Aide aux Palestiniens : Pompeo taxe l’Iran « d’hypocrisie »
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Aide aux Palestiniens : Pompeo taxe l’Iran « d’hypocrisie »

Le secrétaire d'Etat a déclaré que Washington a donné 6,3 milliards d'aide aux Palestiniens depuis 1994 tandis que l'Iran n'a versé que 20 000 dollars à l'UNRWA entre 2008 et 2017

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo durant une conférence de presse à Amman le 30 avril 2018 (Crédit :   AFP PHOTO / STRINGER)
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo durant une conférence de presse à Amman le 30 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / STRINGER)

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a attaqué samedi le chef suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, pour les antécédents de son pays concernant les aides apportées aux Palestiniens, disant que la république islamique offre son soutien aux terroristes tout en n’octroyant que de modestes sommes aux organisations humanitaires.

Vendredi, Khamenei a envoyé un tweet au président turc Recep Tayyip Erdogan qui disait que les Palestiniens « ne doivent pas être négligés ne serait-ce qu’une seconde ».

Ce message a été publié après une rencontre entre les deux hommes à Téhéran suite à un sommet entre les leaders de la Turquie, de l’Iran et de la Russie pour évoquer l’offensive imminente sur le bastion d’Idlib, aux mains des rebelles, en Syrie.

En réponse, le haut-diplomate de l’administration Trump a fustigé les politiques iraniennes en direction des Palestiniens, affirmant que tandis que les Etats-Unis ont versé 6,3 milliards d’aides en soutien aux Palestiniens depuis 1994, « le régime moralement corrompu de l’Iran donne des centaines de millions d’aide aux terroristes qui mettent en danger les vies et les moyens d’existence des Palestiniens ».

Pompeo a ensuite noté que l’Iran n’a donné que 20 000 dollars à l’UNRWA entre 2008 et 2017.

Au mois de juillet, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, avait indiqué que la république islamique avait versé zéro dollars à l’UNRWA en 2017.

L’administration Trump a annoncé la semaine dernière qu’elle prévoyait de couper presque 300 millions de dollars dans son financement destiné à l’agence de l’ONU qui vient en aide aux réfugiés palestiniens et qu’elle ne verserait plus de fonds à l’agence après des décennies de soutien. Elle a fait savoir qu’elle chercherait d’autres canaux pour aider les Palestiniens.

Le porte-parole de l’UNRWA dans la bande de Gaza dirigée par le Hamas, Adnan Abu Hasna, a expliqué craindre que le retrait des fonds américains de l’agence des Nations unies n’entraîne une augmentation du terrorisme. Si le réseau de lUNRWA s’effondre aujourd’hui à Gaza, s’est-il ainsi interrogé, « qu’arrivera-t-il si 300 000 élèves et étudiants descendent dans la bande de Gaza ? »

Il y aura alors, a-t-il ajouté, « davantage d’énergie négative – c’est un danger en termes de sécurité pas seulement pour Gaza… mais aussi pour Israël. Cela n’aidera pas la paix, c’est un cadeau fait au terrorisme ».

Même si l’Etat juif a officiellement salué cette initiative, des sources proches des responsables de la Défense redouteraient que les efforts apparents menés par Washington pour affaiblir l’UNRWA ne viennent renforcer le groupe terroriste à Gaza et mettre en danger la sécurité israélienne.

Ils auraient indiqué que des coupes majeures faites dans le budget de l’UNRWA viendraient créer un vide dans les services de base qui sont assurés dans la bande où la majorité des résidents dépendent de l’organisation. Ce qui pourrait particulièrement se ressentir dans des pénuries alimentaires et dans un effondrement du système éducatif, que le Hamas pourrait exploiter pour resserrer sa main-mise sur l’enclave côtière.

Une petite fille à l’entrée d’une école dirigée par l’Agence de l’ONU d’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) dans le camp de réfugiés de Balata, à l’est de Naplouse, en Cisjordanie, le 29 août 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Jaafar ASHTIYEH)

Pompeo a conclu son intervention sur Twitter en disant que si le régime iranien n’avait pas banni les réseaux sociaux, la population du pays saurait « qui se préoccupe vraiment des Palestiniens », ajoutant que les Iraniens luttent alors que le gouvernement dépense de l’argent pour les terroristes.

Les autorités en Iran ont cherché à développer des réseaux sociaux locaux et à limiter l’accès aux plate-formes basées à l’étranger, que Téhéran accuse d’héberger des sites hostiles à la république islamique.

Au mois de mai, le Shin Bet a fait savoir que Téhéran finançait le Hamas pour les manifestations violentes qui sont survenues sur la frontière israélienne avec Gaza. Le Hamas entretient des liens forts avec la république islamique et obtiendrait des fonds significatifs de la part de Téhéran.

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