« Aidé par un complice, Amiram Ben-Uliel a incendié seul la maison de Duma »
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« Aidé par un complice, Amiram Ben-Uliel a incendié seul la maison de Duma »

Le principal suspect dans le meurtre de la famille Dawabsha aurait mené l'attaque pour se venger de l'assassinat de Malachi Rosenfeld, selon le Shin Bet

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Amiram Ben-Uliel, qui a été inculpé dimanche 3 janvier 2016, pour assassinat dans les meurtres de la famille Dawabsha à Duma (Autorisation)
Amiram Ben-Uliel, qui a été inculpé dimanche 3 janvier 2016, pour assassinat dans les meurtres de la famille Dawabsha à Duma (Autorisation)

Dans les premières heures du 31 juillet 2015, Amiram Ben-Uliel se rendit au village de Duma en Cisjordanie, muni d’un sac plein d’ingrédients pour fabriquer des cocktails Molotov, des bombes de peinture et d’autres fournitures, afin de mener une attaque contre les Palestiniens pour se venger de l’assassinat de l’Israélien Malachi Rosenfeld le mois précédent, a révélé dimanche matin le service de sécurité du Shin Bet.
 
Ben-Uliel a reconnu son crime aux enquêteurs Shin Bet et reconstitué des parties de celui-ci le 19 décembre, a indiqué le service. Cette information a cependant été maintenue sous embargo jusqu’à dimanche lorsque les actes d’accusation ont été déposés.

Ils appartiendraient à une organisation appelée Givonim, un sous-ensemble de la jeunesse des collines, un groupe d’extrémistes juifs militants.

Les Givonim cherchent à atteindre leur objectif par l’onction d’un roi sur Israël en réalisant un coup de force contre le gouvernement, et en tuant ou expulsant d’Israël tous les non-Juifs, a déclaré le Shin Bet dans un communiqué après la mise en accusation dimanche de Ben-Uliel et de son complice.

Le bébé de 18 mois Ali Saad Dawabsha est mort dans l’attaque. Ses parents, Hussein et Riham Dawabsha, ont été évacués à l’hôpital Tel Hashomer avec de graves brûlures où ils ont finalement succombé à leurs blessures.

Son frère aîné, Ahmed Dawabsha, qui est encore principalement confiné à un fauteuil roulant, a été récemment transféré vers un service de rééducation. Le côté gauche du visage d’Ahmed est indemne, mais le côté droit porte de vives cicatrices rouges de brûlures de la bombe incendiaire. Il n’a été en mesure de faire ses premiers pas que le 22 décembre, près de cinq mois après l’attaque.

Ben-Uliel devait rencontrer un autre militant, un mineur dont le nom n’a pas été divulgué, dans une grotte près du village de Duma, situé au sud de la ville de Naplouse et à proximité des implantations juives d’Alon Moreh et de Shilo.

Malachi Rosenfeld, assassiné par des terroristes du Hamas en Cisjordanie en juin 2015 (Photo: Facebook)
Malachi Rosenfeld, assassiné par des terroristes du Hamas en Cisjordanie en juin 2015 (Photo: Facebook)

Le mineur – designé seulement par ses initiales en hébreu, Aleph Aleph – avait aidé Ben-Uliel dans la collecte d’informations sur la topographie du village et avait aidé à planifier l’attaque à la bombe incendiaire, dit l’acte d’accusation. Dans la nuit du 31 juillet, cependant, le mineur n’a pas pu se rendre à leur lieu de rencontre à temps, selon le Shin Bet.

Donc, aux alentours de minuit Ben-Uliel est allé à Duma pour commettre l’attaque par lui-même, a déclaré le service de sécurité, contestant les allégations palestiniennes faites plus tôt dans l’enquête que deux personnes avaient été vues fuyant le village peu de temps après l’attaque.

Ben-Uliel est arrivé à pied au village palestinien et a commencé à chercher une maison profondément à l’intérieur. Il aurait trouvé deux maisons et se serait assis dans la cour de l’une d’elles afin de fabriquer les bombes incendiaires devant être utilisés dans l’attaque.

Une fois ses armes préparées, Ben-Uliel a peint à la bombe les mots « Vengeance » et « Vive Roi-Messie » sur les murs de la maison, a dit la police israélienne.

Graffiti à l'extérieur de la maison des Dawabsha à Duma disant «Vive le roi Messie" (Photo: Eric Cortellessa / Times of Israel)
Graffiti à l’extérieur de la maison des Dawabsha à Duma disant «Vive le roi Messie » (Photo: Eric Cortellessa / Times of Israel)

« La famille Dawabsha se trouvait dans l’une des maisons au moment de l’attaque. Il n’y avait personne dans la deuxième maison, » a indiqué la police une fois que l’embargo sur l’affaire a été levé.

Ben-Uliel aurait ensuite lancé ses bombes incendiaires dans les deux maisons et a fui les lieux à pied, vers sa maison à Jérusalem.

Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali  (Capture d'écran Deuxième chaîne)
Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali (Capture d’écran Deuxième chaîne)

La police israélienne, le service de sécurité du Shin Bet et le bureau du procureur du district central ont ouvert une enquête sur l’incident le 31 juillet.

Au cours de l’enquête de 156 jours, des centaines de personnes ont été interrogées. En fin de compte, Israël a déposé 36 actes d’accusation contre des extrémistes juifs pour différents niveaux de connexion avec l’attaque, depuis Ben-Uliel et Aleph Aleph, qui ont été directement impliqués, à ceux qui n’ont été que marginalement liés à l’incendie criminel.

En plus de l’attaque terroriste de Duma, des suspects ont été inculpés pour une variété d’autres crimes de haine du type « Prix à payer » – des actes de violence et de vandalisme contre des Palestiniens en Cisjordanie et en Israël.

Graffiti disant "les Chrétiens sont des singes," peint à la bombe sur l'Abbaye de la Dormition à Jérusalem, en mai 2013 (photo: Autorisation  Abbaye de la Dormition)
Graffiti disant « les Chrétiens sont des singes, » peint à la bombe sur l’Abbaye de la Dormition à Jérusalem, en mai 2013 (photo: Autorisation Abbaye de la Dormition)

Yinon Reuveni, Hanoch Ganiram et trois autres mineurs – identifiés par leurs initiales hébraïques Tzadi Bet, Mem Shin et Yud Kuf, respectivement – ont été inculpés pour un incendie criminel contre l’Abbaye de la Dormition de Jérusalem, l’incendie d’un taxi palestinien dans le village de Yasuf en Cisjordanie, l’incendie d’un silo à grains dans le village d’Akraba en Cisjordanie, deux incidents d’entailles de pneus dans le quartier arabe de Jérusalem de Beit Safafa, une attaque contre un berger palestinien près de l’implantation de Kochav Hashahar et d’autres actes de violence contre Palestiniens.

23 autres jeunes terroristes juifs ont été interrogés pour leur rôle dans quelque 20 autres attaques terroristes contre des Palestiniens en Cisjordanie et en Israël. Les 23 hommes n’ont pas encore été inculpés pour leurs crimes présumés, mais pourraient être mis en accusation dans le futur, a indiqué le Shin Bet.

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