Affrontements entre policiers et habitants d’implantations ; 40 arrestations
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Affrontements entre policiers et habitants d’implantations ; 40 arrestations

200 manifestants ont tenté d'entrer au siège de la police à Jérusalem après la mort d'Ahuvia Sandak, 16 ans, qui fuyait les agents après des jets de pierre sur des Palestiniens

Des agents de police israéliens affrontent des manifestants pendant un rassemblement qui a suivi la mort d'un jeune habitant d'implantation au cours d'une course-poursuite avec la police, aux abords du siège de la police de Jérusalem, le 21 décembre 2020. (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)
Des agents de police israéliens affrontent des manifestants pendant un rassemblement qui a suivi la mort d'un jeune habitant d'implantation au cours d'une course-poursuite avec la police, aux abords du siège de la police de Jérusalem, le 21 décembre 2020. (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)

A Jérusalem, les agents de police ont affronté des manifestants, lundi en fin de journée, alors qu’environ 200 personnes ont tenté d’entrer dans le siège des forces de l’ordre pour protester contre la mort d’un jeune habitant d’implantation.

Ce dernier est mort dans un accident de voiture survenu alors qu’il tentait, avec d’autres, de fuir les policiers après avoir apparemment jeté des pierres sur des Palestiniens, dans le centre de la Cisjordanie.

Le véhicule qui transportait ces jeunes dits « des collines » s’est renversé, pendant la course-poursuite, à proximité du carrefour de Michmash, tuant l’adolescent de 16 ans et faisant quatre autres blessés. Les autres suspects ont alors été appréhendés et évacués vers l’hôpital Hadassah de Jérusalem, sur le mont Scopus. Ils présentent des blessures légères à modérées.

Le défunt s’appelait Ahuvia Sandak et il était originaire de Bat Ayin, une implantation située dans le sud de la Cisjordanie.

Environ 200 manifestants se sont donc réunis devant le siège de la police pour protester contre ce qu’ils ont qualifié de « brutalités policières ». Ils ont scandé « Policiers, assassins » et « Les Juifs ne tuent pas d’autres Juifs »

Certains ont jeté des pierres et d’autres ont tenté d’entrer dans le bâtiment.

Des agents de police israéliens affrontent des manifestants pendant un rassemblement qui a suivi la mort d’un jeune habitant d’implantation au cours d’une course-poursuite avec la police, aux abords du siège de la police de Jérusalem, le 21 décembre 2020. (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)

Les forces de l’ordre ont indiqué que 40 manifestants avaient été appréhendés et qu’un agent avait été légèrement blessé à la tête par un jet de pierre. Les protestataires ont indiqué que plusieurs adolescents avaient été arrêtés, certains âgés de 13 ans seulement.

Plus tôt, la police avait expliqué que les agents avaient demandé au conducteur du véhicule de s’arrêter après avoir vu les jeunes jeter des pierres aux véhicules palestiniens qui circulaient sur la route. Les suspects avaient refusé et avaient tenté de fuir avant de perdre le contrôle de la voiture, qui s’était renversée sur le côté de la route.

Selon Honenu, un groupe d’aide juridique qui représente souvent les habitants d’implantation d’extrême-droite, la voiture de la police « a frappé violemment, par derrière, le véhicule des habitants d’implantation et la force de l’impact a précipité la sortie de route de la voiture ».

Ahuvia Sandak, qui a été tué quand sa voiture s’est renversée alors qu’elle était poursuivie par la police en Cisjordanie, le 21 décembre 2020. (Autorisation)

Sandak s’est trouvé piégé sous la voiture et il a fallu presque 40 minutes pour l’extraire, a noté le groupe.

Selon la radio militaire, les autres passagers de la voiture avaient pour leur part présumé que Sandak avait pris la fuite, ignorant qu’il était resté bloqué sous le véhicule. Ils ont également refusé de coopérer avec la police, perdant un temps précieux qui aurait pu être utilisé pour sauver la victime.

Lundi soir, les parents de Sandak ont fait une déclaration, qualifiant l’adolescent « d’âme rare et pure qui nous a laissé une volonté énorme – celle d’hériter de l’intégralité de cette terre ».

Le département des enquêtes internes de la police a annoncé qu’il enquêterait sur les circonstances de l’incident.

Le député d’extrême-droite Bezalel Smotrich, du parti Yamina, a fait savoir que « la police a un protocole clairement établi pour ce type de poursuite et il y a des raisons de gravement s’inquiéter qu’il a été violé, ce qui a entraîné ce résultat tragique ».

Smotrich a affirmé qu’il avait été interdit à des « représentants des implantations » et à des employés des services d’urgence Zaka d’accéder à l’endroit de l’accident, ce qui pourrait entraîner une « grave crise de confiance » de la part des habitants d’implantation à l’égard de la police.

Des images diffusées à la télévision ont montré des policiers tentant physiquement d’empêcher Smotrich de s’approcher des lieux de l’accident et le tirant par le bras, malgré son statut de député – qui lui permet de bénéficier d’une immunité parlementaire qui lui garantit une liberté de mouvement totale.

Dans un tweet, Smotrich a qualifié de « grave » le comportement des agents et il a fait savoir qu’il prévoyait de porter plainte.

Sandak a été inhumé, mardi matin, au cimetière de Kfar Etzion, près de sa ville natale. Ses parents ont prononcé son éloge funèbre.

« Nous sommes désolés de n’avoir pas été là, de ne pas avoir veillé sur toi et de ne pas t’avoir mis suffisamment de limites », ont déclaré Avraham et Ayelet, selon la Douzième chaîne.

« Je veux me réveiller le matin en entendant que nous avons construit encore dix autres maisons à Maoz Esther [un avant-poste illégal de Cisjordanie] », a déclaré Ayelet. « Il me semble que telle était la volonté d’Ahuvia. »

Cet accident meurtrier est survenu quelques heures après la découverte du corps sans vie d’une Israélienne, Esther Horgen, dans le nord de la Cisjordanie où elle était allée courir la veille. Les autorités ont ouvert une enquête pour attaque terroriste présumée.

Le mari de Horgen a, lui aussi, appelé à des constructions en Cisjordanie pour rendre hommage à son épouse.

Des sources militaires ont expliqué au site Walla redouter que la mort de Horgen n’entraîne des représailles de la part des jeunes habitants d’implantations contre les Palestiniens et ne vienne enflammer une situation déjà tendue en Cisjordanie.

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