Accord iranien: Merkel aurait dit à Netanyahu que l’annulation mènera au conflit
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Accord iranien: Merkel aurait dit à Netanyahu que l’annulation mènera au conflit

La chancelière allemande a estimé que le retrait de Trump de l’accord placerait les Etats-Unis et Israël contre Berlin, Paris et Londres aux côtés de Moscou, Pékin et TéhéIran

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la chancelière allemande Angela Merkel à Davos, en Suisse, le 24 janvier 2018 (Crédit : Amos Ben Gershon / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la chancelière allemande Angela Merkel à Davos, en Suisse, le 24 janvier 2018 (Crédit : Amos Ben Gershon / GPO)

La chancelière allemande Angela Merkel a averti le Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’une décision des Etats-Unis de se retirer de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran pourrait plonger dans la guerre le Moyen-Orient, selon des informations transmises mardi.

Au cours de leur rencontre au mois de janvier, en marge du forum économique mondial de Davos, la chancelière allemande a déclaré au Premier ministre israélien qu’un retrait américain diviserait également l’Occident et placerait les Etats-Unis et Israël contre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni aux côtés de la Russie, la Chine et l’Iran, a indiqué la Dixième chaîne israélienne.

« Est-ce que vous voulez que ça arrive ? », aurait-elle demandé à Netanyahu.

Merkel a également dit au Premier ministre que l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France s’opposeront à tout changement significatif dans l’accord de 2015. Une volte-face américaine sur l’accord saperait l’avenir des efforts diplomatiques à l’international dans la mesure où aucun pays « problématique » ne signerait plus de convention parce qu’ils « ne croiraient tout simplement plus » que l’Occident puisse tenir son engagement, aurait ajouté Merkel selon la chaîne de télévision.

Netanyahu aurait fait part de ses réserves sur l’accord, disant qu’il laisse encore à l’Iran un moyen d’obtenir l’arme nucléaire, mais le reportage de la Dixième chaîne n’a pas donné de détails sur la réponse apportée par le Premier ministre aux réserves exprimées par Merkel.

Donald Trump pendant son discours sur le programme nucléaire iranien, à Washington, D.C., le 13 octobre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Le président américain Donald Trump a estimé au mois de janvier que l’accord passé entre l’Iran et les grandes puissances devait être « réparé » d’ici le 12 mai, sous peine d’un retrait des Etats-Unis qui mettrait probablement un terme à cette convention.

Lundi, la Dixième chaîne a fait savoir qu’au cours des deux derniers mois, des diplomates américains, français, britanniques et allemands ont œuvré en coulisses pour renforcer les pressions exercées sur les activités de l’Iran, tentant d’empêcher Trump d’abandonner l’accord.

Les parties auraient fait la semaine dernière une proposition qui n’annulerait pas l’accord sur le nucléaire et ne permettrait pas de le renégocier tout en augmentant de manière significative la pression sur l’Iran.

Un diplomate européen investi dans les discussions a indiqué à la Dixième chaîne israélienne que malgré les menaces de Trump de sortir de l’accord le 12 mai, quand il devra être renouvelé, les écarts entre les Etats-Unis et les signataires désireux de sauvegarder l’accord sont en train d’être comblés.

S’exprimant devant les journalistes avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a semblé indiquer que Paris cherchait un accord pour renforcer les sanctions contre l’Iran.

Nous sommes absolument déterminés à garantir que les accords de Vienne seront maintenus et nous devons passer à une action forte en ce sens. Nous ne devons pas toutefois exclure la responsabilité de l’Iran dans la prolifération des missiles balistiques et son rôle excessivement douteux dans toute la région du Moyen-Orient », a-t-il dit.

Mardi également, Netanyahu a téléphoné à Merkel pour la féliciter de la formation de son nouveau gouvernement. Les hauts-responsables ont convenu que la réunion traditionnelle entre les deux gouvernements aura lieu lors des prochains mois à Jérusalem, a fait savoir le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

Netanyahu s’est aussi entretenu par téléphone avec le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas et l’a félicité pour son nouveau poste. Ils ont décidé que Maas viendrait en visite en Israël dans un avenir proche pour préparer le déplacement de Merkel.

Le ministre de la Justice allemand Heiko Maas, en novembre 2014. (Capture d’écran : YouTube/UdL Digital)

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