A voir : un député américain sur les anti-réfugiés et l’Holocauste
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A voir : un député américain sur les anti-réfugiés et l’Holocauste

Le démocrate Eliot Engel affirme que la réponse aux réfugiés syriens est similaire à celle donnée aux Juifs en fuite

JTA – Le représentant démocrate de New York, Eliot Engel, qui siège à la commission aux Affaires étrangères de la Chambre, a appris les leçons de l’Histoire juive. Il a aussi appris de l’histoire syrienne.

Un chef de file (non officiel) du conseil du Congrès juif, est sur le devant de la scène sur les questions juives et pro-israéliennes. Il a également aidé à écrire le Syria Accountability Act de 2003, qui a isolé le régime d’Assad, en partie à cause de ses violations des droits de ses citoyens et de son voisin, le Liban.

Engel a évoqué ses deux intérêts dans un discours mercredi lors d’une réunion conjointe sur les combattants étrangers organisée par les commissions des Affaires étrangères et de la Sécurité intérieure, avec une rhétorique invoquant l’impuissance des Juifs en 1938 comme une mesure du préjugé réel et actuel contre les Syriens.

Il a utilisé la locution informelle « l’autre jour » qui a mené à la puissante conclusion, en disant :

« Je me réjouis à l’idée d’une bonne conversation sur ce que nous faisons maintenant. Parce que c’est à nous de savoir si nous serons aux côtés de nos alliés et partenaires pour faire face efficacement à un ennemi, ou permettre la peur et la panique de nous faire oublier qui nous sommes et ce que nous représentons en tant que nation. Et je voudrais en dire un peu plus à ce sujet, parce que je suis perturbé par ce que j’ai entendu certaines personnes dire au Congrès cette semaine ».

« J’ai lu un sondage, l’autre jour », a poursuivi Engel.

« La question était, et je cite : ‘quelle est votre attitude à l’égard des réfugiés politiques autorisés à venir aux États-Unis ?’ Fin de citation. 67,4 [pour cent des sondés] étaient d’accord avec la réponse, ‘avec les conditions telles qu’elles sont, nous devrions essayer de les garder hors [du pays]’. Plus des deux tiers étaient pour ‘Essayez de les garder hors [du pays]’ ».

« Ce sondage », a-t-il déclaré aux parlementaires, « a été mené pendant l’été 1938. Et la question dans son ensemble était : ‘quelle est votre attitude à l’égard des réfugiés politiques allemands, autrichiens et d’autres réfugiés politiques autorisés à venir aux États-Unis ?’. Des Juifs européens. Plus de deux tiers des Américains pensaient que nous devrions tout simplement fermer les portes seulement quatre mois avant la Nuit de Cristal ».

« Et donc moins d’un an plus tard, cette attitude a scellé le sort des hommes, des femmes et des enfants à bord du paquebot St. Louis. Près d’un millier de réfugiés, la plupart d’entre eux des Juifs allemands, sont montés à bord du navire avec l’espoir de trouver la sécurité de l’autre côté de l’Atlantique. Après avoir été détourné vers Cuba, ceux à bord du St. Louis ont tourné leur regard vers les Etats-Unis. Ils sont venus si près de Miami, ils pouvaient voir les lumières. Leurs télégrammes à la Maison Blanche et au Département d’Etat suppliant de leur donner refuge sont restés sans réponse. Le Saint-Louis est reparti vers l’Europe ».

« Six-cent vingt passagers se sont retrouvés de retour sur le continent. Deux-cent cinquante-quatre d’entre eux sont morts dans l’Holocauste. À bord du St. Louis, ils sont passés assez près de Miami pour voir les lumières de la ville ».

L’Amérique risque de réagir de manière similaire envers les Syriens fuyant pour sauver leur vie, a-t-il mis en garde.

« Les Syriens fuient leurs maisons parce que la vie en Syrie pendant ces quatre dernières années signifiait ne pas savoir quand Assad allait lâcher les prochaines bombes à canon ou libérer des gaz toxiques. Cela signifiait regarder communauté après communauté tomber sous le règne impitoyable et médiéval de l’EI. Souvent, avec seulement des vêtements sur leur dos, les hommes, les femmes et les enfants luttent pour s’échapper, non pas parce qu’ils sont d’accord avec les terroristes, mais parce que les terroristes ont détruit leur vie et que rester pourrait très bien garantir leur mort ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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