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Abbas à Macron : Les Palestiniens n’accepteront « aucun plan » de paix des Etats-Unis

Le président français a déclaré au chef de l'AP qu'il ne voulait pas reconnaître unilatéralement un Etat palestinien

Emmanuel Macron et Mahmoud Abbas à l'Élysée le 5 juillet 2017 (Crédit : capture d'écran Elysée)
Emmanuel Macron et Mahmoud Abbas à l'Élysée le 5 juillet 2017 (Crédit : capture d'écran Elysée)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré vendredi qu’il n’accepterait « aucun plan » de paix de la part des Etats-Unis pour résoudre le conflit israélo-palestinien, estimant qu’ils s’étaient « discrédités » en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël.

« Nous n’accepterons aucun plan de la part des Etats-Unis », a-t-il déclaré à l’issue d’un entretien avec le président français Emmanuel Macron à Paris.

Avec leur annonce, « les Etats-Unis se sont disqualifiés eux-mêmes », a-t-il ajouté.

La décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël les marginalise dans ce dossier, a déclaré vendredi le président français Emmanuel Macron, ajoutant qu’il ne voulait pas faire de même et qu’il n’allait pas reconnaître unilatéralement un Etat palestinien.

« Les Américains sont marginalisés, j’essaye de ne pas faire de même », a déclaré M. Macron lors d’une conférence de presse avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ajoutant qu’il n’allait pas reconnaître unilatéralement la Palestine car il « ne croit pas » que ce serait « efficace ».

« Décider unilatéralement de reconnaître la Palestine est-il efficace ? Je ne crois pas. Car ce serait une réaction » à la décision américaine « qui a provoqué des troubles dans la région », a développé le président français.

« Je répliquerais une erreur d’un type pareil », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’allait « pas construire le choix de la France en réaction » à la politique américaine.

La récente décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël a provoqué de vives réactions internationales qui ont débouché jeudi sur une assez large condamnation par l’Assemblée générale de l’ONU, même si les Etats-Unis ont estimé avoir limité la casse dans l’exercice.

Rappelant sa désapprobation de la décision américaine, Emmanuel Macron, qui se rendra dans la région en 2018, a rappelé la position française estimant qu’il « n’y a pas d’alternative à la solution des deux Etats et pas de solution sans accord entre les parties sur Jérusalem ».

« On ne peut pas imposer au monde des positions en utilisant l’argent. On ne peut pas payer des Etats en exigeant qu’ils adoptent une position politique donnée », a lancé le président de l’Autorité palestinienne.

Sur les 193 pays membres de l’ONU, 128 ont voté jeudi en faveur d’une résolution condamnant la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël, dont de nombreux alliés de Washington comme la France et le Royaume-Uni.

Trente-cinq Etats, dont le Canada, le Mexique, la Pologne ou la Hongrie, se sont en revanche abstenus et 21 n’ont pas pris part au scrutin. Neuf pays – dont les Etats-Unis et Israël – ont voté contre.

Mahmoud Abbas a concédé par ailleurs que la réconciliation engagée entre les deux principaux groupes palestiniens, le Hamas et le Fatah, restait compliquée à mettre en oeuvre.

« La réconciliation palestinienne, je le sais, est difficile. Il y a de nombreux obstacles mais nous sommes déterminés à poursuivre » dans cette voie, a-t-il noté. Il y va aussi de l’intérêt « pour la région et pour le monde », a-t-il souligné.

Un haut responsable du Hamas, le mouvement terroriste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza, a mis en garde jeudi contre un possible échec de ce processus avec le Fatah, la formation rivale que dirige le président Mahmoud Abbas.

« La réconciliation est en train de s’effondrer et chacun doit intervenir pour la sauver », a affirmé Yahya Sinwar, le chef du Hamas à Gaza.

Aux termes d’un accord conclu sous le parrainage de l’Egypte, le Hamas devait transférer le 10 décembre le contrôle de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne reconnue par la communauté internationale.

Mais cette échéance est passée et les islamistes conservent l’essentiel du contrôle de cette enclave.

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