Abbas menace de rompre les liens avec Israël en cas de trêve avec le Hamas
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Abbas menace de rompre les liens avec Israël en cas de trêve avec le Hamas

Le président de l'AP aurait convaincu l'Egypte de mettre de côté les efforts de négociations d'un accord à long terme pour Gaza qui n'inclurait pas le Fatah

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prend la parole lors d'une réunion avec le Conseil central palestinien à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 août 2018. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prend la parole lors d'une réunion avec le Conseil central palestinien à Ramallah, en Cisjordanie, le 15 août 2018. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aurait menacé de rompre tous les liens avec Israël si l’Etat juif venait à conclure un accord de cessez-le-feu à long terme avec le Hamas en contournant l’AP et le parti du Fatah d’Abbas.

Selon un article paru vendredi dans le quotidien saoudien Al-Hayat, la menace d’Abbas aurait poussé l’Egypte – qui est, avec l’ONU le principal intermédiaire dans les initiatives visant à cimenter un accord à Gaza – à redoubler d’efforts en faveur de la réconciliation palestinienne et à renoncer pour le moment au pacte de trêve entre Israël et le Hamas.

L’article, qui s’est appuyé sur des sources palestiniennes, a fait savoir qu’Abbas avait transmis un message à Israël disant : « Bonne chance avec le Hamas », apparemment de manière sarcastique.

Le leader du groupe terroriste Yahya Sinwar a encore une fois démenti mardi qu’un accord de cessez-le-feu ait été conclu avec l’Etat juif, ajoutant que les hostilités ne cesseraient pas avant la levée du blocus exercé sur l’enclave palestinienne.

« Consolider le cessez-le-feu ne signifie pas revenir à une situation de siège. Jusqu’à présent, il n’y a ni accord, ni formule définissant une trêve », a-t-il dit.

Concernant les pourparlers de réconciliation intra-palestiniennes, qui sont dans l’impasse, Sinwar a expliqué qu’un pacte restait l’objectif ultime.

« Il est clair que l’état actuel des affaires n’avance pas au rythme nécessaire pour la réconciliation mais nous ne perdrons pas et nous n’avons pas perdu l’espoir de réaliser cette avancée nationale », a-t-il dit. « Après que la réconciliation est tombée dans l’impasse, une explosion interne dans la bande de Gaza avait été programmée par plusieurs parties mais la marche du retour a déjoué ce plan ».

Sinwar a indiqué que les négociations avaient tourné court parce que « des parties officielles palestiniennes ont œuvré avec les services de renseignement sionistes pour faire échouer cette réconciliation ».

Le parti du Fatah d’Abbas et le Hamas sont profondément divisés depuis plus d’une décennie. Le Hamas s’est emparé du contrôle de Gaza, qui se trouvait alors aux mains de l’Autorité palestinienne, dominée par le Fatah, en 2007 et plusieurs tentatives de réconciliation ont échoué depuis.

Le gouvernement de l’AP a fait pression sur le Hamas pour conclure un accord de réconciliation qui permettrait au Fatah de reprendre la tête de Gaza. Au début de l’année, il a commencé à réduire les paiements d’électricité et autres soutiens financiers dans l’objectif de contraindre le Hamas à céder du terrain au sein de l’enclave.

Abbas demande que le Hamas rende toutes les responsabilités à Gaza à l’Autorité palestinienne et que le transfert des commandes se fasse en une seule fois en non par étapes. Il a mis en garde à de multiples reprises contre l’accord présumé qui prendrait forme entre Israël et le Hamas concernant un cessez-le-feu à long terme, si ce dernier ne devait pas inclure l’AP.

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