AJC : Les violences dans la course électorale mettent en danger la démocratie
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AJC : Les violences dans la course électorale mettent en danger la démocratie

L'American Jewish Committee critique Trump au lendemain des menaces d'émeutes de la part du favori républicain si son parti ne le nommait pas

Le candidat aux primaires du parti républicain pour la présidentielle Donald Trump à une réunion éléctorale  à Newton dans l'Iowa, le 19 novembre 2015 (Crédit photo: Scott Olson / Getty Images / AFP)
Le candidat aux primaires du parti républicain pour la présidentielle Donald Trump à une réunion éléctorale à Newton dans l'Iowa, le 19 novembre 2015 (Crédit photo: Scott Olson / Getty Images / AFP)

Washington – Les menaces de violence politique mettent en danger la survie de la démocratie américaine, selon l’American Jewish Committee qui a mis en garde le public jeudi, un jour après les menaces d’ « émeutes » de la part du favori républicain Donald Trump si son parti tentait de l’expulser de la course à la présidence par une convention négociée.

« Je pense qu’il y aura des émeutes. Je pense qu’il y aura des émeutes », a déclaré Trump mercredi dans une interview à CNN. « Je représente un nombre formidable de beaucoup, beaucoup de millions de personnes ».

Bien que la déclaration de l’AJC ne mentionne pas le nom du candidat en particulier, Les terribles avertissements du comité semblent se référer directement aux commentaires de Donald Trump.

« La violence et les menaces de violence n’ont pas leur place dans la politique américaine. Il ne devrait pas y avoir de menaces de perturber les rassemblements politiques et les conventions si un candidat se voit refuser la nomination a la presidence par la convention de son parti », a averti l’organisation.

« Trop de démocraties ont échoué pour être remplacées par des gouvernements autocratiques lorsque la violence est devenue un outil politique de sanction, en particulier par ceux qui se sentent le droit de ne pas accepter d’ordinaires décisions de changement aux élections ».

Avertissant que « rien de moins que la survie de la démocratie américaine n’est en jeu », l’AJC a souligné que « nous espérons que la violence survenue jusqu’à présent est une aberration qui s’arrêtera immédiatement », et a appelé « ceux qui ont eu recours à la violence ou l’ont utilisée comme sanction » à y « mettre un terme maintenant ».

Ce n’est pas la première fois dans la campagne de l’homme d’affaires vulgaire que celui-ci donnait son consentement à des faits de violence.

Lors d’un rassemblement Fayetteville, en Caroline du Nord, un protestataire non violent a été subitement battu par un admirateur de Trump. Lorsque les protestataires ont été expulsés de l’événement, Trump déclara qu’ « au bon vieux temps ces choses-là ne se produisaient pas, parce qu’ils étaient traités de manière très violente. Nous sommes devenus très faibles. »

La semaine dernière, un grand rassemblement de campagne à Chicago a failli se transformer en une mêlée générale quand des bagarres ont éclaté entre protestataires et partisans de Trump.

Journalistes et protestataires se sont plaints à plusieurs reprises d’être les victimes de violences physiques de la part des partisans de Trump et même de la part des cadres supérieurs de sa campagne.

A de multiples occasions, Trump a expliqué que la violence était due à des provocateurs dans la foule.

L’AJC a averti que de tels incidents pourraient donner lieu à des escalades.

« Nous ne faisons pas facilement d’analogie avec la montée du communisme et du fascisme, mais ces deux mouvements tyranniques ont remplacé des gouvernements démocratiquement élus en vertu de menaces ou de recours réels à la violence contre leurs adversaires, » a déclaré l’organisation.

La déclaration a souligné que l’AJC est une organisation « strictement non partisane » et s’ « abstient de prendre position sur les candidats et se contente de laisser les processus électoraux se dérouler. « Mais lorsque le processus est biaisé par des menaces de violence et de perturbations publiques, ce n’est pas un candidat qui est en cause ; c’est la survie de la démocratie elle-même ».

Le directeur exécutif de l'AJC David Harris (Crédit : Autorisation du Conseil juif américain)
Le directeur exécutif de l’AJC David Harris (Crédit : Autorisation du Conseil juif américain)

En tant qu’organisation de défense non-partisane, l’AJC ne fonctionne pas – et ne pourrait – approuver ou s’opposer à des candidats à des fonctions électives.

« Est-ce que l’AJC rencontrerait Donald Trump ? Oui, nous le ferions, a répondu le directeur du groupe David Harris en réponse à cette question.

« Il est un des principaux candidats à la plus haute fonction du pays et, en tant qu’organisation profondément impliquée dans les questions de politique publique, il serait absolument négligent de notre part de ne pas nous prévaloir d’une telle occasion de le rencontrer. »

Pourtant, selon Harris « nous sommes strictement non-partisans, mais cela ne nous rend pas muets pendant les élections. « Nous nous exprimons sur les politiques mises en place, et non sur les partis ; nous nous concentrons sur le fond et non sur les individus. Par exemple, nous sommes pour un pluralisme américain sain et respectueux, une relation américano-israélienne forte et un leadership américain solide sur le plan mondial », a-t-il ajouté.

« Si ces principes de base sont contestés par l’un des candidats, nous ne manquerons pas de réaffirmer notre point de vue en faveur de ces principes, comme nous l’avons fait par le passé. »

La déclaration de l’AJC est survenue dans le cadre d’un débat passionné dans la communauté juive américaine autour du projet de Trump de s’adresser à un public composé de plus de 18 000 personnes lundi prochain, lors de la conférence annuelle de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) à Washington.

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