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A Washington, Shaked s’oppose à l’initiative de paix de Trump

La ministre de la Justice appelle le président américain à négocier un “accord économique” plutôt qu’un accord de paix irréaliste et inatteignable avec les Palestiniens

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Ayelet Shaked, ministre de la Justice, à l'Institut Hudson de Washington, D.C., le 10 mai 2017. (Crédit : capture d'écran)
Ayelet Shaked, ministre de la Justice, à l'Institut Hudson de Washington, D.C., le 10 mai 2017. (Crédit : capture d'écran)

WASHINGTON – La ministre de la Justice Ayelet Shaked a déclaré mercredi à Washington, D.C., que l’initiative de paix du président américain Donald Trump était infortunée, tout en suggérant que l’échec des négociations pouvait entraîner une poussée des attaques terroristes.

« Je suis réaliste », a-t-elle dit pendant une conférence à l’Institut Hudson, un think-tank conservateur situé à quelques pâtés de maison de la Maison Blanche. « Les personnes qui sont réellement impliquées dans ce qu’il se passe au Moyen Orient comprennent que le fossé entre Palestiniens et Israéliens est bien trop grand. »

Demandant un « accord économique », Shaked a exprimé son scepticisme devant les tentatives de Trump pour négocier un accord de paix sur le statut final qui mettrait fin à des décennies de conflit, ce qu’il a appelé à plusieurs reprises « l’accord ultime ».

Shaked, femme laïque de Tel Aviv, appartient au parti sioniste religieux de droite et pro-implantations HaBayit HaYehudi, présidé par Naftali Bennett.

Elle a mis en garde mercredi contre les ramifications potentielles d’un échec d’une initiative de paix, suggérant que les derniers efforts de Trump pourraient entraîner une hausse du terrorisme palestinien.

Des manifestants palestiniens jettent des pierres lors d'affrontements avec des soldats israéliens dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 27 avril 2017/ (Crédit : Hazem Bader/AFP)
Des manifestants palestiniens jettent des pierres lors d’affrontements avec des soldats israéliens dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 27 avril 2017/ (Crédit : Hazem Bader/AFP)

« Nous devons aussi nous rappeler qu’à chaque fois qu’il y a eu un processus de paix et qu’il a échoué, il y a eu ensuite une vague de terrorisme, a-t-elle dit. Si vous me demandez, je pense que si le président parle d’un accord, alors un accord économique peut être bien mieux. »

Peu après l’échec du processus de paix d’Oslo en 2000, la seconde Intifada, cinq ans d’attentats suicides palestiniens à répétition, a commencé.

Et trois mois après l’échec des négociations de paix de neuf mois de l’ancien président Barack Obama et de son secrétaire d’Etat John Kerry, une guerre entre le Hamas et Israël a éclaté dans la bande de Gaza.

Même si Shaked n’a pas précisé ce qu’elle entendait par « accord économique », elle a dit qu’il comprendrait des initiatives qui « renforceront l’économie de l’Autorité palestinienne », et permettront l’investissement dans des projets d’infrastructures et des zones industrielles.

L’ancienne ingénieure informatique devenue politicienne a également cité l’apparition publique de Trump avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas la semaine dernière comme preuve de l’intransigeance palestinienne.

« Le cas des salaires des terroristes est une chose, a-t-elle dit. Le fait qu’Abu Mazen [Abbas] soit venu ici et n’ait pas reconnu […] Israël en tant qu’Etat juif. Il n’a même pas dit deux états pour deux peuples. Bien sûr, nous n’abandonnerons jamais Jérusalem. Jérusalem est la capitale éternelle du peuple juif. Nous n’allons pas diviser Jérusalem. »

Le président américain Donald Trump et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 3 mai 2017. (Crédit : Olivier Douliery-Pool/Getty Images via JTA)
Le président américain Donald Trump et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le 3 mai 2017. (Crédit : Olivier Douliery-Pool/Getty Images via JTA)

Pendant une conférence de presse commune à la Maison Blanche, Abbas a listé ses conditions pour conclure un accord, qui comprennent le retour aux lignes de 1967 et la mise en place de la capitale palestinienne à Jérusalem Est.

« Notre option stratégique, notre choix stratégique, est d’apporter la paix sur la base de la vision de [la solution à] deux états, un état palestinien avec sa capitale à Jérusalem Est, qui vit dans la paix et la stabilité avec l’Etat d’Israël, sur la base des frontières de 1967 », a dit Abbas.

Trump a pour sa part accueilli le dirigeant palestinien à Washington à bras ouverts, et a exprimé son optimisme sur leur capacité à conclure un accord.

« Je pense que, franchement, ce n’est peut-être pas si difficile que ce que les gens pensent depuis des années, a-t-il dit à Abbas. Nous avons besoin de deux parties volontaires. Nous pensons qu’Israël est volontaire. Nous pensons que vous êtes volontaire. Et si vous êtes volontaire, nous allons conclure un accord. »

Peu convaincue, Shaked est restée sur son affirmation que Trump a de meilleures chances s’il se concentre sur le fardeau économique des Palestiniens plutôt que sur une solution au conflit.

« Je pense que le président Trump a une énorme opportunité d’avoir un accord économique, a-t-elle dit. Je pense qu’il est la bonne personne pour le faire. »

Jeudi, Shaked doit rencontrer Jeff Sessions, son homologue américain, et plusieurs sénateurs.

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