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Accord à Gaza : le Hamas reste engagé, le Conseil de Paix étudie un plan

Le groupe soutient le plan de désarmement progressif des États-Unis, Israël exige la remise totale des armes avant tout retrait. Selon l'ONU, 3 % des terres sont intactes

Des Palestiniens passent à proximité de tentes abritant des civils déplacés dans Gaza-City, le 17 août 2026. (AP Photo/Jehad Alshrafi)
Des Palestiniens passent à proximité de tentes abritant des civils déplacés dans Gaza-City, le 17 août 2026. (AP Photo/Jehad Alshrafi)

Mardi, le Hamas a déclaré qu’il restait favorable à l’accord de désarmement de Gaza soutenu par les États-Unis, au lendemain des révélations d’une source au Times of Israel indiquant que le Conseil de Paix envisageait d’abandonner le projet initial — de désarmement progressif du groupe terroriste — au profit d’un processus global agréé par Israël.

Le groupe terroriste a accepté le plan du Conseil de Paix, le mois dernier, et a fait son possible pour le faire accepter, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’a refusé, expliquant qu’Israël ne se retirerait pas tant que le Hamas ne serait pas totalement désarmé.

C’est dans ce contexte de désaccord que le gendre et haut conseiller du président américain Donald Trump, Jared Kushner, s’est rendu dans la région pour s’entretenir, une fois n’est pas coutume, avec le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, en Égypte dimanche, et avec Netanyahu le lendemain.

Selon une source proche des négociations, le Conseil de Paix envisage un changement d’approche de façon à rallier Israël, avec une remise par le Hamas de la totalité de ses armes avant tout retrait israélien, au risque de perdre le soutien du groupe.

« Le Hamas s’en tient au processus convenu », a déclaré mardi à l’AFP le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, en parlant du plan original en 15 points de Trump accepté par le groupe le mois dernier.

« Il est clair que, jusqu’à présent, la partie israélienne n’a pas donné aux médiateurs son approbation claire sur la feuille de route », a-t-il ajouté.

« Il reste à définir en détail les échéanciers et étapes du processus, mais il faut avant tout que la partie israélienne donne son approbation sur la feuille de route », a précisé le porte-parole.

De gauche à droite : le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le conseiller de la Maison Blanche Jared Kushner, l’envoyé spécial du Conseil de la paix Nickolay Mladenov, le chef du Hamas Khalil al-Hayya. (Chaim Goldberg/FLASH90, Fabrice COFFRINI / AFP, AP Photo/Khalil Hamra)

Selon le plan en 15 points, le Hamas devrait remettre progressivement ses armes en différents secteurs de Gaza et Israël se retirer de ces mêmes secteurs, une fois la remise des armes et la destruction des tunnels vérifiées par le Conseil de Paix dans chacun des secteurs.

Mais après la réunion de Kushner avec Netanyahu lundi, à laquelle ont pris part les responsables du Conseil de Paix Nickolay Mladenov et Tony Blair, un haut responsable israélien a déclaré au Times of Israel que les parties étaient convenues qu’« il n’y aurait aucun redéploiement ni reconstruction tant que le Hamas n’aurait pas désarmé dans la totalité de Gaza », ce qui contredit le plan en 15 points.

Selon plusieurs sources, Netanyahu aurait dit à Kushner et aux responsables du Conseil de Paix que ce projet était politiquement « problématique » avant les élections législatives du 27 octobre prochain en Israël, insistant pour que le Hamas fasse le premier pas.

Des terroristes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique se rassemblent à proximité du lieu de prière de l’Aïd al-Fitr à Gaza, le vendredi 20 mars 2026. (Crédit: AP/Abdel Kareem Hana)

Kushner ne s’est pas départi de son optimisme à l’issue de ses réunions avec les dirigeants du Hamas et d’Israël, affirmant lors d’une interview, lundi, que les progrès sur le désarmement du Hamas pourraient se concrétiser d’ici un mois.

« Il pourrait y avoir des progrès… sous une trentaine de jours, espérons-le, en commençant par retirer certaines armes », a déclaré Kushner à Fox News depuis Israël, ajoutant que les Israéliens avaient fait part de « préoccupations légitimes » lors de la réunion de Jérusalem.

Kushner a également affirmé que les États-Unis « ne limiteraient pas le droit d’Israël à se défendre en cas de menace imminente » à Gaza.

Tsahal revendique l’élimination d’un ravisseur du Jihad islamique

Mardi, l’armée israélienne a annoncé qu’une frappe dans le sud de la bande de Gaza, en tout début de semaine, avait tué un terroriste du Jihad islamique palestinien qui s’était infiltré en Israël lors du pogrom du 7 octobre 2023 et avait enlevé un otage israélien.

La frappe menée dimanche à Khan Younès a tué Tareq Anwar Khamis Rai, présenté par l’armée israélienne comme un commandant de compagnie de l’unité logistique du Jihad islamique.

Le 7-octobre, Rai s’est rendu dans le kibboutz Beeri « et a participé à l’enlèvement d’un civil israélien », a indiqué Tsahal, sans préciser l’identité de l’otage.

L’armée a justifié cette frappe dans le cadre du cessez-le-feu en affirmant que Rai avait récemment préparé des attentats contre les militaires et les civils.

Il a été « éliminé pour écarter la menace », a ajouté Tsahal, bien que l’armée ait reconnu mener une campagne d’élimination de toutes les personnes ayant pris part au pogrom du 7-octobre.

Selon l’ONU, 3 % des terres agricoles sont cultivables à Gaza

Mardi toujours, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a indiqué que seulement trois pour cent des terres agricoles de Gaza étaient accessibles et intactes, selon une analyse adossée à des images satellites.

Selon cette même source, depuis octobre 2025, date à laquelle un fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est entré en vigueur, la superficie des terres agricoles accessibles et non endommagées est passée de 601 à 448 hectares, en baisse de 25,5 %.

Par ailleurs, près de 3 643 hectares de terres agricoles sont accessibles mais trop endommagés pour être cultivés sans une profonde remise en état, précise la FAO.

L’agriculteur palestinien Abdul Karim Shamlakh travaille dans un vignoble avec en arrière-plan des bâtiments détruits par les bombardements israéliens dans le quartier de Sheikh Ajlin, à Gaza-City, le 13 août 2026. (Omar AL-QATTAA/AFP)

« Sans une action urgente pour rétablir un accès sécurisé et apporter aux agriculteurs l’aide dont ils ont besoin, les chances de rétablir la production alimentaire locale continueront de baisser », estime Rein Paulsen, directeur du Bureau des urgences et de la résilience de l’agence.

Les restrictions sur l’importation de biens agricoles freinent également la reprise, les éleveurs de bétail peinant à obtenir du fourrage pour leurs animaux et des produits vétérinaires.

La disponibilité des serres a également baissé de 17,3 % depuis octobre 2025 pour s’établir à 224 hectares accessibles et non endommagés.

Selon la FAO, la réduction de l’accès s’explique essentiellement par l’extension vers l’ouest de la « Ligne Jaune », qui sépare la zone de cessez-le-feu de la zone contrôlée par l’armée israélienne.

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