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À Paris, Juifs et chrétiens commémorent les victimes de la « solution finale »

Le 20 janvier 1942, à Wannsee, 15 hauts fonctionnaires du parti nazi et de l'administration allemande décidèrent des modalités de l'extermination des 11 millions de Juifs d'Europe

Haïm Korsia lors de l’hommage à l’occasion du 80e anniversaire de la conférence de Wannsee dans la crypte du Mémorial de la Shoah, à Paris, le 20 janvier 2022. (Crédit : @philippemeyer92 / Twitter)
Haïm Korsia lors de l’hommage à l’occasion du 80e anniversaire de la conférence de Wannsee dans la crypte du Mémorial de la Shoah, à Paris, le 20 janvier 2022. (Crédit : @philippemeyer92 / Twitter)

Responsables du Consistoire israélite, de la Conférence des évêques et de la Fédération protestante de France ont rendu hommage jeudi à Paris aux victimes de la « solution finale », à l’occasion du 80e anniversaire de la conférence de Wannsee.

Le 20 janvier 1942, à Wannsee près de Berlin, quinze hauts fonctionnaires du parti nazi et de l’administration allemande décidèrent des modalités techniques, administratives et économiques de l’extermination des 11 millions de Juifs d’Europe.

Dans la crypte du Mémorial de la Shoah, la cérémonie, à laquelle participait également Esther Senot, survivante du camp d’Auschwitz, a réuni des lycéens de deux établissements, l’un juif, l’autre catholique.

« Ce que nous commémorons ensemble aujourd’hui, c’est ‘l’hypernormalité’ de décisions diaboliques », a déclaré Haïm Korsia, grand rabbin de France, appelant à rejeter « l’indifférence ». « Ne soyez pas ceux qui se taisent », a-t-il lancé aux jeunes générations, les mettant en garde contre une « complicité par le silence ».

Ce 20 janvier 1942, « des être humains ont pensé dans tous les détails la destruction d’une partie de l’Humanité et ce fut peut-être la première fois qu’un tel projet a été ainsi pensé froidement », a déclaré Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France. « Quelques heures, qui ont conduit à six millions de mort », a-t-il rappelé.

« Nous avons le devoir de nous souvenir, nous chrétiens, parce qu’une telle manière de réfléchir a pu être rendu possible par une longue culture du mépris, une attitude de méfiance, de haine parfois, à tous le moins par le colportage pendant des siècles de soupçons, d’accusations, d’histoires délirantes (…), de pseudo-justifications sociales ou économiques de ce mépris (…) et (…), il faut le reconnaître, par des conceptions religieuses et théologiques qui ont pu susciter ce mépris et fournir des arguments aux colères et aux peurs », a-t-il ajouté.

François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, pour sa part, a insisté sur les « sœurs jumelles » que sont « l’Histoire » et « nos mémoires », appelant à la « responsabilité » et la « vigilance », notamment face à l’antisémitisme.

Esther Senot a, en quelques mots, évoqué l’arrestation d’enfants juifs français, « joyeux et ignorants », leur dénonciation, les wagons à bestiaux, puis l’arrivée au camp, la fumée… « Des milliers d’enfants séparés de leurs parents, des milliers d’enfants déportés dans la masse », s’est-elle remémorée.

En février, la CEF avait reçu le grand rabbin de France et signé une « déclaration contre l’antisémitisme ».

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