Airbnb supprime une annonceuse qui ne tolère pas le « sionisme »
Rechercher

Airbnb supprime une annonceuse qui ne tolère pas le « sionisme »

Une cliente s'est inquiétée de ne pas pouvoir dire qu'elle était juive et qu'elle a fait un voyage récent en Israël

Le logo Airbnb. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)
Le logo Airbnb. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)

WASHINGTON (JTA) — Airbnb a supprimé l’annonce d’une location disponible dans le secteur de Chicago après qu’une annonceuse a écrit qu’elle refusait, chez elle, d’éventuelles expressions du « sionisme ».

« Cet appartement s’efforce d’être un espace sûr – Le sexisme, l’homophobie, le sionisme, le classisme, la transphobie, la xénophobie, la grossophobie ou toute autre expression de haine ou de préjugés ne seront pas tolérés », lisait-on dans le message paru au début du mois faisant la promotion d’une chambre dans un « immense loft » situé « au coeur de Wrigley et de Boystown ».

« Les clients qui mettront en péril la sérénité des lieux ou qui adopteront un comportement problématique DEVRONT PARTIR ET NE SERONT PAS REMBOURSES », était-il précisé dans l’annonce.

Nick Papas, porte-parole du site internet de location touristique populaire, a déclaré lundi à JTA que l’annonce avait été suspendue et qu’Airbnb allait ouvrir une enquête.

« Les hôtes d’Airbnb ne peuvent pas refuser un invité en raison de la race, de la couleur, de l’ethnie, de l’origine, de la religion, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre ou du statut conjugal », a commenté Papas.

Dans l’annonce, les hommes hétérosexuels non-accompagnés étaient invités à « aller voir ailleurs ».

La propriétaire du Loft proposé à la location sur Airbnb s’appelait Sarah. Son annonce ayant été supprimée, il n’a pas été possible d’entrer en contact avec elle.

Suzanne Vega, une New-yokaise qui voulait aller rendre visite à des amis à Chicago, a tout d’abord partagé l’annonce sur Facebook, faisant part de son malaise face à sa formulation. Une amie, Lea Speyer, l’a ensuite postée sur Twitter.

Vega, 27 ans, originaire de Brooklyn, a confié à JTA qu’elle était à la recherche de locations « progressistes », appartenant elle-même à la communauté LGBTQ.

« J’avais besoin de trouver un environnement dans lequel je me sentirais complètement en sécurité », a-t-elle expliqué.

Vega a ajouté qu’elle estimait possible de rencontrer des personnes d’un autre bord politique – avec une seule réserve, les individus qui nient les droits des membres de la communauté LGBTQ.

« Je ne peux absolument pas m’entendre avec des gens de l’ultra-droite », a-t-elle précisé.

L’annonce l’a mise mal à l’aise, a-t-elle poursuivi, parce que les expressions de « sionisme » et le ton menaçant employé l’auraient probablement dissuadée d’évoquer son judaïsme et sa récente visite en Israël.

« Qu’est-ce que ça implique ? Je ne peux rien dire au sujet d’Israël, je ne peux rien dire sur le fait que je suis Juive ? », s’est-elle interrogée.

De plus, a noté Vega, l’annonce n’interdit pas, par ailleurs, les expressions de l’antisémitisme.

« Cela m’a gênée et j’en ai donc fait un post », a-t-elle dit. « Je ne me suis pas sentie en sécurité ».

Vega a expliqué qu’elle s’inquiétait pour son séjour à Chicago en raison de la controverse qui avait éclaté l’année dernière, lorsque la marche Chicago Dyke avait interdit aux participants juifs d’arborer des étoiles de David.

« Je suis progressiste et je suis assurément plutôt à gauche », a-t-elle dit. « L’extrême-gauche est incapable d’avoir un dialogue ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...