Akko : Réouverture d’un hôtel détruit lors des violences meurtrières de mai
Rechercher

Akko : Réouverture d’un hôtel détruit lors des violences meurtrières de mai

L'hôtel Effendi et le restaurant Uri Buri, qui lui est rattaché, vont rouvrir leurs portes après les destructions entraînées par les heurts entre Juifs et Arabes

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Uri Jeremias, propriétaire de l'enseigne Uri Buri, dans son restaurant éphémère après l'attaque au cocktail Molotov qui a détruit son établissement. Ce dernier est actuellement en cours de rénovation. (Autorisation : (courtesy, Uri Buri)
Uri Jeremias, propriétaire de l'enseigne Uri Buri, dans son restaurant éphémère après l'attaque au cocktail Molotov qui a détruit son établissement. Ce dernier est actuellement en cours de rénovation. (Autorisation : (courtesy, Uri Buri)

Uri Jeremias, restaurateur et hôtelier à Akko, rouvrira son enseigne historique, l’hôtel Effendi, en date du 1er septembre, trois mois après que des émeutiers ont incendié son établissement de charme de 12 chambres à l’aide de cocktails Molotov.

Le célèbre restaurant de poisson de Jeremias, Uri Buri, qui se trouve dans la Vieille Ville d’Akko, avait été également incendié pendant les jours de violences interethniques qui avaient opposé Juifs et Arabes de la ville. Si Jeremias avait rapidement ouvert une structure temporaire pour abriter Uri Buri à proximité du restaurant d’origine, il avait néanmoins estimé à ce moment-là que les rénovations à effectuer dans les locaux originaux prendraient au moins deux mois de plus.

« C’était important à nos yeux que les gens sachent que le restaurant était ouvert – c’était important pour Akko et pour les affaires », dit Jeremias. « Ma première pensée a été de savoir comment protéger notre personnel. Les employés sont le plus important dans cette histoire. Il a fallu que je trouve un moyen de maintenir leur emploi, de les payer et de prendre en charge les dégâts ».

Il y a eu d’autres pertes bien plus grandes que la destruction des établissements renommés de Jeremias.

Avi Har-Even, ancien directeur de l’Israel Space Institute, durant une conférence à l’université Bar Ilan, en février2013. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Avi Har-Even, lauréat d’Israël et chef du programme spatial dans le pays, était à l’Effendi au moment de l’incendie. Grièvement brûlé par des cocktails Molotov, ayant inhalé beaucoup de fumée, il n’a pas survécu.

« Tout paraît négligeable par rapport à sa mort », explique Jeremias. « Ce qu’on peut résoudre grâce à l’argent, on le résout et on passe à autre chose. Mais là, c’est impossible de passer à autre chose et je ne m’en suis pas encore remis ».

La clientèle habituelle de Jeremias est venue dans le restaurant éphémère – comme de nouveaux clients qui ont voulu le soutenir et aider son établissement. L’enseigne, réputée pour ses fruits de mer et ses menus de poissons, a figuré dans le top 25 des meilleures tables dans le monde dans le cadre du classement 2019 de Trip Advisor, basé sur le choix des voyageurs.

« Et ça fonctionne, même avec le Passeport vert et avec le coronavirus », note-t-il, se référant aux régulations gouvernementales qui interdisent aux Israéliens non-vaccinés et dépourvus d’un résultat de test ou d’une preuve de rémission de la maladie d’accéder à certains établissements. « Les personnels du restaurant et de l’hôtel travaillent ici, Juifs et Arabes de la même façon ».

Akko avait été l’une des villes les plus touchées par les tensions ethniques, au mois de mai, dans un contexte d’agitations dans tout le pays et d’une guerre contre les terroristes de Gaza. Plus d’une dizaines d’enseignes avaient été vandalisées – et notamment Uri Buri, qui avait été presque complètement détruite. L’hôtel Effendi avait été incendié et certaines parties de l’établissement avaient été complètement dévastées.

A l’hôtel Effendi, établissement historique d’Akko qui avait été incendié pendant les violences qui avaient opposé Juifs et Arabes au mois de mai 2021. (Autorisation)

Le restaurant et l’hôtel sont logés dans des bâtiments historiques, représentant 1 500 années d’histoire. Uri Buri est accueilli dans une résidence rénovée de l’époque ottomane, vieille de 400 ans, qui surplombe la Méditerranée, tandis que l’hôtel se trouve dans deux constructions ottomanes originales sur un sous-sol datant de l’ère byzantine et des Croisades.

« C’est inestimable », explique Jeremias, dont l’enseigne a été désignée « meilleur petit hôtel du Moyen-Orient » dans le classement des lecteurs de TripAdvisor en 2021. « Je suis le premier à avoir ouvert ce type d’établissement à Akko. »

Comme de nombreux autres, Jeremias a été affligé face à ces violences, mais il suppose que l’intention était de s’en prendre à l’un des plus grands symboles du processus de gentrification qui est en cours à Akko.

« C’est pour ça que nous avons ressenti le besoin de nous relever immédiatement », explique-t-il. « Nous devons pouvoir offrir ce que nous avons à notre clientèle, et à ceux qui gagnent un revenu grâce à nous. Pas d’esprit de revanche, pas de colère là-dedans. Ce qui est important, c’est de tirer les leçons de ce qui s’est passé, d’identifier les causes et de trouver un moyen de changer les choses ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...