AIEA : L’Iran a démarré des centrifugeuses avancées à Natanz
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AIEA : L’Iran a démarré des centrifugeuses avancées à Natanz

Washington a pris de nouvelles sanctions à l'encontre de l'Iran, visant d'une part le ministre des Renseignements, mais aussi la fondation Bonyad Mostazafan

Les dommages considérables causés par une explosion et un incendie dans une usine d'assemblage de centrifugeuses avancées sur le site nucléaire iranien de Natanz, le 5 juillet 2020. (Image satellite de Planet Labs Inc. via AP)
Les dommages considérables causés par une explosion et un incendie dans une usine d'assemblage de centrifugeuses avancées sur le site nucléaire iranien de Natanz, le 5 juillet 2020. (Image satellite de Planet Labs Inc. via AP)

L’Iran a commencé à mettre en service les « centrifugeuses avancées » récemment déplacées dans une partie souterraine de l’usine de Natanz (centre), principal site d’enrichissement d’uranium du pays, a indiqué mercredi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Dans un rapport diffusé la semaine dernière, l’Agence onusienne avait fait état du transfert de ces machines, après l’explosion survenue sur une autre installation du site, qualifiée de « sabotage » par Téhéran.

Au moment de la publication du texte, « les opérations n’avaient pas débuté », a précisé le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, lors d’une conférence de presse au premier jour d’un Conseil des gouverneurs de l’AIEA.

« C’est le cas maintenant », a-t-il dit.

Le directeur-général de l’AIEA, l’Argentin Rafael Mariano Grossi donne une conférence au siège de l’organisation à Vienne, le 2 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Ronald Zak)

Selon les termes de l’accord signé en 2015 à Vienne, l’Iran n’est pas autorisé à utiliser des centrifugeuses aussi sophistiquées.

« Cela dépasse bien sûr les limites de l’accord JCPOA, mais il n’y a pas d’augmentation significative dans le volume (d’uranium enrichi) puisqu’elles étaient auparavant en service dans un autre endroit » du site, a souligné M. Grossi.

Depuis mai 2019, l’Iran s’affranchit progressivement de ses engagements, en riposte au retrait américain de l’accord signé en 2015 à Vienne et au rétablissement par l’administration Trump des sanctions.

La quantité d’uranium faiblement enrichi dépasse désormais de 12 fois la limite autorisée, d’après le dernier rapport de l’AIEA.

C’est après avoir pris connaissance de ce document que Donald Trump aurait sondé de hauts responsables américains sur la possibilité d’ « agir » contre un site nucléaire iranien, probablement Natanz, avait rapporté le New York Times plus tôt cette semaine.

Ces responsables « ont dissuadé le président d’aller de l’avant avec une frappe militaire », au vu du risque que cela dégénère rapidement en un conflit plus vaste, affirmait le quotidien.

Interrogé sur le sujet, M. Grossi s’est refusé de « spéculer sur une spéculation ». « Nous n’avons reçu aucune information », a-t-il laconiquement commenté.

Le patron de l’AIEA est aussi revenu sur le site suspect du district de Turquzabad à Téhéran, dénoncé par le passé par le gouvernement israélien comme abritant des activités atomiques secrètes.

L’agence a récemment réclamé « des explications complètes et rapides de l’Iran concernant la présence de particules d’uranium anthropogénique (résultant d’activités humaines) ».

« Ce qu’ils nous disent, d’un point de vue technique, ne tient pas le route », a expliqué Rafael Grossi.

« Ils doivent nous expliquer pourquoi nous avons trouvé ce que nous avons trouvé ».

Washington impose de nouvelles sanctions contre l’Iran

Washington a pris de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran, visant d’une part le ministre des Renseignements, mais aussi la fondation Bonyad Mostazafan ou Fondation des déshérités, a annoncé mercredi l’administration Trump.

Le ministre iranien des Renseignements, Mahmoud Alavi, est ciblé pour son « rôle clé dans les violations brutales des droits humains commises par le régime iranien contre le peuple iranien », détaille ce communiqué.

La Fondation des déshérités, institution qui gère les biens de l’ancienne famille royale et de ses proches saisis au lendemain de la révolution islamique de 1979, est également sanctionnée.

Cette fondation s’est, au fil du temps, muée en un gigantesque conglomérat détenant des participations dans de nombreux secteurs clé de l’économie iranienne (BTP,pétrole, mines etc.).

L’administration Trump vise aussi 50 de ses filiales « dans des secteurs clé comme l’énergie, les mines, la logistique, les technologies de l’information, et les services financiers, qui comptent pour une large part des milliards de dollars de l’empire économique » de la fondation.

« Le guide suprême iranien utilise Bonyad Mostazafan pour récompenser ses alliés sous prétexte de charité », a déclaré le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, cité dans un communiqué.

Est aussi ciblé Parviz Fattah, ancien ministre de l’Energie qui dirige la fondation.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et sa femme Susan descendent de leur avion à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv, le 18 novembre 2020. (AP Photo/Patrick Semansky, Pool)

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, en déplacement mercredi à Jérusalem, a réagi dans un communiqué, rappelant « l’importance des sanctions contre l’Iran », qui, selon lui, « privent le régime de fonds qu’il utiliserait pour mener ses activités malveillantes ».

Ces sanctions sont prises le jour où l’Iran a indiqué qu’il serait disposé à revenir « automatiquement » au respect intégral de ses engagements en matière nucléaire si le futur gouvernement de Joe Biden, devant succéder à Donald Trump le 20 janvier, levait les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis 2018.

L’administration Trump a récemment multiplié les sanctions contre l’Iran, mais la passation de pouvoir houleuse entre Donald Trump et Joe Biden pose des questions sur leur avenir.

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