Adi Soffer-Teeni : Facebook aurait dû prédire l’ingérence et les abus
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Adi Soffer-Teeni : Facebook aurait dû prédire l’ingérence et les abus

La PDG de Facebook en Israël admet que le réseau social a échoué à empêcher la diffusion de la désinformation, mais dit qu'il ne veut pas être l'arbitre de la vérité

Adi Soffer-Teeni, PDG de Facebook Israël, accorde une interview à Hadashot diffusée le 12 août 2018. (Capture d'écran: Hadashot)
Adi Soffer-Teeni, PDG de Facebook Israël, accorde une interview à Hadashot diffusée le 12 août 2018. (Capture d'écran: Hadashot)

Facebook traverse une période difficile et doit regagner la confiance du public à la suite d’une série de scandales concernant la protection de la vie privée ainsi que sur la conduite et les politiques de l’entreprise, a déclaré samedi Adi Soffer-Teeni, PDG de Facebook en Israël.

« Nous traversons une période qui n’est pas facile », a-t-elle déclaré à Hadashot TV dans une rare interview diffusée samedi soir, ajoutant que l’entreprise aurait pu faire plus dans le passé pour éviter ses malheurs actuels.

« Je pense que nous devons regagner la confiance du public, et c’est la raison de ma présence », a dit Soffer-Teeni.

Aujourd’hui, un produit n’est lancé qu’après qu’un chef de produit a réfléchi à toutes ses utilisations malveillantes potentielles, et ce n’était pas l’esprit de l’entreprise il y a quelques années », a déclaré Soffer-Teeni.

L’interview de Soffer-Teeni a eu lieu au moment où le géant de la technologie a cherché à tempérer les critiques et à s’améliorer sur ses règlements après des réponses bâclées faisant suite à de nombreux scandales.

En avril, Facebook a publié pour la première fois les lignes directrices détaillées qu’utilisent ses modérateurs pour contrôler le contenu inacceptable.

La société a fourni des explications supplémentaires, quoique partielles, sur la façon dont elle recueille les données des utilisateurs et ce qu’elle en fait. Et elle a divulgué des renseignements concernant le financement et sa façon de cibler les utilisateurs pour les publicités politiques, qu’elle archive maintenant dans le cadre d’un examen public.

Facebook a récemment fait des efforts pour identifier et supprimer les pages ou les robots suspectés d’être contrôlés par des tiers, y compris les trolls russes considérés comme ayant eu une influence dans les élections de 2016 en diffusant de fausses informations.

La société a également été contrôlée à la suite d’allégations selon lesquelles le consultant politique de Cambridge Analytica aurait utilisé des données provenant de dizaines de millions de comptes Facebook pour établir le profil des électeurs et aider le président américain Donald Trump dans sa campagne électorale de 2016.

Et l’entreprise continue de s’attaquer à de grandes questions existentielles, allant de la protection de la vie privée de ses utilisateurs à la dépendance à la technologie, en passant par la façon dont elle traite la désinformation, les discours haineux et l’extrémisme.

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, parle au sommet F8 à San Francisco, Californie, le 25 mars 2015. (AFP PHOTO / Josh Edelson)

Soffer-Teeni a défendu les commentaires de Zuckerberg, mais a indiqué qu’elle n’était pas personnellement d’accord avec la politique de la compagnie de tolérer les messages de négationnisme de la Shoah sur sa plate-forme.

« Je ne crois pas qu’à un niveau personnel, Mark pense que nier l’Holocauste est quelque chose de légitime ou d’acceptable, a-t-elle dit, mais selon sa perception, même les choses choquantes peuvent être dites.

« Je n’ai pas besoin d’être d’accord avec toutes les politiques de l’entreprise », a ajouté Soffer-Teeni.

« Je suis d’accord sur les principes qui nous poussent à aborder la question de la désinformation, et nous ne voulons pas être les arbitres de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est pas ou qui a raison et qui a tort, parce que cela représente trop de pouvoir. »

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