémisme de droite reste la plus grande menace pour la démocratie en Allemagne, explique le rapport.
Les auteurs disent que le nombre croissant de jeunes attirés par l’extrémisme de droite, notamment en ligne, ainsi que le renforcement des réseaux et une tendance accrue à la violence parmi les extrémistes sont des phénomènes particulièrement alarmants.
« De l’intérieur, nous subissons les pression de l’extrémisme sous toutes ses formes – dans l’espace numérique tout autant que dans la rue », a commenté le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt.
Les menaces extérieures comprennent le sabotage et l’espionnage, en particulier de la part de la Russie, a précisé le vice-président du BfV, Sinan Selen.
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